Le coin du débutant : la truite aux appâts naturels
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Si la pêche de la truite aux appâts naturels est diablement efficace elle requiert par contre d’être très précis dans sa pêche. En effet, avec une teigne par exemple ce n’est pas comme au vairon, la truite ne fera pas cinq mètres pour s’en saisir, donc il faut passer dans la bonne veine et pour cela savoir lire l’eau.

La truite aux appâts naturels demande une simple canne au toc, une télérèglable est ce qui se fait de mieux pour s’adapter aux postes. Le reste est simple, corps de ligne entre 14 et 18 centièmes en nylon, hameçon de 4 (gros ver) à 12 (teigne) et des plombs mous pour lester la ligne.

Le but est de faire passer l’appât au ras du fond devant la gueule de la truite, à priori ça paraît simple mais en réalité il faut adapter la plombée au courant et à la profondeur du poste.

Personnellement je prenais des plombs spécial anglaise, assez gros il avaient la particularité d’être faciles à enlever et remettre.

 

La truite aux appâts naturel est extrêmement efficace, quelquefois plus que les autres techniques mais corollaire à cela on prends même des truitelles de 10 cm qui sont plus vives que les plus grosses. Par contre au vairon en vif on sélectionne les plus beaux poissons mais on passe énormément de vifs en pêchant au toc.

Justement le nom toc vient de la sensation ressentie dans la main qui tient le fil lorsque la truite mord. On peut fort bien regarder son fil, installer un brin de laine ou un rigoletto (repère en polystyrène coloré) or rien du tout mais il importe de garder son fil dans la main qui ne tient pas la canne afin de ressentir les touches.

On s’accroche beaucoup au toc, si on ne s’accroche pas c’est qu’on pêche trop loin du fond donc que l’on est inefficace. Prévoyez toujours quelques bas de lignes car vous en laisserez au fond c’est inéluctable.

 

Voyons dons maintenant comment procéder en ruisseau puis en rivière.

En ruisseau, une canne courte, télérèglable, un nylon très fin et discret et un moulinet très simple qui n’est quasiment pas sollicité. Vous escherez d’une teigne si l’eau est basse et claire ou d’un ver de terre si elle est trouble ou si le niveau est assez haut.

Lancez ou plutôt posez votre montage dans la veine de courant, laissez dériver, une fois à gauche puis une fois à droite de la veine et passez au poste suivant.

Si l’eau est très basse, insistez au pied des roches, des souches où se reposent les truites qui seront curieuses de voir cet appât devant leur cache.

Dans un ruisseau on pêche vite, pas la peine d’insister sur le poste, restez très discret, pas de loup et déplacements lents sont nécessaires afin de ne pas affoler les truites.

Si les poissons tapent court, allongez le bas de ligne à 30 cm, si elles gobent, raccourcissez à 5 cm au pire.

 

En rivière c’est plus difficile. Contrairement aux excités habituels, appliquez vous à pêcher au ras de votre berge en vous reculant, ensuite vous pourrez allonger pour la berge d’en face. Pensez à investir dans une bonne paire de lunettes polarisantes, vous verrez les truites bouger !

Mêmes appâts, même montage mais plombs plus fins pour être plus discrets. Ça c’est la théorie, pour le plombage c’est feeling mais il faut que ça dérive et au ras du fond.

Pour la canne on peut passer à une canne anglaise qui a ma préférence, plus d’anneaux, plus de souplesse et de finesse et possibilité de mieux lancer un montage qui ne pèse quasiment rien.

En rivière la difficulté est de trouver la veine d’eau, contrairement au ruisseau où vous avez le courant et les cotés, en rivière vous pouvez avoir deux courants avec un calme au milieu, un trou sur le coté…etc etc.

Il faut donc observer comment l’eau se comporte et essayer de deviner où est charriée la nourriture car c’est là que la truite se postera. Celle ci est une flemmarde, partisane du moindre effort, elle ne bougera que peu pour saisir une proie qui dérive. Si vous en voyez une examinez sa façon de se nourrir, un écart à gauche, un à droite, un au dessus mais pas plus de 50 cm.

Donc pêchez les zones où se concentrent la nourriture, là où la veine porteuse se rétrécit, ou le trou se termine, où le courant creuse sous la berge…

ne pêchez pas au petit bonheur la chance c’est improductif, mieux vaut marcher et chercher un bon poste que pêcher une petite zone qui semble jolie mais qui demandera 100 dérives avant d’être parfaitement explorée.

 

Si vous avez la chance d’arriver au bord de l’eau avant un orage, de voir l’eau se salir et monter….Attention ça va être un moment d’anthologie. Toutes les truites vont sortir de leurs caches et mordre partout, le ver sera le meilleur appât et la rive à vos pieds le meilleur poste.  J’ai vu des truites de 35 cm se faire prendre à ras la rive lorsque la rivière montait !

Coté budget pour débuter, tout compris, vous ne devriez pas dépasser les 200 euros, pas la peine d’acheter la super canne ou le moulin de dernière génération à 15 roulements, ça ne sert à rien, vous aurez bien le temps d’investir plus tard quand vous aurez compris les subtilités de cette pêche toute en finesse.

Gardez la pêche.

About sylvain l'esoxiste

51 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour Planète Carnassiers, 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre L'Esoxiste sur Google+ et esoxiste.com sur Facebook
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