La pêche au vif moderne

brochet au vif

 

 

Je vous propose d’abandonner pour une fois votre canne à leurre et vos boites pleines de trucs multicolores pour vous replonger dans une pêche simple mais toujours très intéressante: La pêche au vif au bouchon.

Je ne vais pas vous embêter avec les vieilles méthodes ressassées sempiternellement mais vous donner deux ou trois pistes et deux ou trois astuces pour redécouvrir cette technique qui s’accorde si bien avec l’hiver.

Tout d’abord, la pêche au vif se pratique à plusieurs pêcheurs, donc pensez à vous munir d’un couteau avec tire bouchon. On ne peut supporter très longtemps de regarder ses bouchons sans avoir la possibilité de discuter, casser la croûte et boire un coup entre amis.

 Le vif au bouchon:

Retour sur le matériel:

  • Cannes télescopiques semi paraboliques pour ne pas abimer le vif au lancer ou cannes à carpes de faible puissance pour des gros vifs.
  • Moulinets débrayables en taille 4000 garnis de fils nylon en 30 ou 35 centièmes.
  • Bouchons en mousse ou bouchons polystyrène Top Float Innovation pour la facilité de réglage.
  • Bas de ligne supra tresse de Cannelle pour la discrétion.
  • Et hameçons triples de bonne facture au piquant irréprochable.

 

Le problème avec la pêche au vif telle que l’on nous l’a enseignée depuis nos débuts c’est que le brochet engame l’hameçon profondément. Il y a 20 ans on a prôné d’accrocher son vif par le dos avec un triple pour un ferrage immédiat mais les emmêlages étaient fréquents. J’ai découvert qu’en plaçant deux triples sur mon empile on pouvait ferrer réellement à la touche et que les brochets étaient pris sur le coin de la gueule, donc pas de problème pour les relâcher si l’on veut.

Ce petit dessin ci dessous vous expliquera comment préparer ce bas de ligne.

Les journées sans vent deviennent rare en automne ou en hiver, saison de prédilection pour la pêche u vif, et courrir après son bouchon qui se rapproche du bord toutes les deux minutes est une vraie corvée. Pourquoi alors ne pas adopter le montage pater noster coulissant.

Il vous faudra seulement en plus d’un montage classique une agrafe coulissante afin de laisser un peu de liberté à votre vif qui pourra monter et descendre à sa guise et par là couvrir plus de terrains.

Ce montage ultra simple est décrit dans cet autre schéma:

Le dessinateur est tout bonnement exceptionnel hein ???.

le montage pater noster coulissant

Juste avant les grosses gelées, le brochet se dirige vers les profonds en suivant les bancs de vifs. Idem mais à l’envers au printemps, il se rapproche des plages et des anses.  Il vous faut donc faire le siège d’un secteur intéressant. Si le brochet n’a pas faim, il ne réagira pas aux gesticulations de votre vif sous son nez. Il faut donc quadriller le secteur. Si vous êtes quatre copains vous pourrez tendre jusqu’à 16 cannes. Il y a fort à parier qu’un brochet finira par succomber à l’un de ces vifs.

Un vif après une attaque

Un bon petit gardon bien remuant ou encore mieux une carpette qui n’aura de cesse de vouloir rejoindre le fond seront vos vifs préférés.

 




 

Le vif en plombée:

La « calée » est une très ancienne technique qui fonctionnera lorsque les carnassiers se collent au fond. Plus orientée vers la pêche du sandre, on peut utiliser les mêmes matériels que pour la pêche au bouchon mais je préfère des cannes et des moulinets plus light. Le plaisir n’en sera que décuplé.

 

Montage en plombée

J’en suis même arrivé à utiliser des cannes truite au toc et des cannes feeder. Le tout monté avec des moulinets compacts, c’est un réel plaisir que de chercher les carnassiers avec ces montages light.

Le corps de ligne est un bon nylon en 20/25 centièmes sur lequel vous enfilerez un antiemmeleur de carpiste. Glisser ensuite une perle caoutchouc puis nouez à un émerillon. Le bas de ligne sera un fluorocarbone d’un diamètre similaire au corps de ligne ou juste un peu plus fin. L’hameçon sera un simple de qualité à œillet, en taille 6 à 2 en fonction de la taille du vif. N’oubliez pas la rondelle d’élastique pour sécuriser le vif.

Un point important est la longueur du bas de ligne, en plombée je recommande des bas de ligne d’au moins un mètre. Le sandre ne doit pas sentir de résistance à l’engamage.

Avec ce long bas de ligne pas besoin d’attendre une minute avant de ferrer, allez y directement en saisissant la canne. La plupart du temps le sandre est pris sur le bord de la gueule ce qui permet de les relâcher dans de bonnes conditions si on est un adepte du « catch and release ».

A l’inverse des cannes montée au bouchons, il ne faut pas placer de vifs de fond. Le goujon ou la carpette iront se cacher sous une pierre, utilisez un petit rotengle ou une ablette qui tentera de regagner la surface c’est plus attirant pour le carnassier.




 

Le mort posé:

Que vient faire le mort posé dans un dossier consacré au vif ? Même s’il n’est plus vif, le mort utilise les mêmes montages et les mêmes techniques que pour le vif au posé donc…

Pêche d’hiver par excellence, la pêche au posé utilisant un poisson mort est une technique fort usitée chez nos voisin anglo-saxons. Chez nous, on la regarde avec une certaine méfiance, la consignant presque dans une catégorie des « sous pêches » pourtant, outre son efficacité elle possède l’avantage de sélectionner souvent les plus jolis spécimens de carnassiers.

C’est une vérité connue depuis fort longtemps, les carnassiers en vieillissant deviennent nécrophages. Comportement connu du sandre qui tue pour venir ensuite cueillir ses proies mortes au fond, ce comportement est aussi celui du brochet au cœur de l’hiver. Ce magnifique fainéant, ce superbe prédateur économe de ses mouvements aime à venir se repaître  de cadavres lorsque ses proies préférées se sont réfugiées dans leurs tenues hivernales, inaccessibles à maitre esox.

Nos voisins d’outre manche, pragmatiste de la première heure ont depuis longtemps compris cet intérêt pour les proies mortes, d’ailleurs ils pêchent le brochet à la belle saison avec comme appât une truite morte au bout de leur ligne, car la plupart du temps en Angleterre ou en Irlande, la  pêche au vif est interdite. Ce qui les a poussé à expérimenter les poisson gras, faciles à se procurer dans les mers voisines en hiver.

Le maquereau ou à défaut la sardine, sont des poissons qui dégagent beaucoup d’effluves odorante dans  l’eau, de ce fait ils sont vites repérés par les carnassiers qui après un amorçage préalable de quelques jours en raffolent littéralement .

La sardine étant très difficile à escher ( à moins de s’être procuré du fil élastique utilisé par les pêcheurs en mer), on préférera accrocher au bout de sa ligne une lisette (petit maquereau). On prendra soin d’escher avec une aiguille à locher afin que la lisette résiste au lancer. Le mieux est de placer l’hameçon derrière la tête et de faire ressortir le bas de ligne en queue.

Pour l’amorçage, rien de bien compliqué, quelques maquereaux coupés en tronçons et jetés sur les lieux au moins une semaine avant et tous les deux jours ensuite. L’approvisionnement en maquereaux est bien plus facile qu’en vifs et pas besoin de bac à l’extérieur pour les garder ! Si vous êtes copains avec votre poissonnier, il pourra vous donner des maquereaux impropres à la consommation humaine, c’est l’idéal pour un amorçage de plus longue durée qui installera durablement les gros pépères sur votre coup.

Cette technique hivernale est basée sur l’attractivité des effluves et non sur l’excitation de la vue d’une proie, il convient donc de s’armer de patience. Utilisez des cannes vifs ou cannes à carpes, des moulinets débrayables sont d’un grand confort et évitent que le carnassier ne ressente le poids de la ligne au départ du coup. Des détecteurs de touches électroniques vous permettront d’attendre au chaud dans votre véhicule.

Comme pour toutes les pêches au posé, un bas de ligne long d’au moins 1m est adéquat. S’il n’y a pas de brochet là ou vous pêchez, utilisez du fluorocarbone dont la discrétion est un atout non négligeable. Si par contre, vous pêchez des eaux à brochet, le bas de ligne acier ou tresse armée est indispensable.

A la touche, ne vous précipitez pas, les carnassiers en hiver sont lents, comptez quelques secondes avant un ferrage ample pour bien faire pénétrer les branches du triple dans la gueule du brochet. Puis ce sera la surprise, un brochet, un sandre, un silure ???

Si vous êtes plusieurs, n’oubliez pas cet accessoire indispensable: une grille de barbecue. Prenez quelques lisettes en plus, un briquet, une fourchette, quelques branches mortes et c’est un festin que vous dégusterez avec vos copains au bord de l’eau. Avec ça je vous conseille un Macon village ou un aligoté, ça passe bien et ça réchauffe son pêcheur.

Tous les ans, il se prends des carnassiers au maquereau, généralement c’est avec cet appât que se sélectionnent les plus gros. Les pêcheurs au maquereau sont très discrets et avares de commentaires, c’est que leur technique est forcément bonne, alors essayez la.

Une fois vos cannes tendues sur des piquets équipés de détecteurs, le débrayage enclenché sur les moulinets, vous pourrez profiter de la vie et taper la causette avec vos amis. Le moment du casse croûte est très souvent celui ou le brochet vous oblige à faire tomber au sol votre morceau de saucisson pour courir ferrer.

Une fois au bout, il ne vous restera qu’à apprécier le combat, à fanfaronner devant les potes et a exagérer la taille de la prise.

Je ne résiste pas à une sortie régulière au posé, on emmène plein de matériel, on refait ses bas de ligne, on discute, et surtout on prend le temps  ce qu’on ne fait pas en barque quand seule compte la pêche pour la pêche.

Une pêche du bord comme ça c’est reposant et délassant, à consommer sans modération.

Gardez la pêche !




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