Enorme truite fario sauvage de Côte d’ Or

Ce département riverain du mien abrite en son sein de très belles rivières où les truites sauvages n’ont rien à envier à celles du Jura voisin.  J’avais déjà battu mon record il y a quelques années sur l’Ouche avec une 50 cm et cette fois c’est sur la Tille avec une magnifique 53 cm.

C’est à l’invitation de Bertrand, Martin le Héron pour les intimes, que j’ai répondu en cette semaine de début juin pour une grosse matinée à crapahuter dans les bois pour traquer les belles truites. Le parcours nokill grosses arcs de Crimolois étant envahi de végétation, nous ne pratiquerons que sur un parcours sur la Tille près de Dijon.

 

Arrivé pour 7h00, café et croissant offert par mon hôte, météo estivale et départ pour cette matinée où nous enchainerons les kilomètres de marche en milieu encombré. La rivière est splendide, large, profonde et cristalline. Nous voyons pas mal de truites en poste ou en train de patrouiller mais celles-ci fuient lorsque je jette mon poisson nageur à proximité pour se caver dans leur caches habituelles.

 

Arrivé à la fin du premier parcours, nous avons vu plus de 15 grosses truites et Bertrand en a décroché quelques unes au ver de terre quand à moi pas la moindre tape, tous mes leurres y sont passés et n’ont fait que semer l’effroi chez les farios. Arrivés à la fin donc, je demande à Bertrand de me prêter un hameçon et quelques vers de terre. Un bon pêcheur doit utiliser la technique la plus efficace et non celle qui est à la mode.

Bien m’en a pris puisqu’en remontant Bertrand  repère une truite occupée à se nourrir juste sur la bordure. On ne voit que sa grosse caudale qui gigote, je m’approche précautionneusement et jette mon ver au ras de la bordure. Deux secondes d’attente et mon fil se tend, ferrage et un combat de malade s’engage.

 

Les grosses truites, surtout les sauvages, ont du jus à revendre et celle là ne se laisse pas faire. Tant est si bien qu’à la fin d’un rush de malade elle arrive à se diriger vers ce qui semble être sa cache habituelle et s’emmêle dans une branche. J’ai eu beau essayer de la brider mais on ne bride pas un missile avec une canne ML.

La truite s’agite au bout de la branche et je pense que je vais la perdre mais le montage tient bon. Bertrand, équipé de waders, descend dans la rivière et arrive à la mettre dans l’épuisette. J’exulte, je tiens une énorme farios à la robe cuivrée. Verdict à la toise, 53 cm, j’ai battu mon record sur ce mâle légèrement bécard.

Photos, réanimation, et la belle repart sous ses branches se reposer de ce combat.  Je m’assois deux minutes le temps de refaire mon montage et surtout le temps de me calmer. L’adrénaline redescent et j’ai mon petit moment de plénitude que connaissent tous ceux qui ont pris un poisson d’exception. On est loin des truites morvandelles où une 40 est le poisson d’une vie ou presque.

 

Nous remontons le parcours en jetant régulièrement un œil ans la rivière mais les truites sont cavées sous les berges creuses. En amont du parcours nous en apercevons deux de plus de 40 cm mais pas moyen de les faire mordre.

Sur un poste très connu de Bertrand, je repère la truite en poste, elle mesure bien 50 cm ou plus et reste immobile à 15 cm d’un banc de vairons. Je lui pose le ver sous le nez mais elle se décale et se laisse descendre portée par le courant pour regagner sa cache. Mais Bertrand est en embuscade et la truite surprise par sa présence remonte très vite vers moi et fonce sur les vairons qui s’en prenaient à mon ver. Un instant je crois qu’elle va le gober mais elle l’inspecte et redescend le courant à fond… Dommage mais la tactique de tenaille a failli réussir.

Un peu plus haut nous croisons des pêcheurs, ce qui explique que le secteur est vide  de toute activité. Nous poussons plus loin en crapahutant au milieu des orties et des arbres morts pour atteindre la fin du parcours amont. Dans un creux sur la bordure Bertrand repère deux farios en activités qui semblent jouer ensemble. Son ver se fait avaler sur une animation et une truite de 40 cm commence le combat. Bertrand me donne sa canne le temps de descendre l’épuiser et je vois la seconde truite accompagner le combat de la première dans cette eau ultra claire, je n’avais jamais vu cela auparavant.

 

Une fois dans l’épuisette c’est la rapide photo et le relâcher salvateur sur ce parcours où seuls les hameçons simple sans ardillons et le nokill sont autorisés.

Fin du parcours, fin de la matinée vers 13h00 et retour vers la voiture après un bon gros quart d’heure de marche forcée. Les pieds dans les bottes ont dégusté, que dire de ceux de Bertrand dans ses waders avec la chaleur mais je nage dans le bonheur, j’ai pris une grosse sauvage.

Un énorme merci à Bertrand, par ailleurs président d’ AAPPMA qui applique lui aussi cette gestion Nokill sur son parcours. Les truites de Côte d’Or sont magnifiques et très méfiantes. Nous avons même vu des ombres de taille corrects dans le lit de la rivière.

 

Bye la Tille, je suis sûr de revenir l’année prochaine car Bertrand en a fait une de 60 cm cette année, ça cause une truite fario sauvage de 60 cm !!! Voilà mon objectif pour 2023.

Gardez la pêche, et garde moi une grosse truite Bertrand, encore merci de cette invitation.

 

2 réflexions au sujet de “Enorme truite fario sauvage de Côte d’ Or”

  1. Quel poisson et cet article est intéressant. Juste une question quelle a été la technique utilisée, quel montage a été réalisé ?
    Merci

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