Ils vivent dans nos eaux: Le goujon

Le Goujon, ce super petit poisson qui me fait me remémorer mes jeunes années de pêcheurs.

Je me rappelle une de mes premières pêches solitaires du goujon. Nous étions en été, j’avais un vélo mi course 3 vitesses et j’étais au centre du lit du Ternin au lieu dit la passerelle sous le camping d’Autun (71). J’avais pris deux brins d’une canne en bambou et je comptais attraper des vairons mais ce sont les goujons qui ont mordu à mon tifise. Je ne vous raconte pas l’émotion du jeune pêcheur devant la puissance de ces mini barbeaux et ma fierté à ramener ma quinzaine de prises à mon pépé pêcheur qui m’a félicité.

Le goujon (Gobio gobio)

 

Le goujon est le plus souvent la prise du débutant ou de  l’amateur de pêche au vif pour lequel  il semble idéal vu sa résistance.

Gobio gobio, son nom en latin, vit en bancs dans les eaux claires et non polluées, il préfère des fonds de sable ou de gravier dans lesquels il peut fouiller pour trouver sa nourriture. Il mesure généralement  de 8 à 15 cm pour 30 à 50g  mais peut quelquefois atteindre les 20/22 cm.

Voici la photo d’une prise d’un goujon solitaire lors d’une pêche d’un petit étang. Il n’a pas été mesuré mais il faisait  bien ses 20 cm.

Il est présent partout en France mais ne semble pas aimer les eaux fraiches des têtes de bassin.

Sa reproduction se déroule en mai juin  dans les fonds caillouteux ou végétaux en plein courant où la femelle va déposer entre 1000 et 3000 œufs.  La température de l’eau devra atteindre les 18 ° c donc le goujon peut côtoyer la truite mais elle préfère les eaux plus fraiches. L’incubation de ces œufs dure de deux à trois semaines puis les alevins resteront à proximité en résorbant leur sac vitellin. Il faut entre deux et trois ans pour qu’un goujon soit capable de se reproduire.

Le goujon se nourrit sur le fond grâce à des barbillons qui détectent la nourriture, il adore les petits invertébrés et les larves  mais se nourrit aussi de déchets organiques.

C’est le seul poisson pour lequel la loi pêche autorise de troubler l’eau au moyen seulement de ses pieds. Quand j’étais gosse, je me rappelle de pêcheurs qui se postaient au centre de la rivière dans 50 cm d’eau et qui grattait avec un râteau, ils faisaient des seaux de goujons.

Désormais plus personne ou très peu de personnes le pêchent. J’aime bien taquiner le goujon en été lorsque l’eau  de la rivière vous rafraichit des chaudes journées, puis le soir venu, une petite friture à l’apéro…

 

Gardez la pêche.

About sylvain l'esoxiste

52 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour Planète Carnassiers, 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre esoxiste.com sur Facebook
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6 Responses to Ils vivent dans nos eaux: Le goujon

  1. Thank you d’ avoir posté cette info, j’aime 🙂

  2. merci pour ce billet fort sympa …

  3. Julien Maupoux says:

    Effectivement, il existerai cinq espèces de goujons en France, mais chez nous ce serait plutôt le goujon commun, gobio gobio. L’identification est peu évidente …
    Source : « Les poissons d’eau douce de France – Biotope Editions, Publications scientifiques du Muséum (2011) » (a lire absolument !).

  4. Bonjour Sylvain et meilleurs vœux pour 2012,
    Je voulais revenir sur ton article et sur une idée trop couramment véhiculé par les pêcheurs. Le goujon est souvent considéré comme une espèce d’eau non polluée. Ceci n’est pas tout à fait exact.Si le goujon affectionne les eaux claires à fonds de sables ou de gravier,il peut s’adapter à certains milieux à fonds vaseux. De plus il affectionne les eaux riches en matière organique. C’est pour cela qu’on le retrouve souvent dans nos petits cours d’eau où les apports organiques par les rejets de fermes par les déjections bovines, par les lagunages et les stations d’épurations sont importants. Le meilleur exemple est la Bourbince et ses affluents sur le secteur de la communauté de commune de Creusot Montceau. Sans les goujons et les chevesnes il y auraient très peu de poisson dans ces rivières. Hors ces rivières ne sont pas réputées pour leur excellente qualité d’eau. Autre exemple, les rivières de 1ere catégorie ou on ne retrouve malheureusement plus de truite. Sur ces milieux le goujon est abondant. On considère d’ailleurs sa présence comme un indicateur d’altération de la qualité des rivière de 1ere catégorie (thermie et apport organique).

    • Merci de ces précisions, venant d’un spécialiste je ne peut que te remercier de nous apporter tes lumières.
      Je croyais depuis tout gosse qu’il était un indicateur de pureté, comme quoi la légende perdure dans l’esprit des pêcheurs.
      A bientôt