la règlementation en matière de pêche en barque

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Le principe général pour la pêche en barque c’est « là ou ce n’est pas interdit, c’est autorisé », malheureusement ce n’est pas autorisé partout et là où ce l’est il faut se soumettre aux règlements généraux et particuliers.

Je ne saurais trop que vous inviter à contacter les fédés où les AAPPMA avant de mettre à l’eau pour savoir si un règlement spécifique n’est pas en vigueur.

 Rappel sur la navigation en eau intérieure:

Tout bateau de pêche/promenade qui navigue sur les eaux intérieures soumises à réglementation VNF doit posséder une immatriculation (délivrée par Voies Navigables de France) si:

  • Il   mesure plus de 5  mètres,
  • Il   est motorisé par un hors bord thermique de 6cv ou plus.

 

En deçà de ces dispositions, aucune immatriculation n’est imposée.

Si le bateau possède un moteur supérieur à 9,9 cv il devra en outre s’acquitter de la vignette VNF (taxe).

Ces dispositions ne s’appliquent pas dans les plans d’eau privés ou à réglementation particulière (se renseigner sur place)




 

 Les équipements de sécurité obligatoires à bord:

 

Toute embarcation naviguant sur les eaux intérieures, quelle que soit sa taille doit embarquer un armement obligatoire.

Pour les eaux intérieures et concernant les barques  de pêche  ( arrêté du 10 février 2016), voir la page « matériel de sécurité obligatoire pour la  pêche en bateau« , cet armement se composera obligatoirement de:

 

  • un  gilet de sauvetage par personne embarquée,
  • une  écope si l’embarcation ne possède pas de pompe de  cale,
  • un cordages d’au moins 5 mètres de long,
  • un  anneau avant  en cas de remorquage,
  • un taquets d’amarrage,
  • un  extincteur par moteur thermique, un dispositif coupe contact si la puissance du moteur est supérieure ou égale à 4,5 kw.

 




Et si on autorisait la barque ou le float tube partout ?

 

 Pour les amateurs de pêche qui ne  supportent plus d’avoir les pieds  constamment visés au plancher  des vaches, le bateau ou le float  tube restent l’alternative.

Qui n’a jamais eu à supporter un  voisin de pêche qui se tend en  travers de vos lignes, un autre très  bruyant qui fait en outre patauger  Médor, un troisième irascible et  d’âge avancé qui vous soutient que l’emplacement où vous vous êtes tendus, c’est sa place à  lui car c’est lui qui l’a aménagée il y a déjà vingt ans, et je m’arrête là.

Contre ça,  à part le coup de poing ou l’abandon de la pêche il ne reste que l’embarcation  pour fuir tous ces C..s. Mais voilà, on ne peut pas pêcher en barque ou en float partout et  c’est bien dommage.

Pour l’heure le seul argument qui nous empêche de mettre à l’eau est que la navigation est  interdite sur les plans d’eau qui servent à l’alimentation en eau potable et sur tous les autres  où ce n’est pas explicitement autorisé.

Nous voilà bien !

Certes il y a toujours à une cinquantaine de kilomètres de votre domicile un lac où l’on peut pêcher en barque. De plus, chez nous en Saône et Loire nous avons la chance d’avoir deux fleuves, un canal et des plans d’eaux navigables qui servent à l’alimentation de ce canal. Mais il reste beaucoup de  superbes étangs, d’une superficie supérieure à 20ha où la navigation reste strictement interdite.

Je vais prendre  pour exemples deux plans d’eau que je connais: Le barrage de la Sorme à MONTCEAU LES MINES et le barrage du Pont du Roi à SAINT EMILAND (71).

Tous deux sont des réserves d’eau potable, le Pont du Roi a une superficie d’environ 70 ha tandis que la Sorme, le plus grand plan d’eau du département occupe 360 ha.

Alors que le premier est plutôt sauvage et préservé de l’ activité humaine car situé au milieu des bois (brochet, sandres, perches), le second est périurbain et accueille en plus du silure mais aussi des corbicules et des bryozoaires.

Le premier fut un haut lieu de pêche du carnassier par le passé, il n’est que peu pêché dorénavant car difficile d’accès et difficile à pêcher. Il ne bénéficie plus d’aucun empoissonnement et les bredouilles y sont monnaies courantes même pour ceux qui le connaissent bien. Le second par contre draine un nombre important de pêcheurs de carnassiers (empoissonnement régulier) et aussi  beaucoup de carpistes avec comme corollaire un agrainage conséquent.

Si j’en viens aux carpistes (je n’ai strictement rien contre cette pêche que je pratique aussi de temps en temps) c’est qu’eux peuvent allègrement pratiquer leur sport alors que les pêcheurs en barque se font refouler sous prétexte qu’ils pollueraient. Ouh les vilains !!

Un leurre perdu au fond dégage t’il autant de matière organique que des bouillettes ou des graines ? Et que dire alors des dizaines de cormorans qui défèquent dans l’eau, des ragondins, des baigneurs du dimanche, des fêtards de la pêche qui balancent leurs canettes et leurs sacs d’amorce à l’eau, des vaches qui viennent s’abreuver……

Argument fallacieux, une embarcation motorisée à l’électrique ne pollue pas et si d’aventure sa mise à l’eau pouvait entraîner la perte d’un micro gramme de graisse de moyeux de remorque, cette pollution serait infime eu égard aux autres usagers que je cite précédemment. Et le float tube, pollue t’il, dégage t’il des phtalates dans l’eau peut être ?

Je ne comprends pas cette interdiction  qui de plus sert de prétexte à certaines AAPPMA pour ne pas vouloir faire avancer ce dossier, voir même pour faire du rétropédalage.

Cet argument de réserve d’eau potable  qui interdirait la navigation est à mettre au placard. La pêche évolue très vite vers des techniques plus sportives, si les AAPPMA veulent survivre, elles doivent rester à la pointe de la défense de leurs membres et se faire leur porte-parole au lieu de arc-bouter sur des positions rétrogrades. Et là, on verra peut être des jeunes assister aux AG, aider au nettoyage, en gros participer à la vie de l’AAPPMA. Il serait pourtant honorable de leur part d’avoir un positionnement public ferme et déterminé au lieu de cet atermoiement bisounours face à une réglementation qu’ils savent qu’elle pourrait évoluer sous leur pression.

Passons maintenant au domaine privé mais non classé en réserve d’eau potable. Vous connaissez tous ces plans d’eau, quelquefois modestes où il est interdit de pêcher en barque ou en float. Ces étangs n’ont souvent aucune rampe de mise à l’eau et leur pêche est réduite à une moitié des berges.

Certains sont quelques fois assez étendus et pourraient être navigables mais là encore on se heurte au dirigeants locaux (qui ne pêchent pas en barque ou en float et n’y comprennent rien)  ou aux municipalités propriétaires.

Le premier exemple qui me vient est très proche de chez moi. Le plan d’eau du Vallon à Autun et sa réglementation ubuesque. Outre que la pêche n’est autorisée que sur ¼ de son périmètre, la navigation n’y est pas interdite mais la pêche en embarcation ou en float  l’est.

Alors que les dériveurs des gosses de l’école de voile, de leur accompagnateur avec son thermique deux temps et des pompiers qui sortent la barque d’intervention régulièrement sillonnent à longueur d’année ce lac de 25 ha, les pêcheurs doivent rester au bord avec leurs deux pauvres cannes (règlement spécifique).

J’aborde là une inégalité flagrante  dans l’occupation du domaine public. On réglemente de façon drastique afin de n’avoir que quelques pêcheurs qui ne gêneront pas les autres activités et on préfère voir la majorité des  pêcheurs prêts à s’investir ou à investir leurs deniers fuir vers d’autres horizons. C’est ce qui m’est arrivé à titre personnel, pourquoi continuer à être membre d’une AAPPMA étranglée par une municipalité qui l’empêche d’ouvrir à tous la pêche ? Ce plan d’eau, à l’instar de beaucoup d’autres dans d’autres départements, pourrait accueillir quelques barques. D’ailleurs il bénéficie d’une base nautique avec  port et de la plus belle rampe de mise à l’eau de tout le département.

Localement vous avez une vingtaine (ou plus) de pêcheurs en barque qui doivent s’effacer devant deux véliplanchistes et dix « optimists » les mercredis après midi. Ou est l’équité dans tout cela ? Est ce que le millier de footeux, de rugbymen, d’athlètes locaux  qui bénéficient d’infrastructures sportives coûteuses sont plus importants que les 1000 licenciés à l’AAPPMA locale ?

Pour ma part, je clame haut et fort: Oui à la pêche en barque ou en float tube partout !! Il y a de la place pour tout le monde. De toute façon si la pêche continue à se développer comme elle le fait ces dernières années, les instances et les communes n’auront plus le choix, alors pourquoi attendre ?




 

Gardez la pêche, ou tout du moins essayez…

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