Ils vivent dans nos eaux: le bryozoaïre

NOM PHOTO

 

Un être vivant étonnant ce bryozoaïre, cette espèce de masse gélatineuse se retrouve de plus en plus fréquemment dans nos lacs Morvandiaux.

 

Le nom de cet organisme mi animal mi végétal est Pectinella Magnifica. Le nom bryozoaïre vient du grec bruon (mousse) et zôon (animal).

 Très commun aux Etats Unis, le pectinella a été identifié la première fois au Massachusetts dès 1851. Il apprécie les eaux tempérées peu profondes sur les bordures des lacs.

 Le ou la Pectinella a été observé (e) pour la première fois en Europe en 1883, son arrivée en France ne date que du début des années 1990.

 

Je l’ai observé la première fois au barrage de la Sorme près de Montceau les mines dans les années 95/98, je n’ai plus la date précise en tête mais je me rappelle avoir été très désappointé devant la présence de cette bestiole, j’avoue ne plus être retourné dans ce plan d’eau ensuite.

 La colonie mesure en moyenne 50cm mais peut atteindre un mètre pour un volume d’une centaine de litres.

 

Les travaux de l’Onema et de la communauté scientifique dont un spécialiste basé au Creusot  on mis en évidence la présence et l’expansion de cet organisme. Ce dernier est pourtant un bon indicateur de qualité des eaux puisqu’il n’aime pas la pollution. Il prospère juste dans des eaux assez chargées en nutriments (eaux eutrophiées).

 Les bryozoaïres, pour faire simple, sont un peu comme des polypes coralliens. Ils prospèrent en filtrant les eaux et en bâtissant leur chambre de vie en colonie pouvant compter plusieurs milliers d’individus.

 Ils secrètent leurs chambres d’où ils laissent dépasser les tentacules qui captent les éléments nutritifs. Contrairement aux anémones les Pectinella ne sont pas  urticantes, on peut donc les saisir à pleine main et se les envoyer au visage du copain histoire de rigoler. 

lophophores de Bryozoaïre (photo daniel NARDIN)

On appelle zoécie l’ensemble de la chambre ou logette (la cystide)  et de son polype (qui n’ rien à voir avec un champignon ou avec ce genre de saloperie que mon proctologue va chercher lors de ma prochaine coloscopie, aie !).

Le polype peut se rétracter ou épanouir son lophophore (ses balais), composé d’une couronne de tentacules ciliés disposés en fer à cheval.

 La colonie meure tous les ans et disparaît presque totalement en hiver. A cet effet, les polypes s’enferment dans des statoblastes, qui sont une forme d’œuf, destinés à passer l’hiver. La masse gélatineuse se délite libérant les statoblastes qui flottent st viennent s’agglutiner en surface.

Sur la coque de ces statoblastes sont implantés des crochets qui leur permettent de s’accrocher aux animaux ou à leurs semblables. Ainsi les oiseaux migrateurs sont les principaux vecteurs de ces organismes. 

Statoblastes (photo daniel NARDIN)

Dans un milieu liquide, les statoblastes peuvent survivre jusqu’à trois ans au froid sans germer, une fois la bonne température atteinte, le statoblaste s’ouvre comme une graine.

Les statoblastes résistent au tube digestif des oiseaux et des poissons mais meurent à l’air si dessiccation en trois jours.  Les colonies de Pectinella  semblent s’établir à une profondeur moyenne de 1 à 3 m et descendent exceptionnellement à trois mètre.  La colonie prospère et se multiplie dès que l’eau atteint 20 ° c.

 

Voilà quelques renseignements sur cette créature étrange. Merci à l’ONEMA et aux vulgarisateurs d’internet. Je vous conseille le site bourgogne-nature.fr ou les travaux scientifiques sont relatés plus précisément.

 Merci à M. Daniel NARDIN  pour les photos.

 

Gardez la pêche.

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