Pneu vs pliant
avatar

p vs p porta montée 27102015-9Régulièrement atteint de la pathologie du « coin inaccessible à pied », parfois à la limite du syndrome dit « de la berge d’en face », vous êtes fin prêt pour l’achat d’une barque, rêvant de pouvoir enfin atteindre ces satanés poissons jusqu’ici inaccessibles, pour peu qu’ils soient coopératifs …

Passé l’écueil financier, mûrement évalué et sous-pesé, le choix de l’embarcation tant convoitée peut vite devenir un casse tête : En effet, tout le monde ne dispose pas d’un garage afin de pouvoir y remiser son précieux bateau et sa remorque.

 

Confronté à ce dilemme, le choix se reporte parfois (malheureusement …) sur un (tout) petit bateau que l’on pense suffisant à l’usage, et qui va vite s’avérer bien trop étroit. Avec cette solution, à laquelle j’ai été confronté il y a une dizaine d’années, on se rend vite compte qu’une longueur d’embarcation de 3,00m à 3,50m est vraiment un minimum si l’on désire un tant soit peu de confort et de place, et surtout si l’on souhaite pêcher à deux de temps en temps. De plus, une petite annexe n’a pas un franc-bord très important, ce qui peut vite s’avérer peu sécurisant.

Par manque de place la plupart du temps, un stockage avec un encombrement minimum va s’imposer.

Plusieurs solutions sont alors envisageables :

1/ Le float-tube
2/ Le kayak
3/ Le bateau pneumatique, souvent appelé « Zodiac » par abus de langage
4/ La barque pliante

Je passe sur le float-tube et le kayak : Pour moi, ce ne sont pas à proprement parlé des bateaux, leur usage se limite à une pratique en solo (quoique certains kayaks soient bi-place), ils ne permettent pas de pêcher debout.
De plus, avoir le cul dans l ‘eau en plein hiver … Très peu pour moi, merci.

Restent le pneumatique et le pliant.

Le pneumatique est, comme son nom l’indique, un bateau gonflable. Composé, suivant les modèles, de plusieurs boudins avec chambres séparées (sécurité oblige), il nécessite un gonfleur à pied, ou moins fatiguant, un gonfleur électrique à brancher sur l’allume cigare de la voiture afin de le mettre en œuvre.

Son transport, une fois plié, s’effectue à l’aide d’un sac plus ou moins volumineux, suivant la taille de l’embarcation. Il faudra veiller à ce que ce bateau soit muni d’un plancher « rigide », car sinon il sera quasiment impossible de se tenir debout à son bord.

La conception de ces bateaux sont assez identiques. Suivant les fabrications, les différences (surtout au niveau du tarif) s’expliquent la plupart du temps par l’utilisation de matériaux de qualité et d’épaisseur très diverses.

Bénéficiant d’un vaste choix de dimensions et de fabricants, la somme à débourser pour l’acquisition d’un pneu neuf peut être très variable.

A titre (très) indicatif, les prix s’échelonnent de 600,00 euros pour un 270 (décathlon/IntegralPêche), 700,00 euros pour un Lemarius navigua 300, 1000,00 Euros pour un Oversea 330 avec plancher alu, et grimpe à près de 2000,00 euros pour un modèle Pro360, qui est déjà à la limite du « transportable ».

En ce qui concerne le poids, il faut compter de 45 à 50kg (hors accessoires) pour un modèle mesurant 3,00m de longueur, et forcément un peu plus pour un bateau plus grand.

Les marques et les fabricants sont innombrables, tenter de les répertorier ici ne me semble pas réaliste.

La barque pliante est, par définition, une embarcation qui se replie afin de faciliter son rangement et son transport.

Je passe sur certains anciens modèles qui ressemblaient à de petites baignoires, et qui se pliaient suivant un axe transversal, avec la coque servant de remorque de transport. Ils n’auraient pas démérité dans un film de J. Tati en vacances …

Les productions que l’on peut trouver actuellement ont tous recours au principe d’un pliage longitudinal en 4 parties, avec les bancs et/ou le tableau arrière servant à rigidifier l’ensemble en s’arc-boutant.

Le choix des modèles est plus que restreint. Il n’y a, à ma connaissance, que 4 ou 5 fabricants étrangers, distribués en France d’une manière très anecdotique, la plupart n’étant n’étant même plus ou pas importés sur notre territoire.

Fabriqué en Allemagne, le BananaBoot est une embarcation symétrique (sans tableau arrière), de type pirogue.
J’en avais un il y a quelques années, et j’en croise régulièrement sur le lac de Madine, de nombreux carpistes étrangers semblant les apprécier.
Cette marque ne semble plus être distribuée en France.    http://www.banana-boot.de/en/

L’instaBoat est un pliant en aluminium de fabrication canadienne. Les articulations entre les différents panneaux métalliques sont réalisées à l’aide d’un joint néoprène caoutchouc, qui a la mauvaise réputation de mal vieillir. N’ayant jamais pu le constater par moi même, je ne saurais confirmer cette information.
Le tarif pour un modèle transom de 3,35m était de 2350 euros, mais à l’instar du BananaBoot, cette marque ne semble plus être distribuée dans l’hexagone.    http://www.instaboat.com/produits.html

Le modèle le plus réputé et le mieux représenté est le porta-bote.

Le conception de ce bateau américain est très semblable au Banana, à la différence qu’il est pourvu d’un tableau arrière très large qui, outre le fait de pouvoir y installer un moteur facilement, le rend beaucoup plus stable.
p vs p porta 27102015-6Cette embarcation est quasiment indestructible, et c’est le matériau lui même qui se déforme par élasticité pour le dépliage et la mise en œuvre. Les jointures sont protégées par un tube très solide en matière synthétique.
Le prix pour un modèle 3,25 est de 2200,00 euros, et la coque nue pèse environ 30kg.
Le montage et le démontage s’effectuent en quelques minutes, et ne nécessitent aucuns outils ou accessoires.
Une fois les trois bancs installés, il ne reste qu’à boulonner le tableau arrière à l’aide des 4 papillons, et la barque est prête à naviguer.
Un récent nouveau modèle intègre même un tableau pliant, qui est encore plus simple à mettre en œuvre.

La distribution en France/Europe :
http://www.gbt.nl/pages/index_pb_fr.html

 

Essayons de comparer, avec le plus d’objectivité possible, les deux types d’embarcation.

1/ Le prix

Sans aucun doute, le pneu est le plus compétitif, tant sur le choix que sur le tarif, grâce aux nombreux modèles disponibles sur le marché.

2/ La mise en œuvre

p vs p montageporta 27102015-8p vs p montagepneu 27102015-4

Avantage au porta-bote, montre en main. Il faut compter de 15 à 20 minutes pour un gonflage manuel pour le pneu, plus l’installation des accessoires. Le pliant est prêt en quelques minutes seulement.

3/ Le transport

p vs p portarange 27102015-10p vs p vitaraplein 27102015-11

Le pliant nécessite obligatoirement des barres de toit pour assurer son transport dans de bonnes conditions. Cela peut s’avérer rédhibitoire pour certains.

A contrario, un pneu de 3,00m tient dans le coffre d’un break, ou avec les sièges rabattus pour les automobiles plus petites. Mais dans ce cas de figure, il ne restera plus beaucoup de place pour le matériel de pêche, le moteur/batteries, etc … Alors que le transport sur le toit libère tout l’espace dans le coffre, et ne nécessite forcément pas un grand véhicule. On peut aussi imaginer transporter son pneumatique sur une galerie.
Les avantages de l’un font les inconvénients de l’autre …

4/ Le poids et l’encombrement

p vs p portagarage 27102015-7pvs p vitara 27102015-2

Avantage très court au pliant pour le poids. Avec seulement 30 kg, 10cm d’épaisseur et un format de planche à voile, la coque du porta-bote se manie facilement, et se range aisément en hauteur dans mon petit garage.

Le sac contenant le pneu pèse vite une cinquantaine de kilogrammes si l’on est équipé d’un 3.20m, ce qui est déjà assez lourd à manipuler. D’une manière pratique, il faudra privilégier un entreposage au sol.

5/ La stabilité sur l’eau

La stabilité d’une embarcation est principalement liée à ses dimensions, et par conséquent à son poids.
L’inertie d’une barque pesant une cinquantaine de kilos est quasiment nulle, et il est évident qu’un geste un peu brusque sur un petit canot peut facilement déséquilibrer votre co-équipier, que ce soit sur un pliant ou sur un pneumatique.
Sur une embarcation légère, c’est principalement la forme de la coque et sa portance sur l’eau qui fera la différence. On se retrouve avec le dilemme de devoir choisir entre un fond plus large et plat, et une coque en « V ».

Les deux solutions ont leurs avantages et inconvénients :

– Meilleure portance contre meilleure glisse
– Comportement face aux vagues
– Prise au vent
– …

Les avis à ce sujet sont très marqués, les partisans de l’une ou l’autre formule étant persuadés que la leur est bien supérieure à l’autre.

Le fond du pliant, un peu souple et en « V », ne plaide pas en sa faveur, mais il conserve une relative stabilité, identique à celle de n’importe quelle autre petite barque dans sa classe de taille.

Néanmoins, pour avoir testé les deux types de bateau, je dois convenir que le pneumatique me donne le sentiment d’être plus sécurisant sur l’eau, car il est moins sujet au gîte.
De plus, il est réellement insubmersible (même avec le moteur en place), ce qui, en certaines conditions météo, peut s’avérer comme un réel avantage.

6/ Habitabilité et confort

p vs p pneu monté 27102015-5
Les boudins occupants une bonne partie de la surface « habitable », le pneumatique ne pourra prétendre, à taille égale, rivaliser sur ce plan avec le pliant, forcément …

La forme et le fond un peu souple du pliant sont un peu déstabilisants, et la rigidité d’un « vrai » plancher (pas à lattes ou gonflable …) d’un pneumatique sera d’un confort sans égal.

 

 

7/ Solidité et durabilité

Il existait, quelque part sur le net, une vidéo (ou une photo?) montrant un gars tirant avec un fusil de chasse sur un porta-bote, sans réussir à le transpercer …
Le porta-bote est vraiment indestructible. Il ne vieillit pas, ne s’altère pas, ne se déchire pas, et il est particulièrement résistant aux objet tranchants (pierres, métal …). Je n’imagine pas qu’un pneumatique puisse rivaliser …
Néanmoins, les matériaux utilisés pour la fabrication des bateaux gonflables sont très solides. Les modèles les plus haut de gamme sont même pourvus d’une double enveloppe, afin d’assurer une sécurité maximum.

En conclusion, je ne pense pas que le pliant soit supérieur au pneumatique, et vice et versa.
Les avantages et/ou inconvénients des deux solutions restent liés à des choix de paramètres qui sont très personnels.

Le prix élevé d’un pliant peut se justifier par sa durée de vie, la possibilité de rangement, de stockage et de transport peut privilégier l’une ou l’autre solution en particulier, le sentiment de sécurité est propre à chacun …

Le manque de place justifie le plus souvent le choix pour ce type d’embarcation. Bien que le prix puisse sembler important pour un petit bateau, le fait que l’on s’affranchit d’une remorque permet une économie financière non négligeable par rapport à une embarcation traditionnelle.
Et autre avantage indéniable: Avec ce type de bateau, pas besoin de mise à l’eau, ce qui permet de pouvoir aller pêcher des endroits qui peuvent rester inaccessibles aux autres …

A titre personnel, j’ai choisi un pliant astuboat, qui est un porta-bote qui fut par le passé importé par Astucit/Drachkovitch. Sa solidité à toute épreuve a su me convaincre, et sa stabilité est largement suffisante à mon goût.
Glissée sur le toit de la voiture, c’est ma barque pour les vacances et pour les accès difficiles, avec une rapidité de mise en œuvre sans égal. Et je lui dois des parties de pêche mémorables …

AB

Merci à HervéSox pour les photos.

About Axel Bechler

Principalement adepte de la pêche aux carnassiers et truites aux leurres et au mort-manié, essayant de garder un esprit curieux et ouvert, mais aussi parfois critique, sur le monde halieutique. Fervent défenseur de l'idée du prélèvement raisonnable et raisonné, j'ai la chance de participer à une belle aventure en tant que membre du CA de l'aappma « Les Pêcheurs de Madine », avec une équipe ayant une vision moderne et responsable de la pêche.
This entry was posted in barques et bateaux. Bookmark the permalink.

9 Responses to Pneu vs pliant

  1. Grég says:

    Je n’ai jamais possédé de pneumatique, mais je m’étais renseigné à l’époque. J’avais appris que les matières qui le composent sont particulièrement sensibles au rayonnement solaire qui rend la matière synthétique poreuse (en particulier pour le PVC, moins pour le polyuréthane). En outre, il faudrait idéalement ne pas dégonfler un bateau pneumatique (oui je sais, c’est pas l’idée que l’on se fait au départ).

    Je n’ai malheureusement pas eu la possibilité de m’y mettre cet été, mais je compte bien construire ma barque un jour. Ca me fait rêver. Il y a pas mal de sites web qui permettent d’obtenir des plans et/ou des explications sur la réalisation de bateaux. Et j’ai vu certaines personnes être capables de construire des barques démontables (en deux pièces). Alors soit, le gain de place ou pratique n’est pas énorme, mais le concept mérite de l’attention (par exemple : http://www.biquille.36.free.fr/banikette.html et http://dev.stw.fr/blogs/pti-ket/2014-06-22-la-banikette, les plans d’une telle barque peuvent être acquises (30€) sur le site banik.org qui est tenu par de sympathiques marins).

  2. Merci Axel, tu abordes un sujet que je ne maîtrise pas et qui va informer et intéresser pas mal de nos lecteurs. Félicitation

  3. Joubert-Laurencin says:

    Voici mon expérience concernant les barques pliantes:
    J’ai un porta-bote de 3,65m depuis le début des années 90 et je m’en sert toujours en attendant d’acheter une barque alu plus grande et plus motorisé.
    Pas de fuite,juste un peu de casse au niveau des cornières plastique qui tiennent les bancs.
    Je n’ai pas de caillebotis (option) donc le fonds est souple.
    J’ai déjà péché debout sur les bancs.
    C’est assez stable pour avoir monté dedans un silure de 1,90m à deux pécheurs et un de 1,65m seul.
    Sur cet ancien modèle le tableau arrière était trop petit mais les nouvelles générations sont meilleures.
    Très pratique pour de longues distances sans remorque.
    Seul défaut: avec l’âge et pour avoir u la chance de monter sur des bateaux plus confortable et plus puissant, j’en ai marre de le monter par tous les temps et je ne peux le sortir pour pécher que quelques heures.

  4. HAYME says:

    Bonjour;
    J’ai possédé plusieurs modèles de barques pliantes:
    La 1ère en 1981 une Drachkovitch « venue du Canada » importé par Astucit en forme de pyrogène couleur alu. qui a mal terminée. L’hiver 1995 je l’avais stocké dans une grange à la campagne, les rats ont croqué le joint. Dommage c’était un modèle increvable.
    Puis une porta-Boat que j’ai gardé 3 ans, je ne pouvais l’ouvrir seul quand il faisait froid.
    Il y a 4/5 ans, j’ai acheté une InstaBoat (pensant avoir la même qualité que la 1ère)
    Je l’ai revendu quelques semaines plus tard,mon copain ayant acheté la même constatait après quelques semaines des fuites.
    Cordialement
    HY

    Cordialement
    Yves

  5. Lavarenne says:

    J’ai toujours une vieille barque « draco » l’ancien model qui ressemblait plus à un canoë qu’à une barque .Depuis le temps tous les joints sont hs et la mousse de « flottaison » se désagrège.C’est vrais que j’ai pêché quelques année avec,mais à l’époque je n’utilisais que les rames et les déplacements devenaient plus une « contrainte » qu’un plaisir.

  6. JACQUES says:

    Très bien résumé votre article, juste une petite précision concernant le float tube, les modèles récents un peu élaborés permettent de ne plus avoir le « cul dans l’eau » (ce qui est un réel progrès)même pour un pêcheur de 110kg sans les équipements, il y en a même avec des rames ou une armature pour moteur électrique, tout compris pour 4 à 650€, de 5 à 15 kg .

    • Hervé says:

      J ai une barque , un ptit zodiac et un float tube de bonne qualité et perso l hiver je prend le float tube c est moins encombrant et c est un très bon investissement !

    • Axel Bechler says:

      Bonsoir,

      Je n’ai pas bien compris la fin de votre intervention, les 4 pour 650 euros, de 5 à 15 kg ???

      Axel