Vif vs leurre, l’opposition habituelle du pêcheur
avatar

penseurLe dernier épisode d’une pseudo guéguerre qui fait bien rire nos détracteurs et soupirer les plus sages d’entre nous vient encore de se dérouler pour partie à cause de cette opposition philosophique  à deux sous: Leurre ou appât naturel.

Rappelez vous, certains pêcheurs moralistes vilipendaient celui qui a attrapé une très grosse truite au chabot…A t’il braconné, non ! Alors pourquoi ces pêcheurs s’énervent ?

Je regarde d’un œil amusé, même chez mes proches amis, se placer une limite psychologique dans l’utilisation d’une technique donnée pour attraper du poisson. Personne ou si peu n’a la même limite qu’il s’ est fixée en propre, ainsi certains ne pêchent qu’au leurre, qu’au vif, aux deux, critiquent ou non les autres qui ne font pas comme eux.

vif attaque sandre (2)A titre personnel  je pêche de moins en moins aux vifs, pas par sport ou éthique mais parce que trimballer des vifs c’est usant, les conserver c’est difficile et je trouve la pêche moins intéressante. Ça c’est mon avis strictement personnel, je ne désire l’imposer à personne. C’est comme le Nokill, dogme qui m’exaspère, pas parce qu’il s’agit de relâcher ses prises, ce que je fais régulièrement, mais parce que c’est un dogme et que tout bon humain ayant un cerveau normal devrait refuser les dogmes. Pour info et selon Wikipédia un dogme c’est :  (du grec δόγμα dogma : « opinion » et δοκέω dokéô : « paraître, penser, croire ») Une affirmation considérée comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse.

Certains pêcheurs ne pêchent plus du tout au vif car ils ont décidé une bonne fois pour toute de se simplifier la vie et de se la compliquer d’un autre coté  au travers de la multitude de leurres sur le marché. Les commerçants sont contents car un leurre se vend plus cher qu’un vif et un leurre s ‘accompagne  ensuite de collectionnite qui fait vite revenir le client vers le détaillant. Les fabricants et importateurs sont contents car leur industrie prospère  et cet engouement fait rivaliser d’ingéniosité nos concepteurs qui nous pondent des leurres de plus en plus efficaces.

De leur coté les partisans du vif restent arc boutés sur les positions tenues par leurs pères, avec deux ou trois petites innovations en dix ans. Pour autant chaque pêcheur sait que le vif est bien plus attractif que le leurre, c’est indéniable et personne, même chez les  plus extrêmes, n’a jamais prétendu le contraire.

Leurres de surface07Alors pourquoi s’affronter dans un débat d’idée stérile qui ne fait en aucun cas avancer le schmilblick pêche ? C’est la nature humaine et l’esprit franchouillard qui fait que nous ne pouvons pas être d’accord entre nous ou c’est le besoin irrépressible de convaincre l’autre que notre avis est le bon ?

Les chasseurs se posent ils la même question ? Que nenni,  pourtant pour bien les connaître les chasseurs à pied méprisent la chasse à courre… les chasseurs de bécasses trouvent que ceux de sangliers sont des rustauds sans cervelle, les chasseurs de sangliers n’aiment pas les bécassiers qui dérangent leurs cochons !! Passons car ce n’est pas le sujet mais tous font front commun sur le point de la mise à mort : rapide et  digne et surtout indispensable. Mais ça c’est la chasse, pas la pêche.

La pêche était, il y encore pas si longtemps que cela un acte de prédation, réel, avec un poisson mort et un pêcheur heureux à la fin de la partie de pêche. Et là pas de problème d’éthique, on était pêcheur ou pas. Dorénavant certains veulent nous faire admettre que la pêche est un sport avec des valeurs éthiques… Un sport qui consiste à faire souffrir un poisson en le combattant, chose qui me rappelle dans l’absolu la tauromachie où l’on combat un taureau et où on le fait souffrir…  Mais là, ceux qui abhorrent la tauromachie vont trouver que la pêche aux leurres c’est « fun » !!! Pourtant à y regarder il y a beaucoup de points communs.

La grande majorité des pêcheurs se moque de cette opposition vif contre leurres et batifole de l’un à l’autre mais quelques uns considèrent que le leurre c’est bien et que le vif c’est mal. Alors on voit de plus en plus de gamins, et ce n’est pas forcément un mal, ne pêcher qu’aux leurres. Là où ça devient amer c’est lorsque ceux ci vous traitent de viandards et vous conspuent lorsque que vous ramenez dix perches pour l’apéro. Par contre ils bouffent du poisson pané, du panga et autres poissons élevés dans des conditions qui feraient frémir d’effroi un SS de la division Das Reich.

photo pecheur.info

photo pecheur.info

 

Chacun devrait être libre de pêcher comme il le veut du moment qu’il reste dans un cadre légal et réglementaire. Mais non, pour certains, ce n’est pas assez, il faut obliger l’homme à ne plus manger de poissons d’eau douce car les poissons sont nos amis, ou alors qu’on les mangera tous et qu’il n’y en aura plus pour les générations à venir..Foutaises !

D’autres, pour des raisons d’éthiques qui leur sont propres militent pour que la pêche au vif soit interdite. Cette attitude, même si je ne la comprends pas, est tout autant honorable qu’une autre tant que ses tenants n’insultent pas ceux qui pêchent au vif, toujours dans un cadre légal.

leurres-handmadeLa pierre d’achoppement de ce sujet semble être l’éthique, une charte du bon pêcheur, mais une charte on est libre ou non de l’adopter sinon cela devient une loi. L’éthique, propre à chacun selon ses dispositions envers les animaux ne doit pas s’imposer mais se faire accepter. Tout ceci durera plus ou moins longtemps avant que la majorité des pêcheurs de carnassiers commencent à penser que pêcher au vif n’est pas si bien que ça.

Jamais je ne critiquerai quiconque ayant une autre position que la mienne et tentant d’y faire adhérer les autres par des propos polis et des arguments réfléchis, bien au contraire. Mais critiquer abruptement, vilipender, insulter, menacer de mort ou autre pour un sujet tel que le vif oui ou non, c’est montrer un incontestable esprit au ras des pâquerettes !

Dans un commentaire précédent un lecteur m’a donné trois raisons pour interdire la pêche au vif :

  • La raison sanitaire du vif colportant des maladies,
  • La raison éthique du fait de tuer un poisson pour jouer avec un autre,
  • La raison technique avec un engamage profond qui nuit aux chances de survie du poisson si on veut le laisser repartir.

vairon maniéSi la raison sanitaire est mise en avant dans plusieurs pays qui interdisent la pêche au vif, celle éthique ne l’est jamais sauf sur des parcours spéciaux réservé au nokill. La raison technique est débattable, entre les nouvelles façons d’escher un vif pour ferrage à la touche, par exemple. Ce lecteur a bien analysé le sujet qui me fait écrire mais seul l’argument sanitaire semble être pertinent pour tous.

Même si je mange ma pêche que quatre à cinq fois l’an, je ne peux laisser passer le discours pro Nokill habituel de certains. Il y a du poisson donc autant en manger plutôt que les cochonneries industrielles qui nous empoisonnent à petit feu. Un autre disait dans un autre commentaire que s’il voulait manger du poisson il allait chez son poissonnier. Poissonnier qui lui l’aura acheté à un grossiste qui l’aura acheté à un pêcheur pro qui l’aura pris peut être là où notre commentateur pêche. Soit,  qu’il soit libre de faire comme il veut  mais interdire à un pêcheur de manger sa pêche sans arguments plus terre à terre que ça, c’est de l’ordre de la morale presque « religieuse », le pêché dans la pêche ? Peut être est ce cela, une telle moralisation de la pêche qui la conduit à une quasi religion, dangereux tout ça car chaque religion ne fait que manipuler par acceptation d’un dogme. Ce n’est pas  éveiller les consciences car ça prend trop de temps chez la majorité et c’est impossible chez certains !

144939percing-poisson-hamecon-jpgIl y a quelques années, un débat faisait rage sur les forums et réseaux sociaux : La photo du poisson !  Il y était sujet de ne plus prendre en photo les poissons hors de l’eau car c’était leur manquer de respect… De quoi ? On atteignait là le sommet du ridicule selon moi.  Le  poisson n’est pas notre ami ou notre frère, c’est basiquement de la nourriture et ma maman me disait quand j’étais petit de ne pas jouer avec ma nourriture. Cette dernière phrase pour mettre un peu d’humour dans ce texte qui en manque beaucoup.

Donc désormais selon certains pêcheurs aux leurres, il faudrait interdire le vif, ne plus pêcher en période d’étiage, bannir certaines techniques, ne plus pêcher en hiver quand les poissons sont regroupés, ne plus pêcher au printemps car ça dérange le frai de nos carnassiers (frai qui s’étale de février à juillet en partant du brochet jusqu’au silure.).

bec-090612-1Ces gars là pêchent ils ?  Selon leurs préconisations il faudrait alors autoriser la pêche des carnassiers en septembre et en octobre, et seulement aux leurres,  et pas aux leurres souples car ils polluent, sans plomb, sans peinture, sans phtalates, sans fil car les  oiseaux se prennent les pattes dedans…Et j’en oublie ! Je n’exagère pas, je l’ai déjà lu.

Où est donc passé le bon sens dans tout ça ? J’aurai presque tendance à dire qu’il est resté chez les pêcheurs au vifs car eux ne nous abreuvent pas de telles inepties. Sous des prétextes d’évolution de l’âme on voudrait nous faire adhérer à de nouvelles valeurs « new age ».  Stop ! La majorité des pêcheurs ne veulent que prendre du plaisir à prendre du poisson et du bon temps, rien de plus.

Le pêcheur au vif est soit un débutant, soit quelqu’un qui recherche du poisson pour son repas, soit  un passionné de pêche au posé qui ne peut plus se déplacer comme dans sa jeunesse. Peu importe qu’il garde ou non son poisson, il fait comme lui dicte sa conscience et dans le cadre de la réglementation pêche.

Dans mon AAPPMA, j’ai à mes cotés une immense majorité de bénévoles pour les nettoyages qui ne sont que pêcheurs aux vifs. Ceux là préfèrent donner un coup de main au milieu naturel plutôt que de philosopher sur internet ! J’ai bien conscience que modifier le milieu naturel c’est le rendre moins naturel mais quelquefois c’est autant bénéfique pour le pêcheur que pour le poisson.

rotengle Settons 12071406Internet et les réseaux sociaux, les blogs, donnent la parole à une minorité de pêcheurs qui déchargent une morale tel un imam devant ses fidèles. Certains ont d’excellentes idées mais elles sont noyées dans le flot  des mauvaises ou des idées courtes. Pourtant, la vraie pêche, celle légale, c’est l’associatif et là on se rend compte qu’internet est à mille lieux de la réalité de terrain.

Les débats sont passionnants tant qu’ils restent argumentés mais celui sur les vifs ou les leurres ne repose que sur un dogme qui dirai qu’il ne faut pas faire de mal aux poissons, dogme mis à mal par des théories scientifiques sérieuses relatives à la douleur ressentie par les poissons. Mais encore je rajouterai que peu importe la douleur, j’ai le droit de tuer une araignée et ça lui fait peut être mal, pourtant je tue cet insecte sans réfléchir à tout cela. J’accepte que des professionnels tuent par procuration pour moi et me fassent payer leur service lorsque je veux manger de la viande ou du poisson, pourquoi ne l’accepterais-je pas de mes collègues pêcheurs si ce n’est vouloir les enfermer dans ma propre éthique ?

perceval peche

 

Sachons tous, vifeurs et leurristes, surtout leurristes, arrêter de nous prendre pour les gardiens du temple et vouloir laver plus blanc que blanc. Ce n’est que de la pêche après tout ! Devenons juste pragmatiques, pêcheurs raisonnables pour protéger la ressource, ce sera déjà pas mal !

Il est normal d’avoir son éthique, et de placer la barre au plus haut à mesure qu’on devient un bon pêcheur mais n’oublions pas que nous ne sommes pas si nombreux que cela. Ne dégoûtons pas les débutants,  les gamins adorent pêcher des truites arc en ciel dans des bassins et certains d’entre nous trouvent cela immoral, pourtant c’est comme ça qu’on fait aimer la pêche aux gosses pas en leur expliquant qu’il faut tout interdire.

Gardez la pêche.

 

About sylvain l'esoxiste

50 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour Planète Carnassiers, 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre L'Esoxiste sur Google+ et esoxiste.com sur Facebook
This entry was posted in Editorial - Coup de gueule, informations diverses pêche. Bookmark the permalink.

20 Responses to Vif vs leurre, l’opposition habituelle du pêcheur

  1. plugginweapons says:

    Ah que voilà un sujet qui, comme je le craignais en commençant de le lire, aura dévié sur le NO KILL… NO KILL : NE PAS TUER, est une idée farfelue car à partir du moment où l’on joue avec des hameçons qui blessent le poisson, on risque de tuer…
    Je suis un adepte du ‘catch & release, même si je conserve quelques poissons chaque année (truites de lâcher et percidés uniquement). Le catch and release systématique n’est pas selon moi LA solution, mais le prélèvement raisonné va engendrer ce « catch and release », la critique du vif ou du NO KILL ou de quoique ce soit est stérile !!!
    Le catch and release est né de la volonté de limiter l’impact de la pêche sur les milieux devenus fragiles… Et ce n’est que comme cela qu’il devrait être perçu, et non comme une mode de gamin pêcheur qui a cassé son skate board (j’vais faire des potes là !)…
    Mais je dois reconnaître que la pêche au vif nous offre souvent l’image d’un brochet qui agonise dans un sac poubelle… Avec mes 43 balais dont plus de 35 passés à arpenter les rives le plus souvent possible, je dois avouer que je n’ai jamais vu un pêcheur au vif relâcher un brochet maillé… Et j’ai croisé des « vifeurs » sur Pannecière qui n’avaient sans doute pas appris à lire les panneaux sur les quotas de brochets pourtant nombreux et bien visibles…
    Mais je n’ai rien contre les pêcheurs quels qu’ils soient ni de quelque espèce qu’ils pêchent, et même si on dit « qui aime bien châtie bien », j’aimerais que ce genre « d’amoureux de la nature » la châtient moins.

    Pour conclure, je pense que c’est plus le pêcheur que la technique qui est à combattre et à insulter quelques fois, et je convient cependant que la technique induit le viandage… Après des heures et des heures à surveiller ces flotteurs ou ces témoins en polystyrène depuis le siège de sa voiture dont la radio crachotte des infos sur le Tour ou sur le dernier match de foot, le pêcheur au vif qui finit par capturer un poisson se pense « ouais bein çuilà j’le garde !! Merde ! » et se trouvera toutes les excuses du monde pour conserver ce BEAU BROCHET de 59,8 cm…

    Amis pêcheurs ! Ne nous gênons pas entre nous !! Si vous aimez et respectez la nature l’eau et les poissons autant que moi et d’autres de mes amis, soyez les bienvenus dans le cercle des gens que j’estime.

    Fabrice

  2. le régulateur says:

    salut a tous, pour ma part je pratique la pèche au vif et également la pèche au leurre, lors de mes parties de peche j’ai dans la voiture les cannes prètes pour les deux méthodes, pour ce qui est de la pèche au vif , si je ne prends pas de vifs sur place, je pèche aux leurres, surement par flemardise d’aller chercher mes vifs ,les conserver car souvent ils meurent avant la partie de pèche, et au transport en arrivant sur le lieu de pèche il y a plus d’eau dans la voiture que dans le seau. voila mon avis.

  3. Lesfilmu says:

    Dernier truc : l’opposition entre les « communautés » existe depuis toujours… cranassiers/carpiste, coupistes/leuristes, en shot canon/nikon, en aquariophile élevage/sauvage, en sport extérieur/salle et j’en passe des milliers d’autres…
    C’est donc « normal » que çà se produise, et c’est quand c’est ait intelligemment entre gens de bon sens que çà devient productif et source de « progrès » commun.
    Tant que çà reste « s’assener des vérités » à grand coup de noms d’oiseaux, çà ne mérite que de l’ignorer…
    « Tout ce qui est exagéré est inexistant ». C’est pas de moi, mais c’est une de mes devises favorites 😉

  4. Lesfilmu says:

    « Rappelez vous, certains pêcheurs moralistes vilipendaient celui qui a attrapé une très grosse truite au chabot… »
    A titre perso, j’ai vilipendé la pêche au chabot quand j’étais resté à l’ancienne loi, qui le protégeait, j’ai fait mea culpa quand j’ai appris que ce n’était plus le cas.
    Puis j’ai vilipendé (et je le maintiens) la qualité déplorable des premières photos postées : un tel poisson mérite le respect et d’être présenté à son avantage, même mort, pas comme un vulgaire morceau de barbaque. Là aussi, les photos suivantes furent « mieux », mais la première impression est toujours celle qui reste.
    Et j’ai vilipendé (et je le maintiens) le principe de laisser la pêche ouverte en période de gros étiage qui fixe les poissons dans les pools. Ca revient à pêcher dans une bassine…
    Et pour ce qui me concerne, je ne moralise personne, je ne suis extrémiste de rien (je mange une partie des poissons que je pêche) et comme toi, je hais les dogmes, c’est le degré 0 de l’intelligence.
    « Un sport qui consiste à faire souffrir un poisson en le combattant, chose qui me rappelle dans l’absolu la tauromachie »
    On a déjà parlé de la douleur du poisson : il est prouvé qu’il n’y en a pas, au moins par la bouche. La tauromachie n’a rien à voir avec la pêche…. je pense qu’il ne faut pas tout mélanger 😉
    « Dans un commentaire précédent un lecteur m’a donné trois raisons pour interdire la pêche au vif : »
    C’était moi. Mais désolé de te reprendre un peu : je ne milite en aucun cas pour interdire la pêche au vif. Je donnais des raisons (les miennes, il peut y en avoir d’autres) que j’estime « recevables » pour ouvrir la discussion sur le sujet. Rien de plus, rien de moins 😉
    « seul l’argument sanitaire semble être pertinent pour tous. »
    C’est ton avis, pas de problème. D’aucun en aura un autre 😉
    Pour ma part, la façon dont on pratique une activité, quelle qu’elle soit, est partie prenante de ladite activité.
    « Le poisson n’est pas notre ami ou notre frère, c’est basiquement de la nourriture »
    Pour le coup, pas d’accord du tout… le poisson, c’est un animal, vivant, à sang froid (je résume). Si on va par là, tout est nourriture de quelqu’un, y compris l’homme qui se faisait bouffer par les loups ou les requins, voir… par des hommes.
    Une fois qu’on dit çà, la question n’est plus qu’une question Ethique… ou sociologique (ce qui revient à peu près au même).
    « Donc désormais selon certains pêcheurs aux leurres, il faudrait interdire […] »
    Ca c’est un peu facile (tu m’excuses ?). Il n’y a pas que les leuristes qui ont des avis sur les choses. Un vifeur est parfaitement capable de comprendre lui aussi que coler un vif sur un nid de sandre c’est pas bien (par exemple, y’a plein d’autres exemples possible, je ne vise personne en particulier).
    Par ailleurs, un étiage c’est déjà une cause de forte mortalité naturelle, inutile d’en ajouter. C’est une question basique de « gestion de la ressource » et de « protection du milieu aquatique », mission de base de AAPPMA.
    Pas la peine d’être fleuriste pour comprendre que pêcher un poisson pendant la repro est un problème. J’intègre là-dedans les scandales suivants : pêche en eau douce de poissons marins qui n’y sont QUE pour se reproduire (là je vais prendre une volée…), pêche de l’anguille (en voie d’extinction), de la pibale/civelle (un scandale absolu), et en eau de mer le filet pélagique sur les regroupements de bars en mars ou la pêche sous-marine sur les frayères à Marseille (là aussi, je vais me faire tuer…).
    Et y’a plein d’autres exemples.
    Le sujet c’est ni le dogme ni la morale, c’est la préservation du milieu, la gestion de la ressource. On peut se trouver une excuse plus ou moins bidon (quoique) à savoir la bio-diversité, ou une excuse tout aussi bidon, la gestion halieutique, mais en tout cas pour une « bonne » raison du strict plan respect du milieu et de la réservation de l’avenir.
    Et c’est pas une question ni de dogme, ni d’éthique, ni d’extrémisme ou d’exclusion, juste… de bon sens.
    Bon sujet, c’est dans le débat et la discussion qu’on apprend des trucs et qu’on progresse, y compris sur les idée ;).

  5. BARTH says:

    Bonjour ,
    je rejoins les commentaires précédents très bon article ,vraiment j’ai eu un réel plaisir à le lire .
    j’adhère complètement à ta philosophie ,je garde aussi quelques poissons pour le plaisir du palais et je déplore ce manque de tolérance que l’on rencontre de plus en plus au bord de nos belles rivières de la part des « no killeurs  » .Je pêche aussi bien au vif qu’au leurre et j’aime surtout être LIBRE….
    Merci pour tous tes articles ,continue .
    Michel

  6. Sylvain says:

    Bonjour
    excellent article comme d’habitude, merci de nous faire réfléchir.

    Malheureusement maintenant ca va encore plus loin que « vifs vs leurres ». En effet l’année dernière j’ai eu le droit que pêcher à la cuillère était la même chose que de pêcher aux vifs car, attention argument massue (comme le général), c’était trop facile et, je cite, « anti sportif »…..

  7. Joubert-Laurencin says:

    Le seul truc qui m’embête, c’est l’interdiction de la pêche aux appâts (vers,vifs ou morts ) dans les différentes compétitions.Avoir le droit de pêcher au drop shot avec un leurre mais pas un appât, au leurre souple sur une Drachko mais pas un mort.J’aime pêcher aussi bien avec des leurres qu’avec des appât et certains jour,rien aux leurres ou l’inverse.
    On va me dire que c’est interdit dans les compétions internationale donc on s’aligne pour ne pas être perdant.

    • Le poisson mort est autorisé sur le circuit du challenge interdepartemental Henri Hermet, à titre perso ça m’a gêné lorsque l’ AMC a interdit le mort manié pour le trophée des grands lacs du Morvan, j’ai été le seul du bureau à voter contre mais c’est dans l’air du temps, semble t’il.

    • Lesfilmu says:

      La raison est assez simple à comprendre, au moins d’un point de vue « neutralité des compétiteurs » : la pêche aux appats naturels est plus efficace que la pêche aux leurres. Donc çà fausse les chances, ou alors tout le monde aux appâts naturels.
      Une autre raison qui me parait recevable, c’est (je répète, mais c’est pô grave) : les concours sont en no-kill et il est bien plus fréquent que des petites proies, a fortiori naturelles (qui vont être avalées), soient engamées bien plus profond que des leurres, même de taille équivalente. A partir de là, c’est aussi une question d’intégrité physique du poisson, qu’on va relâcher.
      Je ne suis pas fan de compétition, mais la neutralité est requise comme postulat de départ, sinon, çà marche pô…
      D’un autre côté, je n’oppose pas appât naturel/leurre, ce sont deux techniques différentes qui répondent à un but commun (attraper le poisson) mais avec des approches et des « philosophies » différentes. Aucune n’est meilleure que l’autre, mais par contre, on peut dire que l’une est plus en phase que l’autre avec le concept de pêché/relaché (pour éviter l’anglicisme), car elle permet un meilleur contrôle de l’intégrité physique du poisson, donc de sa relâche.
      Vous avez le droit de ne pas être d’accord, il n’en reste pas moins que c’est mon avis… 😉

  8. Hervé says:

    bon article , je pêche autant au vif qu au leurre et je ne changerais jamais , je mange certains poissons que je prend mais très peu (un brochet par an et un sandre si j en prend un ! ) , ceux qui ne sont pas content préfèrent certainement laisser faire les cormorans qui eux ne respectent rien !

  9. J’ajouterais que la notion de territorialité vient compliquer la chose, car le principal reproche que font les « leurristes » aux autres pêcheurs (au coup, à la carpe, au vif) c’est qu’ils occupent une large portion de berge pendant des heures sans qu’il soit possible d’y pêcher. Même chose en mer avec les pêcheurs aux appâts qui squattent les rives pendant des heures, interdisant l’accès aux petits manieurs de jigs que nous sommes… Même en bateau c’est compliqué, j’ai failli m’écharper avec des carpistes à l’ouverture car j’avais eu l’outrecuidance de m’emmêler dans leurs lignes qu’ils avaient tendues à 200m du bord… Bref, c’est pas simple la pêche, même entre pêcheurs :)
    Pour le No Kill: No Comment! Je pense comme toi.

    • tranxen says:

      Vous m’avez précédé.
      Quand on arpente les rives des lacs et que l’on tombe sur une anse bloquée par un ou deux pêcheurs au vif (du lever au coucher du soleil – j’en ai même vu un dormir sur le bateau en attentant le lever du soleil), sans parler des carpistes, ça laisse une impression mitigée en tant que pêcheur du bord qui n’a guère d’options. La pêche au coup a, en revanche, l’avantage d’attirer la blanchaille et donc les carnassiers.
      Concernant le No kill, il faudrait plutôt utiliser l’expression anglaise « catch and release » que les américains employent. Effectivement, 100% des poissons ne survivent pas.

  10. Antoine Tartart says:

    Beaucoup de justesse dans tes propos,avec aussi de l’ouverture d’esprit, ne jugeant personne,et encore moins les choix des autres. C’est un véritable plaisir de te lire dans ce genre de sujet. Parfois j’ai eu honte de dire que je gardais un ou 2 becs par an pour mon plaisir culinaire (et celui de ma femme aussi!) à cause d’une petite frange d’extrémistes du no kill,qui justement,ne font pas preuve véritablement d’ouverture d’esprit… enfin bref.. merci pour tout. J’imagine en plus que tu dois essuyer quelques mails sacrément insultants en écrivant ces quelques lignes,bourrées de bon sens pourtant. Continue, surtout, et merci pour ton travail.

  11. JACQUES says:

    C’est dit,notre ami le brochet se pose-t-il la question de la souffrance de l’ablette… et l’ablette de la souffrance du moustique……et le moustique de ta souffrance toi qui est au bord de l’eau….
    Alors je préfère manger un brochet de temps en temps, libre à ceux qui préfèrent de manger des moustiques….C’est ça la liberté.

    • Lesfilmu says:

      Sauf erreur de ma part, le broc qui « fait souffrir » (principe dont ou pourrait débattre) une ablette pour la manger, c’est une chose, le pêcheur pour attraper le broc, voir le relâcher ensuite, c’en est une autre…

      … enfin, je crois…

  12. gigi says:

     » Le poisson n’est pas notre ami ou notre frère, c’est basiquement de la nourriture et ma maman me disait quand j’étais petit de ne pas jouer avec ma nourriture. » Ta maman avait bien raison. Ne t’a-t-elle pas aussi dit que manger du poisson rend intelligent, ou encore donne une bonne mémoire (l’éternel phosphore) qui t’a si bien réussi ? Dans ce cas, il serait criminel d’en priver les jeunes, et à fortiori les jeunes pêcheurs qu’il est inutile de frustrer…

  13. thomas says:

    Excellent article ! ( comme souvent :-) ) en espérant que certains pêcheurs reflechissent un peu…

  14. Axel says:

    Bonjour,
    Je tenais à vous informer que la truite qui fait polémique ces temps ci va se faire naturaliser 😉
    Je tien l’information du taxidermiste qui va s’en occuper et je ne sais pas si cela vous interresse.
    Très bon article et bonne continuation.