Augmentation des cartes de pêches, les éclairages d’un lecteur
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avatar-esoxiste-2014Merci à Vincent DURU, chargé de mission à la Fédé 04, qui a bien voulu nous éclairer un peu sur les raisons de ces augmentations des tarifs des cartes de pêches. Si ces augmentations régulières me navrent toujours autant,  je sais désormais grâce à Vincent à quoi elles sont dues et où part mon argent.

Voici son intervention très claire et très argumentée:

« Cher Sylvain,

Lecteur intéressé de votre site internet (que je connais depuis peu mais que j’ai rapidement apprécié), j’ai découvert le 10 novembre dernier, un billet d’humeur concernant l’augmentation du prix de la carte de pêche interfédérale en 2015 accompagné du ras-le-bol légitime en cette période de crise et de pression fiscale.

Vincent-DURUCependant, je souhaiterais apporter une contribution provenant de l’intérieur, car au-delà de ma passion pour la pêche des carnassiers et des salmonidés, je suis également employé d’une fédération de pêche. Il s’agit pour moi d’exposer un point de vue à titre personnel et qui n’engage que moi. Ce point de vue est fort divergeant du vôtre et je vous remercie d’autant plus de bien vouloir vous prêter au jeu du « droit de réponse », c’est tout à votre honneur.

Le mécontentement que suscite l’augmentation de la carte de pêche vient au moins autant du manque d’information concernant l’utilisation de l’argent des pêcheurs que de l’augmentation elle-même. Il s’agit malheureusement d’un déficit chronique de pédagogie émanant à la fois des AAPPMA et des Fédérations départementales. Ce déficit que nous tentons de rectifier depuis quelques années, est encore loin d’être comblé mais les fédérations y travaillent en collaboration avec leurs AAPPMA. A ce sujet la mise en ligne du rapport d’AG est une très bonne idée que je retiens, nous n’avons rien à cacher et montrer patte blanche à nos pêcheurs est la moindre des choses.

  • Qu’en est-il de l’argent des pêcheurs au niveau départemental ?

 

La part AAPPMA est très variable d’un département à l’autre et quoiqu’on en dise, elle est le fruit d’une réflexion (et d’un vote) entre une fédération et ses AAPPMA qui se sont mises d’accord sur la somme répartie entre les collectivités piscicoles du département … et qui est systématiquement remise en cause au bout de quelques années. C’est tout à fait normal, le changement d’élus peut amener à un changement de position sur cette répartition. La caisse de compensation que vous abordez doit être un outil financier propre à votre fédération car cela n’existe pas dans tous les départements.

Concernant cette augmentation progressive :

N’oublions pas que les textes de loi relatifs à la gestion de l’eau qui se sont succédés voir chevauchés à partir de 1992 (loi sur l’eau de 92, SDAGE, LEMA), ont donné de plus en plus de missions aux collectivités piscicoles. Les missions dites régaliennes (normalement de la responsabilité de l’Etat) se sont étoffées avec le temps et sont légalement à la charge des fédérations départementales (protection des milieux aquatiques, gestion des ressources piscicoles et pédagogie à l’environnement).

pecheur-brume287Pour simplifier, à partir de 1992, l’obligation réglementaire d’un plan de gestion départemental accompagné d’un diagnostic préalable et les travaux de restauration du milieu qui en découlent, ont petit à petit nécessité des moyens humains et financiers conséquents. C’est ainsi que les fédérations ont connu des vagues successives de recrutement en ingénieurs et techniciens afin d’assumer ces missions au moment même où le Conseil Supérieur de la Pêche (futur ONEMA) entamait sa lente séparation des collectivités piscicoles. Cette séparation s’est achevée lors de la publication de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) du 30 décembre 2006. Pour rappel, les agents du CSP étaient des agents de l’État payés seulement pour partie par l’argent des pêcheurs.

Quand le prix de la carte a augmenté de 54,5 % (il doit y avoir une petite erreur dans votre calcul) en 19 ans et de 45 % sur la période 1996-2013 (l’année 2014 n’étant pas encore achevée d’un point de vue comptable), les dépenses des fédérations pour assumer leurs nouvelles missions ont augmenté de … 150 % sur cette même période 1996-2013.

Point de petits fours, de beuveries ou de repas gargantuesques comme j’ai pu le lire au travers de certains forums (cette caricature revient d’ailleurs très souvent). Cela s’explique par des investissements coûteux sur le milieu qui étaient quasi-inexistants avant les premiers plans de gestion départementaux mis en place en 1996. Une grande part de cette augmentation s’explique également par l’embauche de plusieurs personnels techniques nécessaires à la réalisation du plan de gestion et des travaux de restauration associés (reméandrage, rétablissement des continuités piscicoles, réhabilitation de frayère). D’ailleurs, notre communication pendant cette période sur l’ensemble des secteurs restaurés, a été quasi inexistante, faute de personnel déjà sur la brèche pour les actions techniques.

A cela, il faut bien évidemment ajouter le travail administratif et comptable, une présence forte auprès des collectivités territoriales gestionnaires de cours d’eau, des avis techniques (pas toujours suivis) donnés auprès des administrations en charge de la police de l’eau (ONEMA, DDT), des suivis piscicoles pour le compte de nos AAPPMA, des sauvetages à l’électricité en cas de sécheresse ou encore la mise en place d’écoles de pêche … autant de missions qui nécessitent des moyens considérables et qui, il est vrai, ne sont pas toujours perceptibles par les pêcheurs.

Pour ne rien arranger, une crise majeure du bénévolat au sein de nos AAPPMA a fait (et fait toujours) l’objet d’une compensation par une professionnalisation croissante des Fédérations de pêche. Il s’agit malheureusement d’une crise qui touche l’ensemble du secteur associatif, bien au-delà de la seule activité pêche.

Les fédérations ont, pour certaines, quasiment triplé leurs effectifs de salariés entre 1992 et 2014 afin de porter à bout de bras des missions normalement assurées par l’État. La masse salariale est généralement le premier poste de dépense des fédérations de pêche.

À ce titre, je tiens à rappeler que l’argent des pêcheurs, bien que constituant la première ressource financière des FDPPMA, ne suffit pas pour boucler le budget annuel de ces dernières puisqu’elles sont obligées de le compléter par des subventions pour lesquelles elles sont éligibles de par leurs missions de service public.

  • Et au niveau national ?

 

pecheur 011112 (1)La carte interfédérale comporte notamment la Cotisation Pêche et Milieux Aquatiques (CPMA) de 33,8 € qui inclut la Redevance pour les Milieux Aquatiques (RMA) de 8.8 € reversée aux six Agences de l’Eau réparties sur les six grands bassins versants en France. Ces agences sont des établissements publics de l’Etat sous tutelle du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable et de l’Energie. Leur budget provient de redevances fonctionnant sur les principes de pollueur/payeur (industries, agriculteurs, …) et de préleveur/payeur (consommateurs d’eau potable, pêcheurs, …).

On pourra toujours trouver que cette RMA est trop importante mais il faut savoir que cette « taxe » qui vient des usagers de l’eau retourne exclusivement à l’eau, autrement-dit à la restauration de la qualité chimique et écologique de nos cours d’eau. Par ailleurs, les Agences de l’Eau sont des partenaires techniques et financiers incontournables de nos fédérations, elles financent en partie les actions des collectivités piscicoles et c’est de ces Agences que proviennent le SDAGE (texte à portée réglementaire servant de socle commun de la politique de l’eau à l’ensemble du territoire couvert par une Agence de l’Eau).

Les 25 € restants de la CPMA reviennent à la Fédération Nationale pour la Pêche en France. Que fait la FNPF de cet argent : 60 % est consacré à la création et à la pérennisation de trois postes techniques (ingénieur, technicien, garde-pêche) et d’un poste administratif dans chaque fédération départementale. 25 % est directement reversé dans la restauration des milieux aquatiques. Cela représente 17 millions € reversés à l’ensemble des fédérations départementales sans oublier l’aide apportée aux associations « migrateurs » qui restaurent petit à petit les continuités écologiques pour voir le retour de nos grands migrateurs.

Les 15 % restant permettent d’assurer le fonctionnement de la FNPF et notamment la quinzaine de postes répartis sur 7 pôles (développement du loisir pêche, communication, technique, juridique, …) qui permettent d’assurer la mutualisation des moyens et des connaissances des fédérations départementales, un lobbying à l’échelon national, la défense juridique des structures associatives de la pêche, la participation à la rédaction de textes de loi auprès de notre Ministère de tutelle ou encore un soutien technique auprès des FDPPMA.

  • Quel bilan tirer sur l’utilisation de l’argent des pêcheurs ?

 

pecheur flotteur (1)Bien sûr, on pourrait faire mieux avec l’argent des pêcheurs, chacun des 1 400 000 pêcheurs ayant sa petite idée pour améliorer la situation de la pêche en France. Il faut bien faire un consensus qui par définition, ne plaira pas à tout le monde.

Cependant, l’argent issu de la vente des cartes de pêche est globalement bien géré, d’ailleurs l’accès récents des Fédérations Départementales à l’argent public, oblige ses dernières à une gestion rigoureuse faute de quoi, elles seraient privées de cette manne financière.

Le reproche que l’on peut faire aux Fédérations départementales est de ne pas savoir expliquer le travail réalisé pour les pêcheurs via des actions de long terme et peu visibles mais ô combien importantes pour les milieux aquatiques.

Les dépenses effectuées par la FNPF sont également loin d’être irrationnelles. On peut les trouver discutables mais encore une fois chacun trouve midi à sa porte. Il n’est pas interdit d’avoir un avis différent de celui qui fait consensus.

Quant à la supposée inaction des Fédérations départementales, pour en connaître un certain nombre, je peux certifier que beaucoup font un maximum dans les limites de leurs moyens. Moi le premier, je souhaiterais souvent aller plus loin sur certaines études ou engager mes élus sur des actions de restauration lourdes mais concrètement, je fais avec les moyens du bord et ils ne sont pas extensibles.

Enfin je souhaite lourdement insister sur une notion importante à mes yeux : la multitude des acteurs de l’eau. Beaucoup de pêcheurs reprochent aux AAPPMA et aux fédérations départementales, l’état fortement dégradé de certaines rivières. On ne peut pas incriminer sans cesse les collectivités piscicoles qui sont loin d’être les seuls acteurs et gestionnaires de nos cours d’eau et qui ne sont pas à l’origine de ces dégradations. J’en veux pour preuve la représentativité des acteurs qui siègent dans les Agences de l’Eau : agriculteurs, industriels, services de l’état, collectivités territoriales, hydroélectriciens, sport d’eaux vives et enfin les pêcheurs. Nous ne sommes qu’un acteur parmi tant d’autres. Les décisions sont prises collectivement, des fois dans notre sens et d’autre fois à contre-sens de ce que nous souhaiterions.

En d’autres termes, seul un lobbying puissant de la part de 1,4 millions de personnes peut permettre de faire bouger les lignes …

Quels sont les pêcheurs qui ont conscience qu’ils n’achètent pas un droit de pêche en début d’année mais qu’ils payent une adhésion à une association de protection des milieux aquatiques. Ne dit-on pas un « permis » de pêche. Il ne s’agit pourtant pas d’une permission mais d’une adhésion volontaire à des associations reconnues d’utilités publiques.

Acheter sa carte de pêche en début d’année, c’est permettre à près de 1000 salariés et 40000 bénévoles de faire du mieux qu’ils peuvent pour rendre service à leurs pêcheurs et protéger les milieux aquatiques.

Vincent DURU « 

About sylvain l'esoxiste

52 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour Planète Carnassiers, 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre esoxiste.com sur Facebook
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28 Responses to Augmentation des cartes de pêches, les éclairages d’un lecteur

  1. dupont gérard says:

    Bonjour,

    Mr Duru a bien résumé (à mon sens) le fonctionnement du système actuel de gestion . Pour le vivre également je peux confirmer que les dépenses somptuaires dont parlent certains ne sont pas réalité … par contre j’ajouterai que le volet politique Européenne n’a pas été évoqué par Mr Duru ( et c’est le haut de la pyramide aujourd’hui ) et le plus important pour moi c’est que les FD sont souvent gérées de manière autocrate par un président et un conseil d’administration … voici pourquoi les prochaines élections devraient être à la base du changement.
    Pour finir deux points
    1/ La communication …. visitez donc les sites internet des Fédérations au hasard … vous verrez qu ‘ à revenu identique ce que font certaines et ce que ne font pas du tout d’autres
    2/ La fédération doit fédérer n’est il pas ? Hors j’affirme qu’il n’y a aucune fédération entre les fédérations et évidemment très peu au niveau des Aappma
    Il y a donc beaucoup à faire , avec les mêmes revenus et sans augmentation … soit en diplomatie appliquée soit en faisant respecter les objets statutaires des uns et des autres .
    J’ai lu avec attention le commentaire de Mr Roustan sur la réforme en profondeur envisagée par certains … c’est une personne avisée mais je ne peux pas croire qu’il ait si peu de connaissances du vécu quotidien dans les FD … donc il ne dit pas tout !
    Voyez le site de la FNPF et dites moi si vous voyez de la transparence dans les résultats des votes des conseils d’administrations … On ne peut savoir qui a voté quoi , sauf à le demander à son président de FD , s’il veut bien répondre . Exemple quels présidents ont voté pour l’augmentation de la carte 2015 … et qui a voté contre ?

    Bien cordialement

  2. dimnet andre says:

    salut a tous
    moi je dis qu’un euros par an de plus sur les cartes ,c’est une goutte d’eau,dans la mer,par contre les gaspillages,les decisions ecolo qui ne nous concernent pas vraiement au niveau peche,les acces inexistant pour acceder aux lieu de peche,les mises a l’eau qu’on a pas,les pecheurs pro qui font des massacres lors des peches de lacs et gros etangs et payé au prix fort,les kilometres de canaux et rivieres inaxessibles ,c’est pas normal,ça c’est du concret et pour tout les pecheurs de france et de bons plans pour placer notre contribution,s’engager dans son appma oui t’as raison sylvain mais on a pas toujours notre mot a dire , a part nettoyer les lots de peche….il faut le faire ok mais la s’arrete la consideration de beaucoup de dirigeants,alors meme a 1.million 400 mille pecheurs on est des moutons bèèèèè…..tes !!!

  3. Bodhran says:

    Ce texte explique énormément de choses, avec une rigueur vraiment louable.
    Merci Sylvain de le publier.
    Ca permet de comprendre qu’une décentralisation s’est faite là aussi. Donc que les couts au niveau local (départemental) ont explosé. De mon point de vue les grosses machines étatiques ne fonctionnent pas : tout le monde se régale en oubliant au passage ce pourquoi ils sont payés. Que davantage de boulot soit dévolu au niveau local me parait plus humain, logique.

    Nous apprendre que nous n’achetons pas un droit de pecher, mais plutot que nous finançons la gestion de l’équilibre de nos rivières de proximité est salutaire :
    Je vais payer ma carte 2015 et son augmentation sous un autre regard.

    La gestion de l’eau est donc loin de se faire par la seule filière peche.

    De mon point de vue, le gros problème de fond responsable du manque de poisson ne sont pas les viandards (d’ailleurs ces générations se meurent), ni les instances qui se tournent les pouces. Plutot leur opacité.

    Toujours de mon point de vue, l’intégrisme nokill est aussi débectable que tous les intégrismes.
    Ne prends que ce dont tu as besoin : voilà ce qui me parait être sain et responsable.
    Faire découvrir à des gamins comme c’est bon, un poisson frais, pas carré avec les yeux dans les coins, ni bourré d’ammoniaque… même quand il vient du marché, ça remet du sens.
    Et puis les yeux du gamin quand il mange … Yes ! Désolé c’est un peu HS mais ça démange.

    Le problème de fond est à mon avis la pollution agricole, et industrielle. D’ailleurs je suis très surpris d’apprendre que les agriculteurs participent activement de la gestion du milieu aquatique, car ça ne me parait pas coller du tout avec leurs intérêts immédiats…!
    Exemple concret : les rivières sur certains villages viticoles ne sont plus poissonneuses depuis un bon moment. Celles qui réceptionnent de larges zones de champs non plus.
    Celles qui font face à des rejets d’usines, c’est pas mieux.
    Les acteurs à sensibiliser sont aussi ceux là … et il y a du boulot.
    On tombe sur des sujets comme monsento … ce qui relève là du national.

    Avant de venir mettre mon grain de sel, j’ai bien regardé le site de ma fédération de pêche.
    Il n’y a rien qui explique leur taff. Encore moins de chiffres.
    Juillet 2012 : relevé de la population, recensement des variétés par pêche électrique dans ma petite rivière. J’ai redemandé par mail le compte rendu 2 mois après, comme on m’a dit de faire ce jour là. Jamais eu le compte rendu, et aucune publication sur le net …

    Alors si ils veulent fédérer, ils peuvent commencer par causer sérieusement de leurs activités. On est preneurs et pas forcément obtus.

    Que la carte augmente pour être gérés avec plus de proximité : ça me va si on nous l’explique, et qu’on arrête de tout faire dans son petit coin.
    Mais le niveau national est aussi à développer politiquement avec la conscience de ce qu’on fait de notre nature.
    La dessus, pas sûr qu’une carte même à 200€ paye pour notre manque d’implication personelle. Il a raison Monsieur Duru, faut qu’on se bouge … et dans le même sens en plus.

    • Des propos pleins de sagesse, il est vrai que l’opacité dans la com de nos instances nous éloigne de nos AAPPMA, fédés…etc.
      j’ai crée un blog pour la Gaule Lucenoise où tout est dit, lâcher, cr d’ AG, les pêcheurs savent tout. Si seulement toutes les AAPPMA et toutes les fédés faisaient ça, certes pour une fédé ça prend beaucoup de temps mais c’est devenu nécessaire à notre époque.

  4. philibert says:

    Et dire qu’avec tout ça on a de cesse d’entendre la famille des pêcheurs professionnels se plaindre ….
    Vraiment, vraiment trop d’ingratitude !

  5. Bel éclairage, en effet. Je comprends mieux maintenant où va l’argent de mon permis, et pourquoi j’ai raison de le prendre! On n’a rien sans rien : l’argent investi dans une carte de pêche est un effort pour demain, pas pour tout de suite. Les 5 € d’augmentation me semblent négligeables, je l’ai déjà dit, compte tenu de ce que nous dépensons autre part, ça ne me gêne pas de les payer, à condition que tout le monde en fasse autant…
    J’irai même plus loin : Pourquoi pas une « taxe halieutique » pour l’ensemble des fabricants d’articles de pêche qui, finalement, ne font aucun effort réel pour l’amélioration de la qualité de nos cours d’eau et empochent bien plus d’argent que nos fédérations? Cette manne financière servirait à subvenir aux carences d’un État qui se défile…(État qui au passage encaisse quand même la TVA sur nos achats de matériel; là aussi, il pourrait y avoir un retour sur investissement!)

    • J’espère que dans ton raisonnement tu ne prends pas en compte les sites qui parlent de pêche ? 🙂

    • bebelle says:

      Le seul inconvénient majeur serait que très vite les fabricants de matériel de pêche se feraient un plaisir de répercuter cette taxe sur leurs tarifs de façon a préserver leurs marges bénéficiaires et qu’au final ce serait les pêcheurs qui seraient touchés directement

      • Je ne suis pas un alevin de l’année, bebelle… Ceci dit, je ne ne vois pas pourquoi les plus gros bénéficiaires du « pactole pêche » ne mettraient pas la main à la poche. Après tout, c’est dans leur intérêt, non? Mais c’est un autre débat, j’en conviens.

        • bebelle says:

          Je me doute que tu n’est pas un alevin de l’année mon ami !!! Ce que je voulais seulement dire c’est que si tu taxes les entreprises de matériel de pêche à 1% de leurs bénéfices attends toi à 5% d’augmentation sur le matériel… Je reviens plus sur ce qu’a dit Bodhran, une taxe aux agriculteurs et entreprises polluantes serait plus juste peut être…?

          • Ce que j’aimerai, sans parler de taxe, c’est qu’on incite les grands groupes comme Daiwa ou Shimano (pour ne citer qu’eux) à participer un petit peu financièrement parlant au rétablissement de la qualité de nos cours d’eau. En termes d’image, ils en sortiraient gagnants. Pure Fishing à un petit programme « écolo » qui va dans ce sens, mais il faudrait faire plus. Les agriculteurs et les entreprises sont déjà taxés, les pêcheurs aussi, les fabricants ne payent rien, tu trouve ça juste?

  6. bebelle says:

    la solution est peut etre tout simplement aussi à l’éducation des pêcheurs a la pratique du no kill, a la fermeture durant 1 a 2 ans de certaines rivieres avec de l’alvinage durant ces périodes et aussi l’adhésion totale de toutes associations de pêche à la réciprocité qui permettrait quand on prend un permis d’aller ailleurs si le secteur est fermée pour la préservation de notre patrimoine et de nos rivières. Une seule phrase me parait logique: »relache le poisson pour qu’il donne autant de plaisir a un autre qu’a toi et que sa descendance fasse rêver la tienne… »

  7. Alain says:

    Merci à Sylvain d’avoir donné cette tribune et à vous, Vincent Duru pour cet éclairage technico financier pour les profanes que nous sommes.

    Comme pour bien d’autres domaines, le désengagement de l’état qui donne un cadre mais pas forcément les moyens qui sont en correspondance laisse craindre que les choses n’iront pas en s’arrangeant et forcement pas toutes seules…

    Que faire d’efficace au niveau individuel quand on n’a pas de compétences particulières en la matière mais qu’on est de bonne volonté ?
    Merci.

    • A titre très personnel, je dirai s’engager dans son AAPPMA, voir plus au sein d’un club carnassier, ce serait déjà un début

      • Olivier BERNOLIN says:

        Je ne vois en quoi l’adhésion à un club carnassier serait un plus par rapport à l’investissement dans une AAPPMA. C’est bien les AAPPMA qui sont gestionnaires de la pêche et non les clubs, ils n’ont pas forcément cette vocation même si des clubs comme l’AMC participent au repeuplement. Encore faut-il savoir ce que l’on appelle club.
        Les AAPPMA ont réellement besoin de personnes motivées qui veulent défendre leur loisir, leur passion, sans pour autant tomber dans l’extrémisme. L

        • Lorsqu’on est pêcheur de carnassier, on souhaite généralement s’investir dans le domaine qui nous passionne, donc un club carnassier. Les clubs sont des forces de proposition, des laboratoires d’idées et ils aident les AAPPMA. Ce n’est pas impossible de s’investir dans les deux, je connais beaucoup de pêcheurs qui le font et c’est une réussite. Des AAPPMA créent aussi des « sections » ou « pool » pour mieux motiver leurs bénévoles et ça se comprend, un carpiste ne sera peut être pas enclin à aménager une rampe de mise à l’eau à bateau sur un de ses meilleurs spots.

  8. Vincent DURU says:

    Je suis évidemment d’accord sur le fait que les Fédérations ne savent pas encore communiquer avec les pêcheurs alors que contacter la génération 2.0 devient de plus en plus facile. Cependant je nuancerais cela par rapport à l’implication dans le réseau associatif : connaissant d’autres associations sans rapport avec la pêche, je trouve quand même que les jeunes désertent beaucoup ces dernières. Est ce un changement sociétal réel ou un simple recroquevillement sur soi en période de crise ???
    Effectivement, il s’agit de Sainte Croix, cette photo a été prise il y a moins de deux semaines car la semaine je travaille pour le monde de la pêche et le weekend, plutôt que d’en parler, je me perfectionne. Et croyez-moi, il a du boulot 😉
    La comparaison avec la réforme des rythmes scolaires me plait beaucoup, on est typiquement dans ce cas là : l’Etat donne des missions sans donner tout les moyens qui vont avec…

    • Huck says:

      Je suis du 83, Draguignan. L’un des plus beaux lac celui de Sainte Croix, au plaisir d’une rencontre au bord de l’eau.
      Si tu souhaites, il y a un forum pechevar. Tu pourrais informer beaucoup de pecheurs.

  9. ludo71 says:

    Réponse TIP TOP. J’appuierai encore plus sur un point qui n’est pas valable uniquement pour les collectivités piscicoles, mais qui correspond au même principe. Toutes ces structures (fédé, AAPPMA,…) mais aussi collectivité territorialesou autres fonctionnent un peu selon les mêmes principes: effectivement les dépenses de ces structures augmentent d’années en années, mais c’est parce que l’état, en votant des lois, leur en demande de plus en plus (et se désengage de plus en plus) sans forcément leur transférer les moyens qui vont avec. Ces structures font donc ce qu’elles peuvent avec ce qu’elles ont, et pour assurer des missions imposées par ces textes de lois, augmentent leurs dépenses (un exemple très relayé par les médias cette année a été la réforme des rythmes scolaires imposés par l’état). Ce n’a aucun rapport avec la pêche, mais c’est le même principe: l’état demande telle chose à telle structure. La structure demande à l’état « comment on fait / finance? », réponse: « règle 22 démerde toi comme tu peux ! » Du coup, la structure embauche pour réaliser ce que l’état lui a imposé, et par définition augmente ses dépenses.

    C’est très caricaturé, mais c’est comme ça que ça se passe. Et sans communication de la part de ces structures et avec un désintéressement de ses usagers pour elles, on arrive à entendre un peu tout et n’importe quoi sur l’origine des soucis tels que l’augmentation de tel ou tel prix…

    Enfin woala ce que j’en dis. En tous cas super article et super réponse !

  10. Huck says:

    Le lac ou vous êtes en photo, c’est sainte Croix ?

    Les explications faites avec l’appui des lois et décrets sont claires.
    Le problème de beaucoup de pêcheurs vient du fait qu’ils prennent moins de poissons et très rarement des poissons trophées. Pour moi, cela n’a pas de lien avec le travail fourni sur l’aménagement des cours d’eau, mais bien à une réglementation qui doit s’adapter sur les tailles et le nombre de captures annuelles autorisées, entre autre.
    Le raccourci qui fait dire qu’il y a moins de poissons, car il y a moins de lâcher est …….

    Il faut donc travailler à mon sens sur différentes orientations qui vont permettrent de retrouver du poissons dans nos lacs et rivières. Cela peut être long, mais les ingénieurs, les techniciens, les bénévoles , je pense font du bon travail.
    A nous de nous investire afin de faire bouger les mentalités.
    Gardez la peche !!!!!

  11. Allard David says:

    c’est bien ce que je pensais…nous payons bien des gens qui servent à rien…nous payons toujours plus cher chaque années pour faire toujours moins de poissons…et dire que nous ne payons pas une fédérations mais des associations…!!!! notre pognons ne sert qu’à engraisser ………..de la FFP avec leur AG et repas qui coûte une blinde!!
    La carotte, c’est devant qu’il faut la mettre! pas derrière….Mais à force de nous prendre pour des pigeons, de plus en plus de Français pêcherons sans permis……
    Quel solutions me demanderez vous?… tout simplement de suivre l’exemple d’autre pays comme l’Italie ou l’Espagne qui arrive à rendre leur court d’eau et lac plein de poissons, rendent les pêcheurs contents!! n’est ce pas là le but d’une fédération de pêche?? perso, je virerais tout ces requins, voleurs, menteurs et recommencerais tout à zéro!!!
    Voilà ce que je pense MOI de tout ça! et je peux vous assurez qu’après lecture de ce « droit de réponse » beaucoup de personnes comprenne mieux! mieux que notre argent est mal…très mal utilisé!
    désolé Sylvain pour cette réponse franche…j’aime et respecte ton site mais je me devais de répondre. merci

    • Désolé David, je respecte les avis mais j’ai effacé les termes grossiers de votre commentaire

      • Olivier BERNOLIN says:

        Autant j’apprécie les propos de M. Duru qui vient combler l’ignorance de chacun d’entre nous (encore faut-il admettre son ignorance) et remettre un peu d’ordre dans les choses même s’il y aurait des points à éclaircir et sur lesquels il faudrait débattre. Car oui, que connaissons-nous réellement de la pêche associative, de son fonctionnement et de ses rouages? On ne voit pas plus loin que le bout de nos lunettes, de notre intérêt et plaisir personnel. Alors, vos propos, M. Allard, m’écoeurent.
        Que de clichés d’ailleurs!
        Vous saurez que dans les AAPPMA nous ne sommes pas tous là à nous engraisser . Il y a des gens qui se sacrifient, c’est le BENEVOLAT au sens noble du terme et qui donnent tout de leur personne, sans toucher un centime, au risque même de mettre en péril leur vie de couple. A ce titre, vous leur faites injures…et vos propos sont quelques peu diffamatoires.(dire que Sylvain a enlevé les grossièretés)
        Quant au discours redondant: « on ne prend plus de poisson, il y en a de moins en moins », sachez simplement que c’est l’éternel lamentation des pêcheurs de loisir, et ce, depuis bien longtemps.
        Il suffit pour cela de se plonger dans les archives de la pêche de loisir et c’est toujours cette même rengaine: « on prend plus rien, il y en avait plus avant ». C’était ainsi il y a 10, 20, 30, 40 ans et vous pouvez même remonter jusqu’au 19ème siècle.
        A croire qu’il y a eu une époque ou les poissons étaient serrés dans nos plans d’eau et rivières comme dans une boîte de sardine. Mais la réalité est tout autre. Un cours d’eau n’est capable de donner que ce qu’il peut produire. Or, les hommes les ont beaucoup altérés… sans doute la faute à la pêche associative!
        Le plus ironique, si vous vous promenez sur le net, ce ne sont pas les beaux poissons qui manquent. Il n’y a jamais eu autant de pêcheurs s’exhibant avec leurs belles prises, au point de nous en faire baver. C’est peut-être ce qui nous aigrit?

        Tu vois Sylvain, c’est toujours la même chose quand on évoque la pêche de loisir. Beaucoup se délectent à nous cracher dessus… Pour ma part, ça me dégoûte et je me demande à quoi bon continuer, les pêcheurs en vallent-ils la peine???????
        On verra les courageux à l’automne 2015. Ce sera le moment des élections et du renouvellement des instances de notre pêche associative… l’occasion de renouveler les têtes. Encore faut-il des volontaires??? J’attends avec impatience ces soi-disantes nouvelles générations. On verra quelle sera la hauteur de leur investissement.
        Crois-tu sincèrement que de tels débats vont faire avancer la pêche? Ne crois-tu pas plutôt qu’on montre une image négative de la pêche de loisir, toujours à se mépriser les uns les autres. Ils doivent se marrer dans les administrations si ils voient ça. Quelle crédibilité avons-nous alors devant les décideurs…? Merci le net, c’est lui qui nous tuera!!!

        Lorsque l’on perdra un jour la pêche associative, c’est à ce moment que l’on comprendra la chance que l’on avait… et ce sera le retour aux seigneurs, les seigneurs de l’argent…et ils sont déjà là…
        Olivier

        • Salut olivier, je reste persuadé que du débat, même virulent, émergent de bonnes idées.
          L’image des pêcheurs, tu sais, c’est papy qui boit de la bière assis sur son panier siège, alors pour faire pire c’est dur. Le net facilite la prise de parole des pêcheurs qui ne viennent plus aux AG, certes ils se lâchent car l’anonymat du net le permet mais bien que le commentaire de M. ALLARD soit outrancier, dans la forme et le fond, j’ai choisi de le publier (en ôtant les grossièretés) car il nous montre comment on peut être perçu par une frange de nos condisciples et il y a toujours une leçon à retenir de tout ça.

      • Allard David says:

        fallait tout effacer alors…

        • La réflexion était bonne, le ton aurait mérité juste un peu plus de modération car si un s’énerve, un autre répondra encore plus mal et ça finira en bordel, et pour ça il y a Facebook pas mon site.

  12. Guillaume A. says:

    Félicitation et remerciement à l’exosiste pour avoir accordé ce droit de réponse.

    Bravo aussi à M. DURU pour le ton et la diplomatie dans ce droit de réponse.
    A l’heure de la sur-communication et du parler pour ne rien dire, je trouve que les fédé et autres appma sont à la ramasse pour justement fédérer les pécheurs aussi variés soient-ils.
    Je pense que cette communication manquante pourrait motiver certains pécheurs à s’impliquer d’avantage, notamment chez les « jeunes ».