Le bonheur des pêches estivales
avatar

La pêche reste encore pour une majorité d’entre nous une forme de détente donc de vacances or avec notre société actuelle celle-ci a tendance à devenir un défi personnel ou un challenge et on finit par ne plus s’y détendre. Certains mêmes, arrivés à un point, se mettent à stresser de peur de louper leur pêche, de ne pas trouver le poisson ou le faire mordre. Les réseaux sociaux y sont pour beaucoup et nombre d’entre nous ne se voient pas ranger le matériel avant d’avoir posté « la photo » du poisson pris ce jour.

Pourtant et fondamentalement, la pêche ne devrait rester, pour les amateurs que nous sommes, juste qu’une saine distraction. Nous ne sommes pas des professionnels, nous n’en vivons pas et le produit de notre pêche ne nourrit pas nos familles.

Si je vous parle de cela c’est que je me suis fait personnellement cette réflexion, la pêche en devient tellement sérieuse chez moi qu’elle peut être quelquefois rébarbative. C’est pourquoi il importe de se faire plaisir le plus souvent possible et les pêches estivales en sont le meilleur exemple.

 

En été durant les vacances, on se détend, on ne se lève plus à l’aube et qu’importe s’il faut annuler une sortie à cause de la météo ce n’est pas grave, on peut la reporter au lendemain. C’est le moment où une simple pêche de goujons me ravit, où une sortie feeder à la carpe m’enchante et où une sortie en bateau infructueuse se transforme en superbe ballade sur l’eau.

Évidemment en été on est détendu, pieds nus et short, il fait beau et les longues journées qui s’étirent sous un soleil radieux nous invitent à la contemplation. Par le passé alors que je n’avais pas encore la chance d’être équipé d’une barque j’aimais bien partir voir l’aube se lever au bord d’un lac ou d’une rivière. J’ arrivais furtivement au moment où la nuit s’efface doucement, où la lumière encore rare réveille les oiseaux. C’est le moment où la brume se forme au-dessus des eaux, ce voile diaphane qui veut résister à l’assaut du soleil, conserver le calme ouaté de la nuit pour quelques longues minutes.

 

Il est fréquent de voir les premières chasses de carnassiers troubler cette quiétude, le vol hésitant d’une chauve souris retardataire, d’entendre l’horrible chant tout droit sorti des enfers qu’est celui du héron qui se réveille. Et là au milieu de tout cela, vous êtes là, l’homme solitaire qui semble étranger à ce monde. Vous enfilez vos cuissardes et rentrez dans l’eau pour pêcher les bordures où se concentre une myriade d’alevins et vous perturbez tout ce joli petit monde même en essayant de rester discret.

J’aime aussi lors des lourds après-midi de juillet, lorsque le soleil semble ralentir le temps, m’enfuir auprès d’une fraîche rivière. Le cours est devenu indolent, les chevaines musardent, les vairons et les goujons s’affairent au fond du lit. Là en short, les pieds dans l’eau bien au frais, mes orteils grattent le fond et libèrent un nuage de sédiment très attirant pour toute cette famille de poissons. Ma petite canne courte et nerveuse supporte une ligne très fine qui saura attraper ces vifs qui termineront en friture ou au bout d’un bas de ligne à sandre ou à perche. De temps en temps, un chevaine viendra troubler ce calme, une loche de rivière se mêlera aux goujons ou alors ce sera une truite qui viendra chasser sur mon terrain et mettra le banc en émoi pour plusieurs minutes.

 

Le soir venu entre mi-juin et fin juillet, c’est le moment des pêcheurs solitaires. C’est le moment que j’apprécie le moins car il s’accompagne de moustiques et d’apéros loupés. J’aime pourtant cette beauté de la nature qui doucement se calme, semble reprendre son souffle apaisant, de la température qui redescend, de l’agitation humaine qui s’estompe lentement. C’est pourquoi une pêche au coup du soir chez moi c’est obligatoirement avec un ou des copains. Nous nous retrouvons au bord de l’eau et un frais Ricard accompagne magnifiquement ce moment lors d’une pêche au posé. Cet apéro dure le temps du crépuscule et lorsqu’il faut rentrer nous sommes détendus, bien détendus.

Malheureusement ces bons moments ne durent que le temps des congés ou celui des congés des copains… Mais je les attends toujours avec impatience mes pêches estivales où la détente l’emporte  sur toute autre considération.

Gardez la pêche.

 

About sylvain l'esoxiste

53 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre esoxiste.com sur Facebook
This entry was posted in réflexions diverses and tagged . Bookmark the permalink.

Comments are closed.