Le ver de terre

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Le ver de terre est un animal étonnant à plus d’un titre, aveugle, dépourvu de poumons (respiration cutanée), sans vraiment de cerveau c’est quand même l’espèce la plus répandue sur terre. 13 familles pour environ 5000 variétés et encore chaque année il s’en découvre de nouvelles. C’ est l’espèce terrestre la plus importante si l’on raisonne en terme de masse globale. En effet cet animal et ses différentes espèces représenteraient 80 % du poids total de tous les animaux terrestres, hommes y compris.

 

En France, on estime entre 1 à 2 millions de vers de terre à l’hectare, soit d’une tonne  à 4 tonnes pour les terrains les plus propices.  Leur poids total dans l’hexagone serait de 100 à 200 millions de tonnes, soit 33 fois la population humaine française.

 Selon Wikipédia, on pourrait trouver jusqu’à 500 individus au m² en paturage alors qu’on n’en trouvera seulement que 10 au m² dans les terres acides des forêts d’épiceas. 

 

Nos vers mesurent au maximum 20 cm mais en s’étirant un ver pourra en paraître plus de 30. Par contre en amérique centrale et du sud on trouve des vers de terre de plus de 3 m. 

 

Notre vert de terre ou vartiau (en Morvandiau) le plus connu est le lombric commun (lumbricus terrestris), il est suivi par le ver à tête noire (Nicrodilus Géardi) dont il diffère par l’absence d’anneau  (clitelllum).

 

 

Il existe plusieurs variétés de vers en France, la plupart du temps on en compte trois, j’ai tendance à en distinguer une quatrième (très humblement car je ne suis pas scientifique). Les deux les plus faciles à distinguer sont le ver de fumier (eisenia foetida), image ci contre,  très segmenté et un peu jaunatre et le ver de berge (eisenia andrei) très rouge et très remuant, image suivante.

 

 

 

Le ver de berge est celui que l’on trouve sous les pierres ou sous les planches, quand au ver de fumier son nom explique là ou on le trouve. Le ver de fumier, très remuant, dégage un liquide jaunatre assez désagréable mais qui ne semble pas rebuter les poissons.

 

 

 

 

Le ver à tête noire est le seul de ces quatre vers à ne pas posséder d’anneau à ma connaissance et sa morphologie est un peu différente.

 

Les vers possèdent tous deux couches  de muscles, une externe avec des muscles circulaires et une interne avec des muscles longitudinaux. Pour avancer un lombric va contracter ses muscles circulaires et étirer une partie de son corps et vice versa. Sa peau dispose de petites soies qui s’accrochent au sol et facilitent sa reptation.

 Le ver se nourrit de matières organiques en décomposition, il avale la terre et rejette des tortillons (turricules) qui sont extrêmement riches en phytohormones qui favorisent la croissance des plantes.

 Le lombric est hermaphrodite mais à quand même besoin d’un partenaire pour sa reproduction, les sexes sont situés dans la partie antérieure du corps à proximité de l’anneau, c’est dans ce dernier que les œufs se développeront.

 

Le ver (selon sa variété) peut creuser et vivre jusqu’à deux mètres de fond, en remontant il emmène avec lui des oligoéléments et en redescendant il transporte des nutriments de surface en profondeur. Il est le meilleur aérateur de sol et le meilleur mélangeur de couches.

 

Comment l’attraper:

 Au jardin avec une fourche bêche, on trouvera des vers de terre clairs (lombrics), en mars avril en bêchant un emplacement où sont visibles les tortillons, on recueillera des vers à tête noire et de gros lombrics orangés.

 Au printemps, lorsque la terre est humide, placez vous dans un pré  ou les tortillons sont nombreux et piétinez un emplacement. Au bout de cinq minutes les vers vont sortir de terre sur un périmètre pouvant aller jusqu’à cinq mètres de votre place. C’est ainsi que je faisais ma provision annuelle de vers dans un pré qui me donnait jusqu’à deux litres de têtes noires en un quart d’heure.

Une technique ludique est de les chercher à la lampe électrique. Les nuits humides de printemps, les vers à tête noire sortent de leurs trous mais laissent une partie de leur corps dans ces trous. Il faut trouver un endroit ou la terre est nue et tassée, s’il y a des tortillons c’est idéal. Venir discrètement la nuit avec une veille lampe électrique qui n’éclaire que faiblement (les vers n’ont pas d’yeux mais sont sensibles à la lumière et s’enfoncent au trou s’ils sont trop éclairés). Ne pas taper du pied et se saisir ferment du ver qui bataillera pour retourner au trou, il suffit de le maintenir fermement sans tirer, il lâchera prise.

Les vers à tête noire ont la queue qui se termine en feuille de saule, c’est ainsi qu’ils s’ancrent dans leur galerie.  

En été, chercher un coin bien tallé et avec des tortillons puis ouvrez le jet d’eau et faites tomber en pluie, vous récolterez des vers qui viendront au bout de cinq minutes en croyant à une bonne averse.

 Pour les conserver, un gros seau se fermant avec un bon couvercle que vous percerez avec une pointe pour aérer. Ce sceau  contiendra un peu de terre et des  feuilles mortes, on peut rajouter du café ou n’importe quoi qui sent assez fort, le vers absorbe les odeurs comme une éponge. Une petite rasade de Ricard donnera un petit goût anisé à vos vers, faites l’essai.

 

Pour la pêche mon préféré est le tête noire. Il gigote sans arrêt, est assez dur et semble tenir plus longtemps sous l’eau que le gros lombric. Après avoir comparé lors de sorties de pêche, les truites et les perches semblent préférer chez nous le tête noire.

 Si vous êtes flemmard, vous pourrez acheter des vers et là, c’est le drame !!! En premier lieu ils sont chers pour des bestioles qu’on trouve partout, en second lieu nos distributeurs ou les verminières n’ont rien  trouvé que de leur donner des noms plutôt folkloriques…

 

Voici à quoi correspond peu ou prou les vers vendus en boite :

 

Le ver de terreau :  Eisenia foetida, c’est du ver de fumier.

Le dendros : Dendrobeana veneta, 5 à 10 cm c’est un gros ver de fumier mâtiné de ver de berge, on le trouve aussi sous le terme de ver géant.

Le Canadien : Lombricus terrestris, c’est un gros lombric de 10 à 20 cm.

Le Rubélius : assez rare c’est un ver en provenance des Pays Bas.

 

Vous en savez désormais un peu plus  sur les vartiaux, ces sympathiques bestioles amies des jardiniers et sauves bredouilles par excellence. Lors de mes sorties de pêche, j’ai toujours quelques têtes noires ou une boite de canadiens, on ne sait jamais !

 

Gardez la pêche

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