Le péché du pêcheur

Note d’esoxiste.com: L’ auteur de ce texte, Julien Bénard Capelle m’a demandé de publier cet article dans le contexte actuel de la volonté de vouloir faire interdire la pêche par une association julien benard capelle2animaliste sur Paris.  Ce texte date de 2014, il n’a pas été mis à jour mais nous livre une réflexion judicieuse.

Droit à la prédation contre droit à l’empathie

Julien Bénard-Capelle

Parce que nous relâchons nos poissons, nous avons le sentiment de les protéger et de les respecter bien plus que ceux qui les prélèvent. Il n’est pas rare de voir des pêcheurs déposer un symbolique baiser sur la tête de leur prise ou de les appeler “compagnons de jeu”.
Pourtant en Suisse, il y a quelques années, la réalité légale est venue heurter de plein fouet cette conception : il y est désormais interdit de relâcher les poissons capturés [1&2].
D’où vient-il que l’évolution légale suisse aille à l’exact inverse de celle que nous souhaitons (à savoir attraper autant de poissons que nous le voulons mais tout remettre à l’eau), nous qui nous réclamons d’une pêche respectueuse des poissons et du milieu ? Les suisses seraient ils des anti-écologistes réactionnaires ? Pas tout à fait…
Pour moi, cela provient deux façons radicalement différentes de considérer les poissons. Nous les voyons essentiellement comme une ressource à gérer. Pêcher est un droit et à travers notre volonté de propager le “catch and release” c’est lui que nous protégeons, pour nous-mêmes et pour les autres, pour aujourd’hui et pour demain. En Suisse ce n’est pas le droit des hommes qu’on affirme protéger, mais celui des animaux : leur droit à ne pas souffrir. C’est l’argument d’une partie des militants pour les droits des animaux en tant que tels et qui se réclament d’un « anti-spécisme », comme on peut parler d’ « anti-racisme ».

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Stress et nociception

Car les poissons souffrent à n’en pas douter. La douleur est un des modes de gestion du stress qui a pour objectif biologique de déclencher toute une série de réactions qui visent à éviter les situations dangereuses pour l’organisme. Tous les êtres vivants sont dotés de mécanismes de gestion du stress. Si vous voulez vous en persuader, tapez dans un moteur de recherche de publications scientifiques comme www.pubmed.com les termes “stress” et “bacteria” et vous croulerez sous un déluge de dizaines de milliers d’articles.
Mais la vraie question à l’origine de la loi suisse n’est pas de savoir si les bactéries ou les poissons souffrent, mais s’ils souffrent comme nous, s’il est légitime dans ce cas de faire ce qu’on appelle de l’anthropomorphisme. En effet, leur accorder un droit qui est au départ un droit humain nécessite qu’on puisse en partie les assimiler à notre condition, que l’on puisse utiliser les mêmes mots pour décrire des réalités semblables. Est ce le cas pour la douleur ?
Chez tous les vertébrés terrestres, les mécanismes de perception de la douleur se ressemblent énormément. Pour les distinguer des mécanismes de tout le reste du vivant, on appelle ça la nociception (c’est à dire la perception des stimuli nocifs). La question est donc de savoir si c’est aussi le cas des poissons. Le débat a semble t-il parfois été rude. Je vous passe les détails techniques que je ne maîtrise pas moi-même, mais la conclusion -vous vous en doutez- est que oui, les poissons ressentent la douleur d’une manière semblable à la notre [3] (NDLR: La dernière étude sur le sujet précise que les poissons ne ressentiraient pas consciemment la douleur).
Et là démarre un autre débat, qui risque de durer un petit moment : que font les poissons de leur perception de la douleur ? Est-elle associée à des émotions négatives ? Quelle conscience, quelle mémoire en ont ils ? Ont ils comme nous d’autres états émotionnels comme la peur ou la faim [4]? L’absence -pour le moment- de réponse à ces questions est clairement en faveur de la position la plus conservatrice : la nôtre. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir à la portée de nos gestes. Nous faisons souffrir ces bêtes pour notre plaisir, c’est un fait et notre position n’est moralement pas facile à tenir.

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Souffrir et puis mourir

Mais la position adverse non plus… Dans le cas suisse, elle aboutit à une contradiction de taille : mieux vaut mourir que souffrir. Certes, un poisson capturé ne souffre qu’une seule fois, mais c’est au prix de ce que la souffrance a justement pour but d’éviter : la mort. Quitte à appliquer des règles humaines à des poissons, faisons le chemin inverse … accepterions-nous cela pour nous-mêmes ? Il existe un cas extrême où la douleur et la mort se côtoient de près : l’euthanasie. Mais il s’agit uniquement de cas où l’amplification des souffrances et la mort à court terme sont certaines, ce qui n’est pas le cas pour la plupart des poissons pris à la ligne. Demandez aux grosses mémères bedonnantes qui peuplent les carpodromes !
Cela dit, en pêchant à 40m de fond (parfois 100 !) ou en laissant de longues minutes les brochets avaler des vifs pleins de triples, nous condamnons sciemment ces poissons à beaucoup de souffrances et à une mort quasi-certaine. Mais nous sommes déjà un peu sensibilisés à cet argument -enfin j’espère!- et quand nous décidons de garder un poisson, c’est en général qu’il est très mal en point.

Droit des animaux…

Autre difficulté des « anti-spécistes » : il serait stupide d’accorder les mêmes droits à toutes les espèces peuplant notre planète. Je ne crois pas que quiconque prétende donner les mêmes droits aux humains et aux moustiques, sans parler de l’être unicellulaire qui cause le paludisme, entraînant des millions de morts. Et d’ailleurs nous n’avons pas les mêmes besoins ni la même biologie et en conséquence il faudrait élaborer un droit pour chacune des espèces peuplant la terre. Soit plusieurs millions, dont on ne connaît qu’une petite partie. Bref, on n’a pas fini. Et puis les conflits entre ces différents droits n’en finiraient pas d’emplir les cours de justice.
Pourtant la question des droits des animaux semble tomber sous le sens : nous sommes tous choqués des mauvais traitements infligés aux chats, aux chiens, aux chevaux, aux singes… Le problème c’est que nous ne le sommes pas quand il s’agit d’araignées, de mouches ou de serpents. Ceux là ne sont pas trop défendus par les défenseurs des droits des animaux, mais plutôt par les écologistes soucieux de ne pas abîmer notre écosystème terrien encore un peu plus. Ce sont des logiques bien différentes, même si elles cohabitent parfois chez les mêmes personnes.

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… ou droit à l’empathie ?

En fait, ce qui se cache derrière ces arguments n’est probablement pas un droit pour les animaux, mais encore un droit humain : celui de ne pas être choqué par les mauvais traitements infligés aux animaux. Au cœur de cet argument est l’empathie. Elle désigne la capacité à ressentir pour soi les émotions observées chez les autres, à « se mettre à la place de l’autre ». C’est ce qui nous fait pleurer quand un personnage de film pleure. Il se trouve que nous sommes également capables d’avoir de l’empathie pour des chatons et des poissons à partir du moment où nous sommes capables de leur prêter (à tort ou à raison) des émotions que nous ressentons nous-mêmes. Voir un animal souffrir nous fait souffrir, et je pense que c’est ici que prend son origine la volonté de préserver les poissons des souffrances liées à la pêche. Mais cela dépend évidemment de notre capacité à avoir accès à l’expression de la douleur des autres. Pour nous, observateurs humains, les mouches souffrent en silence, pas les chiens.
De là découle aussi l’idée que les actes cruels envers les animaux peuvent s’étendre aux êtres humains : « qui n’aime pas les bêtes n’aime pas les gens ». C’est un argument qui nous paraît évident. Un enfant qui torture un chat va directement chez le psy, parce que son système d’empathie ne fonctionne probablement pas bien et que ça risque d’être gênant. Mais qu’il arrache les pattes des sauterelles et il aura juste droit à un petit sermon. Quoi qu’il en soit, cela révèle la même chose : en affirmant protéger les bêtes, on protège en fait les gens.

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Le plaisir caché

La loi suisse conserve tout de même le droit humain à pêcher pour prélever et consommer. La vision des poissons en tant que ressource n’a donc pas complétement disparu. Et à vrai dire, le plaisir du pêcheur non plus puisque le plaisir de la capture est inclus dans le droit à la consommation. Dire que maintenant les pêcheurs suisses ne pêchent plus que pour consommer et ne font plus souffrir les poissons, c’est se cacher derrière son petit doigt.
Pour aller au bout de la logique de la loi suisse, il faudrait donc séparer le plaisir -considéré illégitime- lié à la capture et le plaisir lié à la consommation qui serait, lui, légitime. Une manière de supprimer le premier tout en conservant le second aurait été de n’autoriser que quelques personnes -des pêcheurs professionnels- à prélever les poissons et à les mettre à la disposition des autres. En bref, interdire purement et simplement la pêche de loisir. Cette loi, au moins en ce qui concerne la pêche, me paraît donc de courte portée. C’est un compromis, mais un mauvais compromis pour tout le monde. Elle ne supprime pas la souffrance ni le plaisir de la capture puisque la pêche, notamment de loisir, est toujours autorisée. Et elle est mauvaise pour les peuplements piscicoles puisqu’elle empêche la propagation de toute forme de pêche raisonnée.

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De l’individu à la ressource, et vice-versa

Mais voilà qu’au mois de décembre dernier (NDLR 2014), la situation a changé. Les autorités suisses ont publié un document d’ « Aide à l’éxécution » [5], qui vise à préciser les contours de la loi, et dont la page de garde montre, pleine page, la relâche d’un ombre ! Oublions la première partie de ce document, anecdotique et consacrée à la façon légale de mettre à mort les poissons de moins de 22cm. La deuxième partie en revanche est des plus intéressantes. Elle explique que l’intérêt écologique prime -si le pêcheur le souhaite- sur l’obligation de tuer tout poisson pris à la ligne. Tout est ici une subtile question d’interprétation des textes. L’ordonnance de 2008 vient avec un commentaire, qui précise un peu les termes flous et introduit des exceptions. C’est dans ce fameux commentaire qu’au détour d’une phrase arrive le principe écologique. Et dans le document d’aide à l’éxécution, l’interprétation qui en est faite est largement en faveur de la relâche.
Deux manières de considérer les poissons s’affrontent donc au sein de la même loi. L’une considère les poissons comme des individus auxquels il faut épargner la souffrance, même s’il faut pour cela les tuer. L’autre les voit comme une ressource qu’il faut protéger, même si les poissons relâchés ont souffert.
La superposition de ces textes laisse comme un sentiment de confusion à un pêcheur français… Il reste possible en Suisse de pêcher et de remettre des poissons à l’eau. C’est même implicitement recommandé dans l’ « aide à l’exécution » puisqu’il est précisé que « Chaque poisson survivant a une importance écologique pour la population ». Excusez du peu ! Mais toute tentative d’organiser une pêche respectueuse de ce principe reste vigoureusement condamnée : pas de parcours no-kill, pas de mise en valeur des pratiques de relâche, pas de réseau… pas de magazine comme celui-ci.
Il y aurait beaucoup d’autres choses à dire sur cette loi et sur la pêche actuelle en Suisse : la nécessité de faire un stage pour avoir le droit de pêcher, l’interdiction des ardillons ou de la pêche au vif, le placement du black-bass sur la liste des espèces invasives… Mais je crois que la question fondamentale que pose cette loi est la suivante : peut-on interdire à un citoyen de pêcher ?

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Tous des Predators

Car la loi suisse ne touche à ce droit. Et si les pêcheurs épargnent les poissons, c’est pour en pêcher plus, encore et encore ! Pêcher est pour nous plus important que manger parce que nous éprouvons du plaisir à la traque et à la capture, ce que l’on pourrait appeler un plaisir de prédation. Il est probablement profondément ancré dans notre patrimoine génétique. Je crois qu’il s’agit d’un puissant instinct, hérité de millions d’années de dépendance à la chasse et à la cueillette car l’homme n’est devenu agriculteur que très récemment, il y a à peine quelques milliers d’années. Cet instinct de prédation n’est pourtant pas également partagé : il est facile de voir, par exemple dans un groupe d’enfants, qui va accrocher à la pêche et qui cela va laisser indifférent. Ce n’est pas non plus un besoin vital : nous pouvons très bien nous en passer et mener une vie normale. Pour ces deux raisons, il est difficilement défendable comme un droit humain fondamental.
Toute la question est donc de savoir dans quelle mesure le droit de satisfaire un instinct qui ne lèse pas les autres humains (si la ressource est bien gérée) est opposable au droit, également légitime, à ne pas voir des animaux souffrir -ou juste à ne pas savoir que cela peut arriver.
En tant que pêcheurs, nous avons tous choisi notre camp. Mais combien d’entre nous sont contre la corrida ou voient le déterrage des blaireaux d’un très mauvais œil ?
La société évolue, la pêche évolue et nous avec. Continuer de pêcher ne doit pas nous empêcher de continuer à réfléchir.

Références

[1] Ordonnance fédérale pour la protection des animaux du 23 avril 2008. L’interdiction du no-kill et de la pêche au vif est décrite dans l’article 23 (page 10). On notera la portée de la loi précisée dans l’article 1 : « vertébrés, céphalopodes et décapodes marcheurs » (« décapodes marcheurs » vise les écrevisses).
[2] Loi de Protection des Animaux du 16 décembre 2005, dont découle l’Ordonnance.
[3] Sneddon, L. U. (2009) Pain perception in fish : indicators and endpoints. ILAR Journal, 50(4) :338-342.
Une courte revue de la litterature scientifique sur la nociception chez les poissons.
[4] Braith, W.A. et Boulcott, P. (2007) Pain perception, aversion and fear in fish. Dis Aquat Org 75: 131–138
Une autre revue montrant que la réponse des poissons à la douleur n’est pas juste un réflexe mais implique un traitement cognitif complexe.
[5] OFEV/OSAV (2014) Aide à l’éxécution : Pêche à la ligne. Interprétation des dispositions légales relatives à l’étourdissement et à la mise à mort des poissons de petite taille et à la remise à l’eau des poissons capturés. www.bafu.admin.ch/uv-1421-f

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About sylvain l'esoxiste

51 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour Planète Carnassiers, 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre L'Esoxiste sur Google+ et esoxiste.com sur Facebook
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11 Responses to Le péché du pêcheur

  1. Grigs says:

    Certains semblent penser que les citoyens ont un droit inconditionnel de pêcher ; c’est oublier que dans la plupart des Etats, la pêche comme la chasse font partie des droits régaliens. Les poissons n’appartiennent donc pas à tout le monde ; ils « appartiennent » à l’Etat qui est seul habilité à édicter les règles à suivre et à octroyer des droits de prélever la ressource (poissons ou gibier). L’Etat étant constitué d’un ensemble de citoyens, si la majorité d’entre eux considère qu’une pratique est immorale, inacceptable, insoutenable, elle peut décider de l’interdire. Il faut absolument arrêter de voir des droits fondamentaux et des libertés sans limite partout, ça me sidère.

    Dans son commentaire ci-dessous, Schroll a parfaitement raison : le principe des règles suisses est d’interdire aux pêcheurs de prendre du poisson en ayant l’intention de le relâcher. En d’autres termes, si je pêche la truite lacustre et que je tombe sur un brochet, j’ai la possibilité de le remettre à l’eau à certaines conditions : il faut absolument que le poisson soit viable (ce qui est présumé ne pas être le cas notamment lorsque les bronchies ont été touchées ou que le poisson a été sorti d’une profondeur trop importante) et que cela se justifie d’un point de vue écologique. Il en découle que je ne peux pas aller pêcher la carpe juste pour avoir droit à un beau combat en sachant pertinemment que je ne vais pas la manger et au contraire la relâcher.

    Par ailleurs, le pêcheur est tenu de remettre le poisson à l’eau lorsque ce dernier, en plus d’être viable, n’est pas maillé, a été capturé durant sa période de protection ou fait partie d’une espèce protégée (tel l’ombre cité par l’auteur de l’article).

    La loi suisse ne consiste pas en une bête interdiction de relâcher assortie des exceptions susévoquées ; elle implique des règles de comportement. Un pêcheur est ainsi contraint de choisir ses appâts et secteurs de pêche de façon à limiter au maximum le risque de prises qu’il serait contraint de relâcher (la prise de quelques poissons non-maillés sur le même secteur l’oblige ainsi à se déplacer, voire à augmenter la taille de l’appât par exemple) et de pêcher dans une situation qui lui permette de ménager au maximum le poisson capturé (il doit être aisé de l’amener à l’épuisette et de le manipuler).

    Il y a donc une logique.

    On peut débattre de la raison d’être des règles suisses. Il faut néanmoins savoir que le renforcement de la législation s’agissant de la pêche (et de la chasse) a été décidée pour calmer les ardeurs des défenseurs des animaux qui souhaitent vivement obtenir une interdiction de ces activités en Suisse. Il s’agit donc d’un compromis comme cela a été mentionné.

    J’ai parlé de défenseurs des animaux car c’est comme cela que le sujet est abordé lors de la journée de formation (obligatoire pour obtenir un permis de pêche hebdomadaire ou annuel, utiliser des ardillons, etc., et sanctionnée par un mini-examen sans grande prétention malheureusement). Je crois qu’il serait erroné de parler d’anti-spéciste et qu’il ne faut pas confondre les deux choses. Selon ma connaissance du sujet, un anti-spéciste met sur un pied d’égalité les animaux et les hommes, tandis qu’un défenseur de la cause animale, est sensible au bien-être des bêtes sans ignorer les différences entre l’humain et les divers animaux.

    Partant, je rejoins volontiers l’auteur de l’article s’agissant de la question du sentiment d’empathie (mais à nouveau, pourquoi parler d’un droit à l’empathie, sur quelle base ?!) ; je pense que c’est ce sentiment qui anime les défenseurs de la cause animale avant tout.

    Pour revenir au but de la loi, il est simple : limiter au maximum les souffrances infligées aux poissons lors de leur capture. Dans cet ordre d’idée, il n’est pas considéré acceptable de pêcher avec l’intention de relâcher sa prise car dans ce cas nous agirions en purs égoïstes. Seule l’idée de pêcher afin de garnir sa table est tolérée. Ce n’est pas anodin car dans nos sociétés, manger un poisson prélevé localement n’est pas une nécessité, c’est également un plaisir que l’on s’offre et qui peut être perçu comme égoïste. Mais je répondrai que le poisson fait partie de notre alimentation et qu’il n’y a pas de différence suffisante entre le fait de manger le poisson localement pêché par mes soins et celui en provenance de mers plus éloignées (là on tombe dans un grand débat sur le végétarianisme qui va au-delà du sujet de l’article).

    La position de l’auteur de l’article consistant à considérer qu’il y a une contradiction en droit suisse au motif que la souffrance doit permettre d’éviter la mort est à mon sens intenable. La souffrance qui peut être infligée lors de la capture est inévitable pour celui qui souhaite profiter de la chair du poisson. En revanche, il n’est pas correct d’induire des souffrances pour assouvir son plaisir de combattre.

    Quant à ceux qui évoquent les prédateurs (requins, félins, etc.) qui ne se posent pas la question de savoir ce qu’un humain pourrait ressentir pour défendre leur position, franchement c’est absurde.

    Encore un point qui me dérange, c’est le fait de considérer que le pêcheur qui garde son poisson est anti-écologiste. Je ne comprends pas pourquoi il en serait ainsi. Le fait de chasser et de pêcher n’est pas une atteinte à notre environnement en tant quel tel. C’est la masse prélevée qui pourrait mettre en danger les espèces est constitué un acte anti-écologique. Or ce ne sont pas les pêcheurs amateurs conservant leurs prises qui risquent de provoquer un chamboulement écologique.

    Pour ceux qu’une réflexion approfondie n’effraie pas, je vous propose de lire le Rapport de la Commission fédérale d’éthique pour la biotechnologie dans le domaine non-humain CENH : http://www.ekah.admin.ch/fileadmin/ekah-dateien/dokumentation/publikationen/f-Broschuere_Ethischer_Umgang_mit_Fischen.pdf (en français).

  2. Le regulateur says:

    Bonjour, du grand n’importe quoi tout ça! La pêche est un loisir populaire et accessible à tous! Aujourd hui même, il y a une heure à peine, je suis allé à la truite au toc sur un petit ruisseau, ça donnait bien, tout relâché car rien de maillé! Les ai-je fait souffrir?? Pour ma part mes loisirs sont natures » pêche, chasse, champignons, rando »! A la pêche et à la chasse, il est certain que je doit parfois faire souffrir des êtres vivants!  » en rando il faudra à l’avenir que je fasse attention ou je marche, pour ne pas écraser la moindre fourmi, et les champignons ma foi j’en ai jamais entendu un crier ! Trêve de plaisenterie, le contexte actuel est: que certaines classes de la société souhaiteraient la fin de la pêche, chasse, abattoirs, et tant d’autres choses naturelles que l’homme pratique depuis des millénaires! Posons nous la question, la gazelle mangée par le lion, le vairon par la truite, la mouche par l’araignée, etc. .. ils doivent aussi souffrir? ? Bel article de Julien, et bravo à toi sylvain, cet article va faire causer!! A plus! ☺.

  3. Yoann says:

    Bonjour Sylvain, tu as bien fait de publier cette article, il est clair et net: bien fait.

    J’ai eu vent, depuis la lointaine Bretagne que j’habite, de la possible interdiction de pêche à Paris par une association de défense des animaux et je m’attendais à voir un article bientôt sur ton blog.

    Déjà… En tant que personne, je peux comprendre que si une eau est pollué pour x raisons (et même si la qualité de son eau va en s’améliorant d’année en année), on interdit de vendre du poissons de la seine aux pêcheurs professionnels (tout pêcheur amateur en France n’a pas le droit de vendre le fruit de sa pêche) et qu’on interdit de consommer le poisson pêcher par le pêcheur amateur car il s’agit d’une question de santé public.

    Par contre la pollution, sur la seine, où d’autres rivières (style pollution aux pcb) ne tuent pas les poissons mais les rends juste impropres à la consommation, on peut donc continuer de les pêchers.

    Coïncidence où pas… il se trouve que la pêche évolue au fil des ans, et que on le veuille où non… une pratique dit « No kill » et pêche raisonné est apparue.

    La pêche est un droit qu’on paye, et pas en contradiction avec la situation, ici obligatoire, de relâcher le poisson dans son environnement, pollué soit il.

    Je suis personnellement pour la défense des animaux mais attention: sur tout ce qui a attrait à une douleur infliger excessive !

    Je veux dire battre un animal, où violence disproportionné, ce qui est différent d’une punition proportionné à une bêtise par exemple qu’un chien où chat aurait commit.

    Cependant, ceci est clairement rien de plus qu’une tentative pour interdire purement et simplement la pêche de loisir.

    Pour commencer dans un endroit/territoire précis, puis faisant fois, dans un autre endroit, puis à terme ? Sur la totalité du territoire Français.

    Par contre, qu’en est il des pêcheurs professionnels qui en bateaux, sous un prétexte commercial, d’emplois et pour le plaisir où « le besoin » de gagner de l’argent, pêchent aux filets, détruisent des espèces pendant leurs périodes de reproductions sur les frayères où rejettent à la mer des prises (n’ayant aucune valeur commercial)… dont l’état est pitoyable ?

    J’aimerais bien connaitre ce qu’a entreprit cette association là dessus mais je peux parier qu’on me répondra que son activité associative s’exerce sur Paris.

    Aussi, le Brochet est un prédateur opportuniste… Dois on le supprimer de nos eaux ?

    Car je doute sérieusement, que ces proies… ne ressentent pas la douleur aux moments d’être prédaté ! Ah ! Mais on me répondra que ces différents car le prédateur chasse pour ce nourrir.

    Un peu de sérieux, les pêcheurs amateurs ont certes un impact sur le milieu qu’on peut diminuer mais pas à « 0 » ; d’autres part, ce ne sont pas eux les responsables de l’état du milieux, ni eux qui le dégradent le plus.

    Cette Hypothétique MESURE ?

    Elle ne m’inquiète pas plus que ça.

    Déjà car ce n’est pas au Maire de Paris de faire une loi sur la gestion de l’eau de sa ville qui y passe naturellement, mais à l’état via le préfet, et par l’application de décret si le code de l’environnement ne suffit pas.

    L’abus de pouvoir et l’abus de Droit sont des choses qui existent.

    Secondo: Mdme le Maire de Paris, avec tout le respect que je lui dois, à prit dernièrement des mesures suspectes, comme l’interdiction aux voitures de « quai » ; la verbalisation de PV pour stationnement illicite depuis des employées sous traitant qui ne sont pas sorties de leurs bureaux ; et qui plus est: Ne sont pas assermentés pour la réalisation de PV et contraventions.

    Même si cette mesure d’interdiction de pêche était prise, est elle judiciairement viable ?
    C’est une question qu’on à le droit de se poser, et dans tout les cas c’est uniquement à la Justice Française de trancher la question.

    Troisièmement: J’imagine qu’a Paris comme dans le reste de la France, la délinquance, est un fléau qui existe.
    Hors vaut il mieux voir des jeunes, moins jeunes où plus vieux commettre des délits répréhensible par la lois (occasionnent ainsi à minima des dommages matériaux et de la souffrance à des êtres humains) ?

    Où faut ils mieux voir ces jeunes, moins jeunes où plus vieux à la pêche pratiquant un loisir où ils relâchent le poisson, avec peut être un peu de souffrance causer à ce dernier ?

    Mon opinion n’engage que moi, à chacun de faire son avis sur la question.

    Enfin pour finir avec un peu d’ironie, je crois que le jour où on m’interdira de pêcher pour le motif d’avoir piquer un vers de terre sur mon hameçon et que le pauvre souffre… est vraiment imminent.

    Yoann

    Ps: je vais te contacter bientôt par mail pour avoir ton avis sur un sujet… similaire.

  4. Fariotrutta says:

    Article clair et agréable, argumentaire très bien menée. Bravo à son auteur !

    Il est vrai qu’au fond notre pratique préférée pratiquée en relâchant le poisson est totalement absurde : Quand on emmène pour la première fois un enfant à la pêche, il sera toujours étonné de voir le poisson repartir dans son élément. Quand il nous demandera pourquoi on l’attrape pour le relâcher, on ne saura au fond pas trop quoi répondre. Du moins on sent que notre argumentaire est fragile.

    J’ajouterai simplement que cette loi suisse et cette position qu’on entend de plus en plus dans la société est extrêmement réductrice pour le monde animal puisqu’elle nie une loi fondamentale de l’évolution : la capacité des êtres vivants à apprendre au cours de leur existence et à transmettre via leurs gênes leurs expériences vécues (a minima du stress dans le cas d’un poisson capturé). Cela revient à nier la capacité des poissons à apprendre à déceler les pièges, à apprendre à ne plus mordre deux fois au même poissonnet bourré de triple, au même bout de plastique. Or les poissons apprennent très très vite. Qui n’a pas déjà fait des cartons sur des truites ou brochets non éduqués ? Et qui ne s’est pas cassé les dents à pêcher en 18/100 sur des sandres surpêchés ? Même les pêches à réaction ou visant à stimuler non pas l’appétit mais l’agressivité des poissons ont leur limite.
    Encore donc une représentation erronée du vivant, bourrée d’anthropomorphisme.

    Je pense que tout pêcheur qui prend ou rate un poisson rend la chose encore plus ardue pour son prochain. C’est excitant ! Le pêcheur est à la pointe de la lutte dans l’évolution.

    Comme tu le dis, la question de fond reste celle du droit ou non de pêcher, et de faire souffrir des êtres vivants. Et comme tu l’as brillamment démontré, pour de multiples raisons cette question n’a pas de réponse. Elle regarde tout un chacun. Qui a le droit d’en décider pour nous ?
    Je questionne plus largement les desseins politiques : Au fond, pourquoi vouloir créer un autre homme et faire fit de notre histoire ? Une activité si simple, qui nous relie à ce que nous sommes fondamentalement : nés dans l’eau il y a bien longtemps, et des chasseurs-cueilleur jusqu’à il y a encore des milliers d’années ?! Pour qu’on en soit à se poser ce genre de question, c’est qu’il faut vraiment que notre civilisation soit en fin de course et n’ai plus aucune réponse à nous apporter. Toujours dans le sens de créer un homme hors-sol, coupé de son environnement. Au prétexte de le défendre. Heureusement sur Mars on ne se posera pas ces questions car il n’y a pas (?) de poisson.
    Blague à part, pour une fois je pense que l’économique et le clientélisme nous seront sûrement d’un grand secours concernant le maintien de notre loisir préféré : les marchés sont en pleine expansion, et la pêche est une pratique très répandue en France.
    En bref, une loi et position à mi-chemin du gué, inutile et même contreproductive.
    SI les plus grands paysagistes (certes moins bons ces derniers temps) sont les agriculteurs- éleveurs notamment ; les pionniers de l’écologie moderne étaient bien souvent chasseurs et/ou pêcheurs.
    Si question notre société devait se poser, elle ne serait pas tant dans le rapport que nous entretenons avec le poisson dans le cas de la pêche de loisir mais plutôt celle de la technique : Jusqu’où devons nous aller dans l’innovation ? Jusqu’où est-ce que cela sera acceptable ? Et jusqu’à quand nous laisseront nous guider par le marché ? Car à vaincre sans péril on triomphe sans gloire.

  5. schroll says:

    Alors il est possible que je me trompe mais il me semble que la loi suisse interdit les parcours no-kill en argumentant qu’on ne doit pas partir à la peche pour faire souffrir , mais on a le droit de relacher , je crois je dit bien je crois qu il y a une nuance entre l’obligation de relacher et le droit de relacher , mais il se peut que je me trompe. Après on peut toujours se dire que le poisson est glissant comme une savonnette et oups il est retombé dans la rivière !!!!! Le mieux etant le libre choix , chacun sa vision de la peche dans la tolerance .

    • Pascal says:

      On peut relâcher ! J’ai fait une partie de pêche en juin 2016 dans le canton de Fribourg comme invité d’un copain suisse.
      Au deuxième lancer je sortais une truite maillée. La première chose qu’il m’a dit c’est « Tu veux qu’on la garde ou pas ? » On avait droit à 6 truites pour les deux. J’ai décidé de la garder : la première chose qu’il a fait, ça a été de l’estourbir puis de la vider sur place (obligatoire pour tout poisson conservé).
      Le paradoxe c’est que le no kill est interdit mais les truites non maillées sont bien remises à l’eau. Ce jour là, 13 prises à 2 dont 2 conservées, les autres remises à l’eau.
      Maintenant je possède un PDF concernant la réglementation de la pêche pour 3 ans (2016,2017 et 2018) pour le canton de Fribourg en Suisse.
      34 pages pour pas moins de 7 permis différents, de quoi s’emmêler les pinceaux; si ça intéresse quelqu’un je peux transmettre.
      Pour la chasse il paraît que c’est 10 fois pire !!!!!

      • Thierry says:

        salut,
        ton pdf m’intéresse car je vais a Fribourg 2 fois / an pour le travail (sejour de 2 à 3 semaines). jaimerais bien y amener ma canne une fois mais la reglementation n’est pas simple… par exemple, jai découvert qu au lac de Morat, on peut pecher sans permis au ver….
        merci

  6. Stef de planchez says:

    Et ben. Je suis abasourdi par cette découverte. Un hameçon pique…. un triple fait mal aux poissons.
    En même temps, la guerre tue. Les armes à feu sont dangereuses…. etc… etc….
    Oui je suis fan de pêche depuis mon enfance. Oui quelquefois je prélève un poisson qui a eu le temps de se reproduire. Et oui j essaie de ne pas le faire souffrir en le laissant agoniser dans un sac plastique.
    Il est temps de s occuper des vraies priorités. De la bonne gestion des milieux de l équilibre des espèces de conserver un biotope sain.
    Un animal sent la douleur certainement. Mais pensez vous que les requins qui s attaquent aux surfeurs se disent: ben dit donc les hommes doivent souffrir quand on leur arrache la jambe. Il faudrait l interdire!!!!!
    Bref. Gardez la pêche. Respectez le poisson comme un être vivant mais arrêtons d être con.

    • Manu says:

      En parlant de requins, ils feraient mieux de s’occuper de cette pêche la. Et de toutes les pêches au chalut et filet. Sachant que la majeure partie est déjà morte, trop petit, pas la bonne espèce, on rejette. Et cela en fait des paquets de poissons, tortues, requins, dauphins morts rejetés à l’eau. Sacrés bobos vegans qui ne savent même pas d’où vient et où va leur mouvement sectère. Ils préfèrent risquer la vie de leur gosse en les nourrissant au lait d’amandes .. Mais je suis d’accord, il faut éviter de faire souffrir plus que nécessaire. Et les modèles suisse, ah ah ah. Des exemples à suivre … genre l’abaissement des criteres de securité pour faire passer en force l’enfouissement nucléaire ? De toute façon leur loi de pêche montre bien que c’est du n’importe quoi. Poisson pris, poisson mangé. Sauf si il est d’interet ecologique alors on peut choisir de le relacher et si il est invasif et ayant epu d’interet culinaire, alors on le tue proprement et rapidement et on le balance dans le talus. Ils ont été obligés de re préciser tout leur brol car des poissons protégés mais pris hors période finissaient dans les talus … Et ils ont des stages et examens …. waouuu trop bon ..