Prêt pour l’ouverture, … en 2021 ???
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Petite boutade que ce titre.

Malgré la crise du coronavirus, il faut garder un peu d’humour.
C’est vrai, on peut garder espoir de pouvoir pêcher le sandre en verticale cet automne. Si tout va bien.

J’ai changé de bateau, et pour l’ouverture du carnassier, je n’ai jamais été aussi prêt et préparé, dans les starting-blocks, alors que cette date pleine de promesse semble vouloir s’éloigner au fur et à mesure des annonces du gouvernement sur la possible reconduite du confinement jusqu’à une échéance que même Elizabeth Teissier ne se risquerait pas à prédire (c’est dire…).

A propos de ce confinement, ayons une pensée pour tous les gens qui continuent à travailler, parfois dans des conditions difficiles et souvent risquées pour leur santé, et qui permettent à ce que nous, les confinés (par la force des choses), puissions continuer à vivre « presque » normalement. Merci à eux.

Bon, pour ma pomme, du fait du confinement, ma boite est fermée, plus de travail.
Comme pour beaucoup d’entre nous, j’essaye de m’occuper à la maison, et quoi de mieux que de tenter de préparer cette hypothétique ouverture. Et comme j’ai le temps, je peux peaufiner les détails.
Les post faisant référence à des aménagements de barques et bateaux ont toujours la côte auprès des lecteurs.
On peut y piocher des idées, comparer les solutions, etc, … De plus, en cette période, un peu de lecture permet de passer le temps. Espérons que cet article ne déméritera pas.

Comme indiqué plus haut, j’ai décidé, à l’issue de la fermeture en janvier, de changer de bateau.
Vu les conditions actuelles, voire futures (surtout financières lorsque l’on est à son compte), je ne sais pas si ce choix peut être encore considéré comme judicieux. Mais bon, maintenant que le bateau est dans le garage, on ne peut plus reculer. Quand le vin est tiré, il faut le boire.

Ma vieille coque (un Rio 410 de 1973 et sa remorque du même millésime), avec 10 années de bons loyaux service à mes côtés, commençait à donner quelques signes de faiblesse. Rien de trop grave (en tout cas pour l’instant), mais j’appréciais de moins en moins le « traditionnel » chantier annuel d’entretien, avec atelier ponçage/résine/peinture pour tenter de garder ce bateau à flot dans le meilleur état possible.

Ce bateau est parti pour 3 francs six sous sur le bon coin en moins d’une heure, après récupération de quelques accessoires et du moteur avant.

En fonction du budget maximum que je m’étais alloué, plusieurs options étaient possible pour un nouveau bateau.
J’ai finalement opté pour la plus raisonnable, à savoir une aqua-pêche 370, bien que je ne sois pas hyper fan des coques rotomoulées en polyéthylène.

De nombreux amis pêcheurs l’ont adoptée, et je n’ai eu que des retours positifs de leur part.
De plus, la taille correspond à ce dont j’ai besoin pour mes sorties habituelles, le tableau arrière est compatible avec la longueur de l’arbre de mon thermique, et cette coque est relativement facile à aménager, tout en étant particulièrement stable sur l’eau.
Je me suis finalement décidé après avoir essayé celle d’un copain.

Une coque alu Smartliner était également dans les tuyaux, mais son tarif plus élevé, couplé au fait qu’il fallait également changer le thermique, m’ont fait renoncer à cette option.

Habituellement, lorsque l’on change de bateau, c’est souvent pour prendre plus gros. Dans mon cas, c’est le contraire. Je perds une trentaine de centimètre en longueur, mais quel gain de place dans le garage.
Les gars de Lorraine Nautisme, à Metz, m’ont proposé un très bon tarif, et j’ai choisi, sur les conseils de Sylvain, une remorque Rocca 551 pour l’accompagner.

Le choix de cette remorque me permet d’avoir un ensemble le plus compact possible, surtout en largeur, car mon garage est relativement étroit.
En effet, la largeur de voie de cette remorque n’est que de 1,66m, et les gardes boues ne débordent pas par rapport à la largeur de la coque de l’aqua-pêche.
Par contre, l’inconvénient de ce montage et qu’il place le bateau assez haut sur la remorque. Mais cela est largement compensé par le fait que le timon est cassant, ce qui facilite la mise à l’eau.
Cette remorque est équipée de roues 13 pouces, de deux patins easy-gliss avec galets, et de feux à LED étanches : Plus besoin de démonter la plaque avant de pousser la barque à l’eau.

La barque sur la remorque au départ de l’entrepôt

La première partie des travaux d’aménagement s’est déroulée chez mon père, et, je le précise, à une date ou on ne parlait pas encore d’un possible confinement de la population. J’ai pu bénéficier de son aide, et surtout de son magnifique combiné à bois pour les découpes et usinages des panneaux en CP marine.

L’aménagement que je vais réaliser est très minimaliste. Pas de pontage en règle, car je considère que ce n’est pas une très bonne solution sur des coques aux dimensions aussi réduites. Cet avis, très personnel, est forgé sur la pratique acquise de mes précédentes embarcations, et de ma petite expérience de pêche sur de gros bateaux, qui permettent, de par leurs dimensions, de ne pas avoir la sensation de pêcher sur un culbuto lorsqu’il y a un peu de houle.
Un pontage apporte certes quelques avantages pour des pêches particulières, mais l’expérience d’avoir possédé plusieurs barques et bateaux me fait privilégier maintenant un certain confort dans l’aménagement de ma nouvelle embarcation.

Le franc bord de l’aqua-pêche n’est pas très haut, et ne gène que très peu en power-fishing ou en linéaire. Et des sièges confortables sont appréciables en verticale, ainsi que pour casser la croûte à midi, surtout à nos ages (merci pour nos vertèbres …).

Prise des cotes et mesures

 

Préparation des panneaux avant découpe sur gabarit

 

Découpe du panneau qui supportera le moteur avant

 

Mise en place de la petite plateforme du coffre avant

 

Ajustement de la plaque moteur, qui rigidifie le nez du bateau

 

Les chants, une fois chanfreinés et poncés, sont enduits de plusieurs couches de vernis marine.
Tout le monde participe au chantier.

 

Après la pose du plancher avec les inserts filetés fournis, il faut ensuite refaire une plaque de couvercle de coffre à l’arrière dans un matériau plus rigide que le plastique d’origine, qui à tendance à se déformer sous la contrainte du siège.

 

Détail de la fixation de la plaque moteur. Sur les conseils de mon ami Christophe « Phoxynus », la fixation est traversante, car jugée plus rigide que la méthode par l’intérieur de la coque, avec passage des écrous par la trappe de visite.

 

Détail des pièces en inox  qui viennent épouser la forme de la gouttière. J’avais d’abord imaginé un demi-rond en polyamide, mais ce n’était pas assez rigide. Cette solution est moins jolie esthétiquement, mais solide.
La plaque est jointée au silicone afin d’éviter que de l’eau ne s’infiltre et ne stagne sous la plaque.

 

La platine de démontage rapide est fixée à l’aide d’écrous à frapper sous la plaque de CP. Le bateau étant amené à parfois coucher dehors, je prévois de pouvoir ne rien y laisser à bord qui ait de la valeur.

 

Le moteur en place … Et c’est là que les problèmes commencent.

 

Le bateau doit reculer sur la remorque, car sinon, plus possible d’ouvrir le coffre de la voiture.

 

Il faut reprendre le réglage de la butée

Autre problème : Le surplus de poids en proue occasionné par les plaques de CP et le moteur déséquilibre le bateau. Il s’appuie sur l’avant des patins de la remorque, et la coque se déforme dangereusement. Il va falloir ajouter un galet de soutient au niveau de la quille, à l’avant.
En plein confinement, mon magasin de nautisme local est fermé. Je choisi donc de commander par internet les pièces dont j’ai besoin.
Je trouve mon bonheur chez ASC REMORQUES. Les conseils donnés par téléphone sont pertinents, les tarifs corrects, et le choix d’accessoires très important. Espérons que le délai de livraison ne soit pas trop long.
J’en profite également, toujours sur les conseils de Sylvain, pour commander de quoi mettre en place des galets intermédiaires.

4 jours plus tard, le colis est à la maison

 

Préparation pour la mise en place du galet avant. La remorque est accrochée à la voiture, en sécurité, et je lève la coque au cric.

 

Mise en place et réglage du galet sur le timon

 

Passons au galet d’attaque et au galet intermédiaire. J’ai du commander les chandelles à part, ainsi que les brides de fixations.

 

Prise de mesure avant découpe à longueur

 

Après tronçonnage de la chandelle, il faut souder à l’arc le support de galet

 

Mise en place et réglage au cric du galet d’attaque, avant serrage des brides

 

Idem pour le galet intermédiaire

J’en vois arriver avec leurs gros sabots : Le zinc a brûlé sous la chaleur de la soudure, et ça va rouiller.

Pas de panique, il y a tout ce qu’il faut …

 

C’est pas aussi costaud qu’une vraie galvanisation à chaud, mais ça fera la blague.

 

Tous les galets sont en place

 

J’en profite également pour reprendre le réglage d’une des glissières.

Mais je ne suis pas encore au bout de mes peines. Toujours ce problème de poids à l’avant.

La plaque de tare indique 50kg maxi sur le timon. Après pesée, je dépasse allègrement les 75kg au niveau de la tête d’attelage. Il va falloir reprendre également le réglage de la position de l’essieu, afin de modifier le point d’équilibre de la remorque.

Le chassis de la remorque est posé sur l’essieu, la fixation et le réglage se font par les deux brides.

 

Toujours accrochée à la voiture en sécurité, je mets la remorque sur cales à l’arrière. Décidément, le cric est l’ami du pêcheur bricoleur.

 

Une fois les roues décollées du sol, il faut desserrer les brides, puis déplacer l’essieu vers l’avant. Une pesée tous les 5 centimètres. Au troisième coup, c’est bon.

 

La roue jockey sur le pèse personne

 

Voilà qui est mieux. Une fois retiré le poids de la roue jockey, puis disposé dans le coffre avant du bateau les accessoires de sécurités, on ne devrait pas dépasser les 50kg préconisés. De toute façon, je suis au maxi du réglage possible. Il ne reste plus qu’à resserrer les brides de l’essieu.

Ca y est, enfin terminé.
Le détail du la petite plateforme, avec la disposition de la batterie du moteur avant (mise en place uniquement en navigation, je transporte moteur thermique et batteries dans le coffre de la voiture). Cette petite plateforme permet de pêcher debout en hauteur, de faciliter la mise en oeuvre du moteur électrique, et de pouvoir aisément accéder dans le bateau lorsqu’il est échoué sur une plage.
Les deux sièges sont montés en « diagonale », afin d’équilibrer au mieux l’embarcation lors de la navigation.

Détail du coffre avant. Le plancher est simplement fixé sur le couvercle d’origine. Ce coffre accueillera tout le matériel de sécurité (gilets, pagaies démontables, etc …). Le profilé alu de renfort de rigidité est un peu balaise, mais c’est tout ce que j’avais sous la main à la maison (confinement oblige …).

La réalisation de ces aménagements n’a nécessité aucun perçage de la coque, hormis ceux de la plaque moteur à l’avant et ceux de la fixation du plancher.

Voilà, prêt à y aller … Quand on pourra y aller.

Merci à mon père et à ma chère et tendre pour le coup de main.

AB

 

 

 

About Axel Bechler

Principalement adepte de la pêche aux carnassiers et truites aux leurres et au mort-manié, essayant de garder un esprit curieux et ouvert, mais aussi parfois critique, sur le monde halieutique. Remettant le plus souvent mes prises à l'eau, je m'autorise néanmoins de temps à autre à conserver un poisson.
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5 Responses to Prêt pour l’ouverture, … en 2021 ???

  1. Yoann says:

    Salut Axel, tu as bien bosser.

    N’y connaissant pas grand chose en bateau, je me dit qu’il faut être bricoleur et avoir pas mal d’expérience pour se lancer dans un tel projet (et l’aboutir).

    Merci d’avoir partager l’article, j’ai bien aimé le lire.

    Yoann

  2. Salut Axel,
    L’Aqua-pêche m’aurait bien tenté aussi, mais les rotomoulées sont lourdes, très lourdes… Et quand tu as pas mal de kilomètres à faire pour aller pêcher, le budget carburant s’en ressent. On n’imagine pas combien on bouffe de litres d’essence en plus avec une remorque et un bateau au cul de la voiture!! C’est pourquoi j’ai opté pour l’alu, plus léger et sans entretien ou presque. Mais chapeau, tu as bien bossé pour alourdir encore plus ta barque 🙂 ! J’essaierai de venir l’essayer quand tout ce merdier sera terminé…
    Prends soin de toi.

    • Axel says:

      Jean Paul, je t’attends pour cet essai, bien sûr … Au plaisir de te recevoir chez nous !!!

      Axel

  3. Lavarenne says:

    Bravo pour cette réalisation,ça donne des idées.J’ai acheté la même barque en 2018 mais avec une remorque CBS qui me semble est plus longue que la tienne.J’ai aussi ajouté un galet avant et deux galets sur les côtés qui guide parfaitement la barque lors des « sorties d’eau  » les jours de grand vent.Pour l’instant,je n’ai pas fait de tranformations importantes si ce n’est l’ajout d’une sonde sur l’arrière et d’un taquet coinceur à poulie pour l’ancre .Je suis satisfait de mon achat.

  4. Bonjour axel. Ouille! Ça fait du boulot toute cette préparation! Ne désespérons pas ,si le confinement dure comme en Chine? On pechera en juin, par contre pas d’ouverture! Les carnassiers seront innatentifs les 1er temps, pas vu de vifs ni de leurres pendant longtemps! A quelque chose malheur est bon, les habituels bracos de sandres en fraye ne pourront pas sévir! Amitiés! !