L’aventure des marques pêche : VMC
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D’un bout à l’autre de la planète, il n’est pas une contrée, fusse-t-elle encore sauvage, qui n’ait pas vu un hameçon VMC. Ce petit accessoire qui nous relie au poisson a été inventé il y a bien longtemps à l’époque où l’homme n’était encore qu’un chasseur cueilleur. Désormais, une grande partie de la production mondiale vient d’une petite ville située dans le territoire de Belfort.

L’histoire de cette entreprise bicentenaire et familiale démarre en 1796 dans la petite ville de Grandvillars (90) où la famille Viellard possédait une entreprise de forges qu’elle souhaitait développer avec l’industrie de la visserie naissante. Jean-Baptiste Migeon fut cette année, nommé comme maître de forge à la tête de cette société.

Le temps passa et jean-Baptiste Migeon fut élu député du Haut Rhin en 1830, cinq ans plus tard sa fille épousa Juvénal Viellard et c’est en cette année 1835 qu’est née la société VMC pour Viellard, Migeon et Cie.

L’activité des forges se poursuivit normalement jusqu’à l’ arrivée d’un des descendants du fondateur, Charles Viellard. Celui-ci voulait diversifier sa production et cherchait un marché de niche pour ne pas avoir à subir la concurrence des forges plus importantes. C’est ainsi qu’il apprit que la plupart des hameçons employés par les pêcheurs professionnels et amateurs venaient d’ Angleterre. Il comprit qu’en les fabriquant il pouvait offrir un produit équivalent pour moins cher.  En 1910, Il fit donc venir à Grandvillars une dizaine de familles anglaises qu’il débaucha pour qu’ils fabriquent chez nous des hameçons.  La production démarra et les premiers hameçons furent vendus sous la marque « la bouée ».

 

En 1938, l’activité de VMC était florissante et la société décida de déménager quelques kilomètres plus loin à Morvillars pour y implanter une usine ultra moderne pour l’époque. C’est toujours cette usine qui produit les hameçons VMC à ce jour.

En 1950 la société employait 450 salariés  et était la numéro 1 sur le marché français mais l’international était encore difficile d’accès à cause d’une qualité d’acier en baisse après la guerre. Les années passèrent et la société végétait quelques peu voir même avait tendance à péricliter.

En 1969, Christophe Viellard prit la tête de VMC et lui donna une nouvelle impulsion. Son crédo était simple, faire de VMC une entreprise moderne et automatisée avec l’ambition de devenir le numéro 1 mondial de l’hameçon triple.

 

C’est ainsi qu’en 1973 nait VMC pêche pour se démarquer des autres productions, entreprise toujours détenue par la même famille. Les années 70 voient l’automatisation de nombreux process sur des machines uniques au monde et la capacité de production passe de 5 000 à 60 000 hameçons par jour.

La croissance se poursuivit  dans les années 80 et l’augmentation de la production permit à VMC Peche de créer des filiales internationales de distribution aux États Unis, en Allemagne, Pologne, URSS et Brésil.

Parallèlement, en 1981, s’inspirant de ce qui se faisait aux States avec l’Icast, VMC fut à l’origine de la création de l’association EFTTA qui organisa l’Efttex, le salon européen professionnel du matériel de pêche.

La société continua d’innover avec des hameçons de très haute technicité qui lui permirent d’équiper les meilleurs leurres puis en 2000 VMC fusionna avec Rapala pour donner le groupe Rapala VMC.

 

En 2010 l’usine VMC de Morvillars célébra ses 100 ans et reçu le titre d’entreprise du patrimoine vivant, une reconnaissance de l’état qui lui permit 10 ans plus tard, en 2020, d’être mise à l’honneur à L ‘ Élysée à l’occasion d’une exposition rassemblant les productions françaises qui rayonnent à l’étranger.

Dernièrement c’est Cyrille Viellard, fils de Christophe qui a été nommé Président dans la continuité de l’histoire familiale, une dynastie de l’hameçon ! Au niveau du marketing et du développement des produits on retrouve depuis deux ans à ce poste  Pierre Chapelle. j’ai fait sa connaissance il y a 8 ans et je le remercie de l’aide apportée pour la rédaction de cet article.

VMC est une marque qui sait vite d’adapter pour rester en phase avec le marché, c’est ainsi qu’elle est la seule au monde à proposer toute sa gamme de triples haut de gamme 75 avec ou sans ardillons.

La dernière innovation en date est le revêtement Coastal PTFE (polytétrafluoroéthylène, le nom commercial est le téflon). Ce polymère  augmente de 50 % le taux de pénétration par rapport au revêtement coastal black classique et le rend aussi 5 fois plus résistant à la corrosion qu’un PTFE basique.

 

Malgré une production locale dans une petite bourgade qu’on pourrait croire un peu perdue, VMC a aujourd’hui une stature mondiale puisque l’entreprise exporte 70 % de sa production dans 97 pays à travers le monde. Elle est le leader mondial de l’hameçon triple et équipe les plus célèbres marques de leurres, son catalogue propose plus de 10 000 références.  VMC Pêche possède une capacité de production journalière de 2 millions de pièces et emploie 150 personnes. L’usine de Morvillars vient de rouvrir après 2 semaines de fermeture à cause du coronavirus, du jamais vu dans l’histoire de VMC.

Je ne suis pas peu fier d’utiliser leurs produits au quotidien.

Relire mon article sur une visite chez VMC

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About sylvain l'esoxiste

53 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre esoxiste.com sur Facebook
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2 Responses to L’aventure des marques pêche : VMC

  1. Yoann says:

    Pour une fois que la France produit chez elle tout en étant leader dans ce même domaine… je pense que il doit y avoir mepps qui produit encore en France et le tour est fait.

    En tous cas,article intéressant 🙂

    @+
    Yoann

  2. Bonjour, vmc est une marque reconnue d’hameçons, j’en utilise régulièrement, et aussi,d’autres marques connues et de bonne facture aussi, bien sûr! La chose vitale est de ne pas utiliser des produits bas de gamme en hameçons, c’est tentant parfois, même moi qui a un budget réduit pour la pêche, j’évite! Exemple, à la truite je monte mes hameçons moi même, j’ai eu acheté du bon marché, mais quand tu en tord en mettant l’esche, ou sur un caillou, voir dans le bec d’une jolie truite, et qu’elle se sauve toute heureuse, mieux vaut utiliser du bon matos, au bout du compte tu est gagnant! !a+…