Anti spécisme et avenir de la pêche
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titi-sale-caractèreUn petit édito bien énervé comme je n’en avais pas écrit depuis longtemps pour ponctuer ce week end. Cette fois je m’en prendrai aux escrologistes bobos et plus particulièrement à la marge la plus débile d’entre eux: Les anti  spécistes.

Un anti spéciste c’est quelqu’un qui croit que les animaux sont nos égaux, donc qu’ils ne peuvent être la propriété de quelqu’un, qu’on ne peut pas leur faire ce qui est interdit aux humains, bref que les bestioles sont nos frères et soeur, voir pire encore, qu’ ils sont sacrés.

Si ce discours typiquement urbain de sympathisants des verts qui n’ont jamais eu un essaim de guêpes dans le grenier, une fouine dans le garage, un renard dans le poulailler, un héron dans le bassin d’ornement…Si ce discours a quelques échos, disais-je, auprès d’idéalistes, sa propagation au sein de la  bien-pensance commence à m’inquiéter.

ours karatéComment alors justifier la pêche aux appâts naturels et en extrapolant la pêche tout court…. On commence par défendre le loup, l’ours, le lynx, le requin, le taureau, les animaux de cirque, les animaux pour l’expérimentation médicale et si on suit son raisonnement il faudra bien défendre les souris, les virus, les termites et tout le reste. Pour moi un rat d’égout est autant respectable qu’un cormoran, qu’un putois, qu’un sanglier voir même une partie de mes contemporains mais ce n’est pas pour ça que je pense qu’ils sont mes égaux.

Dans une société qui pardonne aux délinquants coupables d’atteintes aux personnes mais pas aux conducteurs qui roulent à 95 au lieu de 90, je me demande si ces spécistes n’ont pas un grand avenir devant eux. Peut être qu’un jour nous pêcherons virtuellement sur des consoles de jeu.  Bienvenue dans un monde à la con !

En attendant, voici un article paru dans un journal Suisse que m’a envoyé un lecteur, c’est édifiant, surtout la partie relatives aux vieillards !!!

«Nous souhaitons un vrai débat de fond sur notre rapport aux animaux»

specismMouvement militant défenseurs de la cause animale, les antispécistes manifesteront samedi à Genève. 

François Jacquet milite pour l’émancipation des animaux au nom du principe éthique d’égalité. Pas de bestialité dans l’air, ni de vindicte extrémiste, les antispécistes sont venus parler sagement de leur cause. Leur cri de guerre reste inéluctablement le même, «Pour l’égalité animale», nom de leur association suisse (PEA) créée il y a plus d’un an. Ces inébranlables défenseurs des droits des animaux ont décidé de manifester pacifiquement pour promouvoir leurs idées. Le 22 août, une marche mondiale pour la fin du spécisme se tiendra dans les rues de la Cité de Calvin, mais aussi à Toronto,à Montréal ou encore à Los Angeles.

«Le mot spécisme est calqué sur les termes «racisme» et «sexisme». Ce terme peu connu désigne la discrimination sur la base de l’espèce, éclaire François Jaquet. Seules les discriminations basées sur un caractère arbitraire sont injustes.» Ce doctorant en philosophie à l’Université de Genève entame un discours épineux, qui pourrait choquer certains: «Nous traitons les animaux différemment des humains sur la seule considération qu’ils appartiennent à une autre espèce et qu’ils n’ont pas les mêmes capacités cognitives. Mais les handicapés, vieillards ou séniles ont moins de capacités cognitives que certains animaux.» Le ton est donné.

Pas d’instrumentalisation

CalimeroAu-delà de la philosophie, les antispécistes ont des attentes concrètes. «Nous cherchons à soulever un débat de fond sur notre rapport aux animaux et faire entendre nos revendications politiques. Il faut prendre le spécisme au sérieux, insiste Yves Bonnardel. Nous demandons des changements: abolir le statut de propriété de l’animal; mettre fin à la chasse, la pêche, l’élevage, à l’abattage, et même supprimer la consommation de viande!» Pour ce fervent défenseur de nos congénères non dotés du langage,il est aussi impératif de changer la recherche scientifique et l’expérimentation animale dès lors qu’elle serait intolérable sur des humains. Il propose entre autres de différencier les êtres vivants sensibles des autres. Du spécisme chez les antispécistes?

Des questions restent en suspens. Quel statut juridique pour l’animal s’il n’est plus objet de propriété? Anushavan Sarukhanyan imagine quelques pistes: «On pourrait créer de nouvelles infractions pénales pour commencer, comme la répression de l’instrumentalisation des animaux, sans abolir leur statut actuel. Enfin, on pourrait requalifier les propriétaires de gardiens ou tuteurs pour représenter les droits et intérêts de leurs bêtes.» La brèche est ouverte, reste à savoir jusqu’à quel point ce discours touchera le public suisse. Un premier indice sera la fréquentation à la marche de samedi. Les organisateurs n’avancent aucun chiffre.

«Un peu contradictoire»

desproges poussinDans le monde agricole, le mouvement énerve. Le conseiller national Jacques Bourgeois, directeur de l’Union suisse des paysans, proteste: «Chacun doit pouvoir exprimerson opinion, mais je ne partage pas du tout la leur.» Le PLR fribourgeois déplore les motivations utopiques des antispécistes. «Il est indispensable de différencier les animaux domestiques des animaux de rente. Je trouve le discours des militants un peu contradictoire. Comment pourrions-nous imaginer supprimer la chasse? Que fait-on de la régulation des espèces?» s’insurge-t-il. Selon lui, la loi suisse est déjà très sévère. «On peut toujours améliorer les choses, mais notre politique agricole tient déjà compte du bien-être des animaux pour l’élevage et l’abattage, poursuit-il. Nous attachons par exemple de l’importance aux espaces ouverts pour les vaches laitières, et nous accordons un grand respect vis-à-vis de la protection des ressources naturelles.»

Et si l’on devait changer nos habitudes alimentaires? Jacques Bourgeois se montre catégorique sur ce point: «Chacun est libre de choisir ce qu’il veut manger, et de ne pas se priver d’un bon coup de couteau dans de la viande. J’aimerais entendre leurs arguments sur la couverture des besoins protéiques si on supprimait la viande de notre consommation.» C’est dit, le politicien ne sera pas le premier à bouleverser les étages de son frigo pour rejoindre la cause des anti-spécistes. (24 heures)

Le rêve d’une société « normale » avec des gens « normaux » que j’ai toujours fait en prends un bon coup non ?

En attendant, même si vous n’êtes pas d’accord avec moi, essayez de garder la pêche.

About sylvain l'esoxiste

49 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique. Suivre L'Esoxiste sur Google+
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4 Responses to Anti spécisme et avenir de la pêche

  1. Axel Bechler says:

    Tout cela-a-t-il encore de l’importance ? Nous n’auront bientôt plus le droit de manger de la viande, c’est mauvais pour la santé parait-il …

    Ils ne veulent plus qu’on meure, et pour ça, ils vont finir pas nous empêcher de vivre.

  2. Grég says:

    A vrai dire Sylvain, je pense qu’il y a aurait de quoi faire un dossier entier sur la Suisse et les animaux. Je ne pense pas que nous soyions seuls au monde, meilleurs ou moins bons. Mais il me semble que chez nous les défenseurs de la cause animale ont un impact relativement important sur la société (bon, Aymeric Caron se trouve quand même de l’autre côté de la frontière et on vous le laisse volontiers =] ).

    Par exemple, notre cher Code civil prévoit à son article 641a, alinéa 1er : « Les animaux ne sont pas des choses. » Puis à l’alinéa 2 : « Sauf disposition contraire, les dispositions s’appliquant aux choses sont également valables pour les animaux. »

    Autre exemple, l’initiative populaire pour l’institution d’un avocat pour la défense des animaux maltraités refusée en votation en 2010 (http://www.avocatdesanimaux.ch/weblog/start.html).

    On peut encore parler de l’influence des lobbies pro animaliers qui, à défaut d’avoir réussi à interdire la pêche et la chasse en Suisse, ont réussi à faire modifier la Loi fédérale sur la protection des animaux ce qui a introduit…l’interdiction de la pratique consistant à pêcher dans l’intention de relâcher ses prises, ainsi que l’obligation de suivre une journée de formation (payante) afin de pouvoir ensuite acquérir un permis de pêche.

    A mon sens, il ne faut pas totalement occulter ces groupements qui défendent la cause animale non plus, car ils ne peuvent pas avoir totalement tord. Ce que l’Homme est capable d’infliger à un autre être me touche parfois personnellement. Je me rappelle très bien de ces images où l’on voit des slaves littéralement fracasser la tête de phoques sur le sol afin de pouvoir les dépecer encore vivants. Ou encore la préparation d’un plat japonais consistant à écailler une carpe, l’inciser à plusieurs reprises sur les côtés, la faire tremper dans un bain d’huile bouillant avant de la servir encore vivante à table. Ce genre de chose me donne sincèrement la nausée, tout comme les actes gratuits. Dans la pêche aussi il y a des actes gratuits : je ne suis pas opposé à l’idée de remettre du poisson à l’eau après la capture, mais il faut qu’il ait été correctement piqué (c’est à dire pas dans les branchies, ou bord de l’oeil ou encore qu’il se retrouve avec quatre branches d’hameçons dans la gueule, sans parler des cas de poissons qui ne sont pas viables après qu’ils ont été remontés trop vite depuis une certaine profondeur), qu’il soit correctement manipulé (manipulation rapide, conservation du mucus) et qu’il soit remis à l’eau de la bonne façon et non pas simplement jeté par dessus bord comme on le voit bien souvent. De même, le poisson que l’on voudra manger doit être mis à mort de la bonne façon (je trouve qu’on parle trop peu de cet aspect d’ailleurs !).

    Mais voilà, il faut bien admettre qu’une bonne (large) partie de ces pro-animaux (trop-)bien-pensants manquent de bon sens et veulent aller au bout de leur idée. Il ne faut cependant pas oublier qu’un type comme le doctorant en philosophie cité dans l’article de presse aura pris le temps de bien réfléchir à la situation et d’avoir une pensée logique sur la question. Ce n’est pas impossible de discuter avec des gens comme ça. Mais ça implique d’avoir des arguments à faire valoir. Il serait donc bon que les amateurs de pêche s’y mettent chacun dans leur coin et se posent vraiment la question de savoir ce qu’ils estiment être acceptables, non-acceptables et pourquoi (à ce propos, « parce qu’on a toujours fait comme ça » n’est pas un argument solide =] ).

  3. Lesfilmu says:

    Merci de cet article, dont je partage la teneur et l’inquiétude… « sa propagation au sein de la bien-pensance commence à m’inquiéter »… oui, et moi aussi.

    Le problème est exactement le même que l’écologie : poser de bonnes questions et y apporter de mauvaises réponses. Se donner un air supérieur en disant « mais môa môsieur, je suis au-dessus de çà » (sous étendu « de toi », aussi).

    C’est la même histoire que sur la plan économique où ces idéalistes réfutent le terme de « décroissance » alors eu dans le même temps ils en prônent les préceptes en les érigeant en Vérités et surtout, en faisant passer ceux qui pensent autrement pour des ringards incultes incapable de se servir de leurs 2 neurones… mais heureusement, « ils » sont là pour le faire à notre place, avec toutes la condescendance associée…

    Or, la Décroissance, théorie fumeuse non pas basée sur une approche vertueuse (« on avance ensemble vers un truc meilleur ») mais sur une approche « anti-progrès » (ils disent « anti-productiviste » pour ne pas faire peur), jetterait des centaines de millions de personnes au chômage dans le monde… et je ne parle même pas de le révolution sociétale associée, un truc de malade… mais çà faut pas le dire…

    Je m’égare… mais les sujets sont liés… qui à dit  » normal, c’est les mêmes qui en sont à l’origine » ? :-))

    Lesfilmu.

  4. Jean-Marie Lacroix says:

    Merci et encore merci pour cette vague de réflexion dans cette mer d’obscurantisme. Et si on réfléchit un peu, en allant au bout du raisonnement des antispécistes, il est clair qu’en même temps que l’interdiction pour l’homme de consommer nos égaux (veaux, vaches, cochons, couvée) il sera logiquement fait la même interdiction aux lions, tigres, chats, loups et autres carnivores pour les mêmes raisons d’égalité (et aux gardons de manger nos amis les vers de vase)…Étonnant non? (pour paraphraser le regretté Pierre Desproges en photo dans votre article)
    Gardez la pêche ..et surtout allez y pour oublier un moment la stupidité de certains humains…
    Bien à vous
    Jean-Marie Lacroix