La pêche à la traîne. 3em partie : Les leurres
avatar

Je suis un pur  « leurriste », je l’avoue. Je sais qu’un vif traîné lentement donne d’excellents résultats, et je n’ai rien contre, mais c’est plus fort que moi : mon plaisir est décuplé lorsque je prends un poisson au leurre ! Je puise donc gaiement dans l’offre pléthorique que nous proposent les grandes marques, il y en a vraiment pour tous les goûts. Le choix est tellement vaste qu’il couvre pratiquement toutes les conditions de pêche : plus besoin de s’encombrer de vifs! Je vous fais part ici de ma sélection personnelle, plutôt orientée « Esox », mais facilement transposable à d’autres espèces.

Les poissons nageurs :

Ils sont certainement les leurres les plus utilisés à la traîne et pour cause, ils ont été conçus pour cet usage à l’origine. Avant tout, une remarque s’impose : les modèles flottants sont nettement préférables car, à taille égale, ils nagent bien mieux que les modèles coulants, c’est un fait que j’ai souvent constaté, quel que soit leur marque. Leur légèreté les fait vibrer au moindre courant, alors qu’il faut une vitesse supérieure pour animer correctement les poissons nageurs coulants. Le second avantage est qu’ils remontent en surface à l’arrêt, cela évite bien des accrochages…  Les modèles « suspending » sont excellents eux aussi, bien que moins répandus. La plupart sont efficaces tels quels, mais on les utilisera aussi sur des lignes lestées afin qu’ils atteignent des profondeurs plus importantes. Quant à la taille, n’hésitez surtout pas pour le brochet à envoyer du lourd, voire même du très lourd, des trucs que vous seriez bien incapable de lancer, même avec une canne Big Bait !

 Sur cette image que j’ai piquée sur le site de Michel Lonfat, on voit un brochet de belle taille ouvrir la gueule pour bailler, et on comprend alors aisément que ce « four » peut avaler sans aucun problème des leurres de 30cm !

Vous le savez, il existe des milliers de poissons nageurs, mais voici ceux que je compte utiliser pour débuter :

Les modèles classiques

Déclinés dans toutes les tailles et toutes les couleurs, on n’a que l’embarras du choix. Je recherche cependant ceux qui dont la nage est la plus ample possible, pas trop serrée donc, et qui montrent bien leurs flancs (le fameux rolling !). Pour les couleurs, j’alterne les propositions réalistes et d’autres plus criardes, cela me permet de m’adapter à l’humeur des poissons. On affine  ensuite la sélection avec l’expérience, cela dépend de la météo, de la saison, de la clarté des eaux etc.

Un Halco Laser Pro en fire tiger et un Abu Tormentor façon truite.

Le Super Shad Rap : un leurre incontournable qui cartonne partout dans le monde sur les gros becs !

Les modèles articulés

En mer comme en eau douce, ils font partie de mes leurres préférés. Avec ou sans bavette, en 2 ou 3 articulations, leur nage sinueuse et frétillante à la fois se révèle incomparable. Quelques grands classiques :

Le Rapala Sliver, que l’on trouvait autrefois en 20cm, mais qui n’existe plus qu’en 13cm (il faudra que je fasse un jour un article sur les leurres qui ont mystérieusement disparus des catalogues !).

Le Bomber A, le Rapala X- Rap Jointed, l’Alpha Dog 3 de Volkien, 3 modèles éprouvés de 13/14 cm qui nagent entre 2 et 3 mètres de profondeur.

Les  Long bills

Ce sont ces poissons nageurs à très longue bavette, qui plongent plus profondément que les autres. Très simples d’utilisation en traîne, c’est souvent les premiers qu’on choisit quand on débute, puisqu’ils n’ont pas besoin de plombée additionnelle, du moins en théorie. En fait, la plupart des fabricants exagèrent la profondeur que ces leurres atteignent réellement… Cela dépend de la longueur du fil, de son diamètre et de la vitesse de traîne. Pour atteindre les profondeurs annoncées sur la notice, il faudrait trainer très, très lentement, avec un fil arachnéen d’une longueur ne dépassant pas la profondeur maximale capable d’être atteinte par le leurre ! Ceci dit, ce sont de très bons poissons nageurs qui brassent beaucoup d’eau et qui déclenchent invariablement des attaques lorsque les carnassiers sont en chasse, comme leurs cousins les Crancks Bait, que je préfère toutefois utiliser au lancer.

Une mention spéciale pour le Sakura Rush Diver 150, avec son système de plombée amovible qui permet de le faire descendre encore plus profond.

 

Les modèles géants

Il y a quelques monstres qui circulent comme le Storm Giant Madflash ou le Volkien Shallow Minnow, tous deux mesurant plus de 20cm, et il ne faut pas croire qu’ils sont seulement destinés aux requins : vous verrez que des brochetons n’hésiterons pas à s’en saisir ! Dans les tailles XXXL, vous trouverez aussi les leurres Mann’s, qui vont jusqu’à…35cm( !) et qui jouissent d’une certaine réputation auprès des traîneurs pathologiques du monde entier…

Je précise enfin que tous mes poissons nageurs sont armés avec des triples VMC perma steel, soit des 9620, soit des 9625(super-renforcés) , qui présentent selon moi le meilleur rapport finesse/solidité, et qui sont facilement réaffûtables, en plus d’être quasiment inoxydable en eau douce.

 

Les leurres souples :

Encore une vaste famille, que je limiterai volontairement à deux types, les virgules et les shads.

Les virgules

Sélectionnées dans les grandes tailles (entre 15 et 25cm), ces leurres sont très efficaces en traîne, à condition de les armer correctement, et à l’aide d’une aiguille spéciale leurres souples pour ne pas les abîmer.

Je n’utilise pas les têtes plombées car elles ont deux inconvénients :

L’hameçon est dirigé vers le haut, ce qui évite les accrochages mais qui est source de raté au ferrage. Ensuite, le poids qu’il faudrait utiliser pour atteindre les zones profondes tout en supportant la vitesse de traîne serait disproportionné par rapport à la taille du leurre.  C’est pourquoi j’utilise une plombée décalée qui lui laisse toute sa liberté et son attractivité. J’expliquerai plus loin en quoi consiste cette plombée et comment la positionner. J’arme donc ma virgule d’un hameçon simple (ici un Mustad 34007 inox, en 6/0 sur une virgule de 17cm) la pointe dirigée vers le bas, un peu à la façon d’un Raglou, que j’attache sur un petit bout d’avançon acier à l’aide de sleeves. Comme les virgules on parfois tendance à tourner et à vriller, je complète le montage avec un petit émerillon baril pour être sûr qu’elle restera bien équilibrée, et dans l’axe. Ainsi positionné à quelques mètres derrière la plombée principale, votre leurre sera « englouti » bien plus franchement qu’avec une tête plombée classique.

 

 

 

 

 

Les Shads

Très prisés des pêcheurs à la traîne, les Shads sont aussi une valeur sûre. Je les arme de la même manière que les virgules, mais en remplaçant l’hameçon simple par un triple ventral. Comme ils sont relativement stables en traîne, pas besoin de rajouter un émerillon. Le fait de les utiliser eux-aussi avec une plombée décalée leur donne une nage très fluide, beaucoup plus naturelle qu’avec une tête plombée.

La simplicité!

Les Cuillères

Très utilisées également, les cuillères sont des leurres de tout premier ordre pour tenter truites et brochets, principalement les ondulantes, car les cuillères tournantes vrillent sérieusement le fil et leur nage trop rectiligne les rend moins attractives.

Comme pour les poissons nageurs, il faudra choisir les modèles les plus légers possibles, à la palette ultra fine. C’est cette légèreté qui rendra la nage de la cuillère papillonnante à souhait et attractive en diable. Réservez les modèles plus lourds à la pêche au lancer.

  J’arme mes cuillères d’un hameçon simple à la fois léger et robuste. Ces temps-ci, j’ai trouvé mon bonheur avec les Owner nickelés S 78, ils sont tout simplement parfaits, et d’un piquant exceptionnel.

 

Tous ces leurres très légers ont besoin d’une plombée additionnelle pour atteindre la profondeur où se tiennent les poissons, surtout en lac. Il existe différentes manières de plomber efficacement une ligne, ce qui fera l’objet de mon prochain article, ainsi que de la façon de « mener sa barque » !

 

A suivre…

Texte et photos: Jean-Paul charles

[subscribe2]

About Jean Paul CHARLES

Pêcheur et artiste, je m'intéresse aussi aux "à-côtés" de la pêche, et notamment à la littérature et aux œuvres d'art qui lui sont consacrées.
This entry was posted in pêche and tagged , . Bookmark the permalink.

Comments are closed.