L’aventure des marques : Pezon et Michel
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Pezon et Michel est une très ancienne marque de matériel de pêche Française, il fut un temps où les cannes à mouche en bambou refendu fabriquées par cette société pêchaient dans les quatre coins du monde aux mains des célébrités.

L’histoire démarre en 1860 à Amboise où est crée une entreprise d’import et de distribution de matériel de pêche, la maison BONGENDRE. Celle-ci va employer une vingtaine de salariés et outre les cannes, ce sont des filets et beaucoup d’accessoires qui transitaient par cette société.  La véritable histoire de Pezon et Michel démarre en 1895 lorsque Gustave Pezon, un marchand drapier,  s’associe avec plusieurs personnes et rachète cette entreprise qui ne fabrique encore pas de cannes à pêche.

Gustave Pezon

 

Quelques années plus tard, après avoir racheté les parts de ses associés, Gustave passe la main en 1913 à son fils Pierre PEZON et à son gendre Jean MICHEL. C’ est donc à cette date que naît officiellement la marque Pezon et Michel que nous connaissons encore.

La première guerre mondiale passe, nous arrivons en 1924 ou Pezon et Michel poursuit son développement en installant son siège social rue de Nazareth à Paris, c’est cette même année qu’André Pezon, frère de Pierre, prend la direction de la société.

En 1929, un autre frère, Jean Pezon arrive dans la société et comprend que l’entreprise pourrait se développer si elle fabriquait ses propres cannes à Pêche. Pour cela il entame un développement en rachetant deux entreprises bourguignonnes, entre autres, spécialisées dans le montage des cannes et maîtrisant la technique du bambou refendu.

Pierre Pezon

La toute première canne Pezon et Michel est alors fabriquée à Dijon avant que toute la production ne soit relocalisée à Amboise en 1934.

A cette période du 20ième siècle, la pêche en tant que loisir a pris un énorme essor partout dans le monde et les cannes Pezon et Michel ont acquis une excellente réputation, la société se développe donc à un bon rythme.

Arrive le moulinet à tambour fixe et Pezon et Michel s’empare de ce produit en 1935 en créant la marque Luxor et son modèle phare de moulinet qui reste un monument pour nombre de pêcheurs. 1936 c’est  l’année des premiers congés payés qui permettent aux urbains de retrouver la campagne et par là, d’investir dans du matériel de pêche au lancer léger comme on l’appelle à cette époque.  La canne, sensiblement dans le même esprit que les actuelles, est un lancer de 2m à 2,5m en bambou refendu.

1937 voit arriver une légende de la pêche, M. Charles Ritz, moucheur émérite qui en tant que conseiller technique, va œuvrer et créer des cannes  pour Pezon et Michel, celles-ci resteront au catalogue jusqu’à la fin de la société.

1940 c’est une autre légende qui collabore à Pezon et Michel, Ernest Hemingway. Avec de tels ambassadeurs la marque française conquiert tous les marchés à l’étranger et continue son développement. C’est ainsi qu’elle collaborera avec nombre de personnalités de la pêche de l’ époque qui assiéront sa réputation internationale.

En 1946, juste après la seconde guerre mondiale, Pezon et Michel employait 225 salariés. Ils seront 300 à l’apogée de la marque dans les années 60.

Usine Pezon et Michel du début du siècle

 

Dans les années 60 puis les années 70 arrivent la fibre de verre et la fibre de carbone. Pezon et Michel refuse de travailler avec ces nouvelles fibres et se met à perdre petit à petit des parts de marché.  Le coup de grâce arrive en 1975 lorsque les héritiers vendent la société à la marque de matériels de chasse italienne Franchi. A partir de là, Pezon et Michel coule inexorablement et les ventes s’effondrent.

Jean Pezon

En 1999 la société Pezon et Michel fermera ses portes, victime de la concurrence internationale et peu encline à se renouveler dans le domaine des pêches à la mode.  Elle sera rachetée et déménagera pour St Brieuc où un artisan tentera de faire perdurer ces cannes d’exception. Il finira par la vendre quelques années plus tard en 2003.

Pour autant la marque existe toujours et son esprit l’ anime encore car elle a été rachetée par une autre grande marque française : Sensas.  N’oublions pas que Sensas, pour nous pêcheur de carnassiers et la marque mère des produits Illex et Gunki, Gunki étant la marque carnassier issue de Pezon et Michel.

Sensas a racheté le stock de bambou refendus et de pièces détachées qui permettent encore aujourd’hui aux possesseurs de cannes à mouche en bambou Pezon et Michel de les faire réparer.

Pezon et Michel ne fabrique plus de cannes en bambou refendu, c’est devenu une entreprise classique de vente de matériel de pêche qui propose des cannes carnassiers ou truite, des équipements qui vont de l’émerillon au textile en restant sur un marché orienté vers la pêche classique et en laissant la pêche aux leurres à sa division Gunki.

 

Pezon et Michel ainsi que Mitchell furent les fleurons de l’industrie pêche en France avant que celle-ci ne périclite. Il nous reste des souvenirs de ce que fut notre pays par le passé…

Gardez la pêche

Visitez le site internet de Pezon et Michel

 

About sylvain l'esoxiste

53 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre esoxiste.com sur Facebook
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8 Responses to L’aventure des marques : Pezon et Michel

  1. Bonjour, la société pézon et Michel ayant eu son siège à amboise, les fameux hameçons bussy d’amboise, on t’il connu leur naissance la bas?

  2. Jean-Jacques Chalvin says:

    Pezon et Michel a fabriqué d’excellentes cannes au coup loisirs et compétition les LUXOR et a été le premier à utiliser la fibre de bore pour ces rallonges de cannes. La Luxor concours utilisé par J.Morzières et H.Durozier entre autres était un petit bijou à l’époque. Ensuite toujours sous l’appellation Luxor, des cannes poisson mort manié et vairon mort ont vu le jour et il me semble une canne poisson mort manié à talon réglable mais la concurrence de la Drachko mort manié chez Garbolino qui dominait tout le marché a fait beaucoup d’ombre à Pezon et Michel qui finira par disparaitre ou du moins continuer une petite production de cannes à mouches…