Une semaine de pêche au lac d’ Hourtin (33)
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Depuis le temps que je rêvais d’aller pêcher sur un des grands lacs landais dont celui d’Hourtin, j’ai enfin pu réaliser mon fantasme ces dernières semaines en séjournant une semaine au bord du plus grand lac français qui ne soit pas d’origine glaciaire.

Le lac d’ Hourtin ou de Carcans selon qu’on soit habitant d’ Hourtin ou de Carcans est un gigantesque lac de 5800 hectares qui mesure 18 km de long pour 5 km de large.  La particularité de ce lac et des autres lacs landais est d’être constitué d’eau douce piégée derrière une grosse dune avec l’Océan de l’autre côté.

On aura donc de très faibles profondeurs coté terre et une profondeur plus importante côté dune, c’est d’ailleurs ce qui m’a le plus surpris avec une bonne moitié de ce lac qui n’est guère plus profond que 2 m et des passages avec seulement 0,8 m d’eau.

Nous sommes donc arrivés samedi 21 septembre après 8h de périple automobile qui s’est conclu par un bon apéro sur la terrasse d’un bungalow qu’un ami avait mis à notre disposition pour ce séjour. Auparavant, en allant visiter la mise à l’eau nous aurons le plaisir de croiser Thomas qui tient le site Leurredelapeche.fr et qui est installé à côté de la mise à l’eau. Merci pour ses conseils avisés.

 

Après une bonne nuit réparatrice, direction la mise à l’eau au port  d’Hourtin en compagnie de notre hôte Serge qui va nous accompagner avec Karine sur son bass boat afin de nous montrer quelques coins sur cette immensité.

Nous démarrons à l’aube sous un matin gris et pluvieux en mettant le cap sur le port du Gaouléou qui est un poste classique à perches et qui est souvent moins venté que le reste du lac.  Nous capturons quelques perches de 25 avant de quitter la zone pour partir sur le port de Piquerot où nous allons trouver les perches entre les bateaux amarrés.  Nos amis ont choisi l’option dérive en pleine eau à proximité et bien leur en a pris puisque Karine mettra au sec ce superbe 92 cm pris à l’ondulante.

 

Nous quittons cette zone protégée du vent en empruntant un chenal balisé car le fond est ici vraiment peu important avec 0,7m au mini dans le chenal.  Serge nous montre ensuite une zone un peu perdue au milieu de nulle part qui pourrait accueillir des brochets mais après une demi-heure de dérive, RAS sur le coin que nous quittons.

Il nous emmène ensuite le long de la côte ouest du lac et nous désigne quelques points puis nous faisons halte sur un endroit paradisiaque où nous beachons les bateaux, c’est magnifique, on se croirait dans un lagon sous les tropiques.

 

Direction ensuite une zone en plein centre du lac ou Serge prend régulièrement du poisson. Cette fois ci il piquera un 75 cm mais rien pour nous qui sommes vraiment chahutés par le vent soufflant à plus de 30 km/h.

Nous rentrons au port en espérant que le lendemain soit plus facile. Lundi matin je me lève et le vent souffle déjà fort, arrivés au port nous oublions la zone centrale pour filer sur le Galouéou où nous ferons quelques poissons, petits brochets et perches puis lorsque le vent sera installé nous partirons pour Picquerot. Cette fois ci les perches sont mordeuses et me font la misère sur un leurre souple en forme de crevette ( OSP Dolive Shrimp) très efficace. J’aurais au moins 20 touches loupées et plusieurs leurres HS. Après le casse-croûte, le vent soufflant toujours trop fort (entre 30 et 40 km/h avec des creux de près d’1 m), nous resterons sur zone pour pêcher les bordures. Quelques petits brochets, quelques perches et enfin pour moi le joli poisson : C’est un bec de 86 cm qui aura mordu sur un Deraball Illex. Je le garderai dans le vivier le temps qu’il se refasse une santé et que la pluie cesse pour les photos.

 

Nous rentrerons à 16h30 avec une traversée épique où tout le monde aura apprécié d’être équipé de vêtements nautiques.

Mardi et mercredi, la météo est exécrable et nous en profitons pour faire un peu de tourisme. L’ Océan,Carcans, le lac de Lacanau et un petit tour à Cestas au centre de conception Caperlan de Decathlon, le  bass pro shop Français avec une surface de vente consacrée à la pêche juste impressionnante. Le soir en arrivant au camping, la famille des cervidés nous fait l’honneur de sa présence au bord du camping, juste impressionnant pour un chasseur comme moi qui n’avais jamais vu de cerfs sauf en parc.

 

Jeudi, la météo s’annonce un peu mieux avec du soleil mais toujours ce vent qui souffle fort. Nous partons de bon matin sur le sud du lac au niveau du port de la pointe de Coben. Nous pêcherons avec application la zone qui normalement recèle du poisson mais sans grand résultat à part quelques brochetons. Nous quitterons cette zone pour remonter au nord vers le centre du lac en face de la pointe de Bombannes et j’enchaînerai alors les dérives en me servant du sondeur pour ne jamais repasser sur un poste. Il y a entre 4 et 5 m de fond et les touches arrivent près des herbiers situés à 4,5 m.  Ce jour sera celui de ma scoumoune où je ne piquerai pas un seul poisson, je laisserai mes coéquipiers prendre du bec et je pêcherais big bait dans l’espoir de faire un gros mais rien.

 

Cathy et Patoche enchaîneront plusieurs petits brochets en 45 et 60 cm puis Cathy annoncera pendu sur du lourd. Durant 10 secondes j’aurai eu peur qu’elle ne me sorte un très gros brochet mais ensuite en regardant le scion j’ai vite compris qu’un bon gros glane s’était invité sur son Divinator.

Après 10 longues minutes de combat où le glane va malmener les bras de Cathy, il arrivera enfin à l’épuisette. C’est un beau poisson d’au moins 1,3m qui aura livré un magnifique combat.

Nous rentrerons ensuite en nous faisant doucher par un lac bien agité avant de terminer sur la zone de Pyquerot où nous trouverons des belles perches en maraude mais celles-ci refusaient tous nos leurres. Nous en prendrons quelques-unes mais les jolies 35/40 que j’apercevrai se balader au milieu d’un énorme banc de gardons ont snobé tous nos leurres.

 

Dernier jour, un peu plus gris que la veille avec un vent déjà très fort le matin donc direction le  Gaouléou où je finis par trouver enfin le banc de perches actives. Elles sont justes sur la bordure et sont mordeuses si tant est qu’on réussisse à lancer pile au bon endroit. Cette fois c’est au drop avec  des vers canadiens et des leurres souples imitation écrevisses que nous ramènerons au vivier pas moins de 22 perches dont une dizaine de plus de 30 cm. A un moment, en ramenant mon double drop avec 2 perches je verrai un brochet attaquer mes prises et j’ai réussi in extremis à les lui souffler sous le nez. Patoche le piquera une demi-heure après, il mesurait 66 cm.

Ce matin là Cathy nous démontrera qu’une cuiller ondulante est toujours et restera à jamais un excellent leurre, elle nous piquera un brochet de 70 et plusieurs autres plus petits.

 

Le vent tombant un peu vers 13h nous partirons au centre du lac pour une série de dérives et Cathy pétera encore les scores avec plusieurs brochets justes maillés ou justes en dessous des 60 cm, Patoche en prendra aussi et je sauverai mon honneur avec une riquette.

Nous rentrerons au port à 17h30, moins trempés que d’habitude mais tout est relatif, nous étions bien douchés quand même.  Ces quatre sorties m’auront permis de découvrir que l’ Esoxiste IV, un Escape 165 d’ Alumacraft passe vraiment facilement dans la vague. Certes nous avons été douchés à de multiples reprises car j’ai voulu aller vite et couper les vagues de travers  mais à aucun moment nous n’avons eu de vague submergeantes comme par le passé avec le bass boat. Ce bateau est très sécurisant sur ces grands biotopes lorsque ça secoue, et à part des bateaux cabines, je n’ai croisé que deux bass boats sur ces quatre sorties. Je ferais mon malin si je vous disais qu’à aucun moment je n’ai eu les chocottes mais ça secouait fort. Le jeudi en arrivant au chenal du port, hyper trempé, j’avais des crampes dans les doigts tellement j’avais été crispé sur le volant durant cette demi heure de navigation délicate.

 

Hourtin n’est pas facile et ne se livre pas au premier venu, c’est bien normal, on ne peut bien pêcher une telle surface en quelques jours seulement mais j’aurais pris beaucoup de plaisir à naviguer et à pêcher sur cette immensité du Médoc.

Que retenir de ce séjour ? De beaux poissons bien bagarreurs et aux couleurs surprenantes (coloris cuivrés), un lac immense mais bien balisé, un port de plus de 300 places avec une capitainerie jamais ouverte (tant mieux pour nous), les levers de soleil superbes, le brame du cerf au ras du camping le soir, les biches, daguets et faons sur le bord de la route lorsqu’on part mettre à l’eau….

Un grand merci à Serge Forgeron, patron du camping « le bon coin » à Hourtin  et ancien compétiteur du Défi Est qui nous a accueilli alors que le camping venait juste de fermer pour les estivants. Merci Serge, ta région d’adoption est superbe et tes judicieux conseils de pêche nous ont permis de ne pas faire capot.

Il me reste tant de lacs à découvrir mais celui gardera une place privilégiée dans mes souvenirs.

Gardez la pêche.

Découvrez le camping « le bon coin » à  Hourtin

Découvrez la boutique web pêche leurredelapeche

Découvrez la page consacrée à ce lac: Le lac de Carcans  Hourtin

 

About sylvain l'esoxiste

52 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour Planète Carnassiers, 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre esoxiste.com sur Facebook
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4 Responses to Une semaine de pêche au lac d’ Hourtin (33)

  1. Axel says:

    5800 hectares … De quoi voir venir. Dommage que du fait de sa proximité avec l’océan, ce plan d’eau soit souvent sujet aux vents maritimes.
    Vous ne vous en sortez pourtant pas si mal niveau pêche !!!
    Axel

  2. Bonjour, belles prises je vois pour cette nouvelle escapade! ☺ .