La truite à la longue coulée
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J’aime bien ce terme, « la longue coulée », il évoque pour moi le flot de la rivière qu s’assagit, le temps qui passe tranquillement, la discrétion de la ligne et son bouchon dérivant tranquille au fil de l’eau.

Auparavant reine des techniques de pêche en rivière, la longue coulée n’est plus pratiquée que par le débutant ou le vieux pêcheur fourbu. Pourtant elle est  à placer en parallèle avec les autres techniques plus modernes pour son efficacité.

Voyons ensemble cette dérive maîtrisée en plein cœur de la rivière.

Qu’est ce donc que la longue coulée se diront les débutants ? Il ne s’agit guère moins que de faire dériver une ligne équipée d’un bouchon au plus loin en aval que pourra l’emporter sa canne.

Mon grand père pêchait à la courte coulée, avec une canne au coup de 6m et il lui arrivait de suivre le bord de la rivière en marchant pour suivre son bouchon.

Plus tard est arrivé le moulinet et la canne téléscopique à anneau, c’est avec cette technique que j’ai vraiment débuté mon apprentissage avant de passer à d’autres techniques. Pourtant lorsque je pêchai au toc j’avais toujours avec moi un flotteur fendu pour réaliser une longue coulée qui allait entraîner mon esche sur un poste prometteur situé hors limite d’un lancer simple.

La longue coulée se pratique sur les rivières larges et calmes, rivières devenues indolentes dont le peu de courant empêche une bonne dérive au toc ou dont la largeur importante empêche de lancer un montage de deux grammes sur les bon postes. Mais j’en connais qui maîtrisent cette technique et la pratiquent dans des rivières plus rapides.

Les zones favorables  sont généralement des postes situés près des chemins d’accès, postes d’ouverture pour les anciens et les jeunes, postes de découverte de la pêche pour les débutants.

 

L’idéal pour la pratiquer est une canne dont la longueur est adaptée à la largeur du cours d’eau mais 3,5m me semble un minimum pour promener un bouchon. L’esche sera animale, une belle teigne ou un joli ver de terreau. On aura pris soin de régler le fond pour explorer au mieux la zone de pêche.

Si par le passé c’était le bouchon toulousain fixe ou le bouchon fendu qui était roi, ils ont été détrônés depuis par les bouchons américains à blocage appelés « Easy Fix »qui sont distribués chez nous par Top Float Innovation.

 

Ces bouchons simples ou préplombés sont équipés de pinces (inspirées des pinces électroniques qu’adorent aussi les moucheurs) qui permettent en un clin d’œil de bloquer le fil, de le laisser en coulissant ou d’ôter le flotteur sans démonter la ligne pour passer au toc sur le poste suivant.

 

A titre personnel, depuis que je les ai découvert il y a quelques années j’en suis devenu fan et j’ai toujours deux de ces flotteurs dans la poche de mon gilet au cas où, même quand je pêche au vairon !

Ce type de technique est réservée aux truites surdensitaires d’ouverture et plus particulièrement aux arcs en ciel qui préfèrent patrouiller en groupe plutôt que de se poster en solitaire. Plus tard dans la saison, cette discrétion du flotteur qui pêche loin permet de piquer des farios, des  chevesnes et des barbeaux.

Les pêcheurs au toc savent que quelquefois rien ne vaut la discrétion d’une ligne montée sur un petit flotteur qui suivra la veine de courant pour proposer à vingt mètres de soi  une belle esche à une fario en chasse.

 

La longue coulée n’est pas la technique si bébête qu’on aimerait nous le faire croire, la finesse est de rigueur et la dérive maîtrisée demandera quelques temps d’adaptation avant de parfaitement lire les veines de courant.

Oubliez les bouchons de 10g à brochet  pour descendre sur des flotteurs adaptés, de forme ronde pour ne pas couler au premier remous. Montez votre ligne en 20 centièmes sur les cours d’eaux normaux, plus fort là où le risque de croiser une grosse truite est présent. Sinon le reste est simple, un hameçon de 6 à 10, voir 4 pour les gros vers de terre, quelques plombs et on pêche.

Si vous avez prévu de faire l’ouverture au toc, pensez aux flotteurs « Easy Fix » de Top Float que l’on trouve en de multiples grammages  et tailles, jusqu’à des minis minis très discrets mais avec pas mal de portance.

Sur ce, bonne longue coulée !

Détendez vous et gardez la pêche.

 

About sylvain l'esoxiste

50 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour Planète Carnassiers, 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre L'Esoxiste sur Google+ et esoxiste.com sur Facebook
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2 Responses to La truite à la longue coulée

  1. Kaczor Stephen says:

    Encore un article solide ! bravo …. cela me fait penser a un ami a moi qui sur certains parcours (ou tout y passe Toc , cuillers , PN, Mouches etc etc etc etc ) est un vrai régal a regarder pecher au bouchon , il n’y a pas mieux pour présenter un appat dans la bonne coulée a la bonne vitesse a la bonne hauteur …. et se bouchon qui ralenti ou plonge doucement … La Vraie peche …. bravo

  2. Bernard Cédric says:

    Très bon article, justement j’ai prévu de faire l’ouverture à la  » longue coulée  » avec un petit bouchon rond de 5 g en plus du leurre et du vairon manie si je n’ai pas de résultats à la teigne, ver, et vairon vivant.
    Sur ce bonne ouverture à tous 😉