Ils vivent dans nos eaux : La truite fario
avatar

truite 38 ternin du 120314 (11)La truite fario à cela d’extraordinaire c’est que c’est le seul poisson capable de vivre dans le plus petit des ruisseaux comme d’aller vivre dans la grande mer. Rendez vous compte, on peut potentiellement rencontrer la truite de l’océan, en passant par les lacs, les fleuves, rivières, ruisseaux et rus perdus au milieu de la nature.

Reine des poissons pour les pêcheurs jusque dans les années 80, c’est encore l’un de ceux les plus recherché et dans quelques jours ses effectifs prendront encore un coup avec le débarquement des pêcheurs d’ouverture.

La truite commune ou fario est un poisson de rivière et ne supporte pas les eaux stagnantes, ceci est du à sa température d’évolution qui se situe entre 0° et 20 °et son besoin en oxygène dissous supérieur à 6mg/l.

On dénombre 3 variétés distinctes en France officiellement depuis 2007. La truite méditerranéenne, la corse ancestrale et l’atlantique ancestrale. On trouve aussi une truite issue des piscicultures dite atlantique moderne.

sortie truite jura 2014 (34)

 

Chez moi, en Morvan, on trouvera deux truites, l’atlantique ancestrale dans les têtes de rivières et la moderne un peu plus en aval du fait des lâchers de surdensitaires par les AAPPMA.

La truite colonise le moindre petit cours d’eau, j’ai à coté de chez moi un mini ruisseau qui ne mesure guère qu’ 1,5 km de long, il prend sa source dans un pré puis se termine par une cascade de 30m de haut totalement infranchissable. En été il ne subsiste qu’un filet d’eau mais je me rappelle encore mes pêches de truites à la main lorsque j’étais gamin. Elle se reproduisent et ne grossissent pas plus  que jusqu’à 20 cm, aucun autre poisson ne vit dans ce petit  ruisseau qui ne mesure guère que 2m de large à la fin de son cours supérieur.

truite ternin 30081423 (4)

 

En Côte d’Or où est située la ligne de partage des eaux, on trouve les espèces atlantiques et méditerranéennes.

La truite se positionne dans les ruisseaux en fonction de sa taille, en général les plus petites sont à l’amont et plus la rivière s’agrandit et devient profonde plus les truites sont grosses.

Dans la rivière d’ Ain et dans le Verdon on trouve de superbes truites qui peuvent mesurer jusqu’à 80 cm pour 7,5 kg.  Les truites de mer quand à elles peuvent mesurer jusqu’à 1m pour 10 kg mais c’est la forme lacustre de la truite qui bat les records avec 1,10m pour 15 kg. Évidemment des truites plus grosses ont été prises mais c’est une moyenne.

truite 38 ternin du 120314 (5)

 

La truite de rivière grossit en fonction de la nourriture présente, dans les eaux acides et les ruisseaux  les truites attendront 18 cm à 4 ans alors qu’elles dépasseront facilement  les 20 cm à deux ans en milieu calcaires. C’est ce qui explique les différentes mailles selon les départements, il faut qu’une truite ait pu se reproduire avant d’être pêchable, c’est pourquoi on a fixé la maille à 18 cm sur certains cours d’eau.

La truite est strictement carnivore et se nourrit des insectes, des larves, des poissons et de ses juvéniles.  La reproduction s’étale entre novembre (zone fraîche) et janvier. Les truites migrent vers l’amont pour retrouver la granulométrie qui leur convient sur des zones généralement très connues des locaux car on peut les observer sans avoir besoin d’être très discret. Les œufs sont pondus directement sur un nid de gravier, fécondés par le mâle puis recouvert de de même gravier. Une femelle pond environ 2000 œufs par kilo de son poids.

truite ternin 290813 (3)

 

Les œufs mettent un certain temps à éclore, variable selon la température car il faut 400°/jours pour qu’ils arrivent à maturité. Si l’eau est à 5 ° il leur faudra 80 jours..

Une fois éclos, l’alevin va résorber sa vésicule vitelline en restant dans le substrat puis une fois résorbée se déplacera pour trouver sa nourriture composée de larves et de gammares.

Ils vont ensuite dévaler le cours pour la plupart. Certaines truites iront jusqu’à la mer ou jusqu’au lac, d’autres resteront dans le cours moyen et enfin d’autres resteront en tête de rivière, personne ne sait pourquoi.

morvan 300314 (26)

Pourtant toutes à un moment, remonteront dans le ruisseau où elles son nées pour se reproduire, restant en place quelquefois jusqu’au mois d’avril. C’est ainsi qu’il arrive très exceptionnellement  sur mon secteur de piquer une jolie truite de 30 cm dans un pauvre petit ruisseau qui ne paye pas de mine.

Ce poisson superbe hante nos rêves de pêcheur et nous seront tous excités comme des gosses le 14 mars prochain. Rendez vous bientôt sur un dossier complet sur ce poisson avec beaucoup de photos de leurs robes en fonction de leurs zones de prises.

Gardez la pêche.

 

About sylvain l'esoxiste

49 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique. Suivre L'Esoxiste sur Google+
This entry was posted in ichtyologie and tagged . Bookmark the permalink.

6 Responses to Ils vivent dans nos eaux : La truite fario

  1. guillaume vernet says:

    Un très bel article sur un poisson dont je suis affreusement amoureux….. Pour info suite aux études récentes de la FNPF il s’est avéré, que la truite était le poisson le plus pêcher en France….. Très loin devant la carpe et les carnassiers. Des chiffres surprenants mais qui démontre encore et toujours l’attachement que nous autres prêtons a cette merveille de la nature…..

    Un grand merci pour cet article Sylvain

    • Merci Guillaume, j’en ai un autre encore plus complet à paraître la semaine prochaine, aurais tu une photo de tes truites gentiane pour leur robe ? Ceci afin d’agrémenter le dossier qui aura pas mal de photos de différents coins de France.

  2. Sylvain says:

    J’ai appris pleins de trucs, pourtant je croyais connaitre la truite, comme quoi :) Merci Sylvain

  3. Gaël Denys says:

    Bonjour,

    Puis-je me permettre de rajouter quelques précisions concernant les « variétés » de truite?
    Il faut savoir que depuis 2007, et la parution d’un ouvrage listant toutes les espèces de poissons d’eau douce d’Europe par des collègues suisse et allemand, les souches atlantiques et méditerranéennes ont été élevées au rang d’espèces. Ainsi les truites atlantiques avec leurs points rouges conservent le nom Salmo trutta, alors que les méditerranéennes et leurs bandes sombres appartiendraient à l’espèce Salmo rhodanensis. Or tout ceci est fortement décrié par la communauté scientifique. Beaucoup d’études en génétiques ont été réalisées montrant peu de différences entre ces « espèces » ou variétés. Et il faut savoir que la truite n’est arrivée dans nos eaux qu’à la fin des glaciations il y a 15 000 ans (soit hier), un temps trop court pour concevoir une quelconque spéciation.
    En revanche la truite corse suscite plus d’interrogations, car elle est plus divergente génétiquement des deux autres, à tel point qu’il y a un consensus pour dire qu’il ne s’agit pas de la Salmo trutta. Elle est communément appelée Salmo macrostigma en raison de ses grosses taches rouges… à tort! La vraie Salmo macrostigma sa trouve de l’autre côté de la mer Tyrrhénienne en Italie. Et la génétique a démontré que la truite corse et de Sardaigne était plus proche de celles qu’on trouve en Afrique du Nord que les italiennes, et on devrait plutôt les appeler Salmo cettii bien que ce ne soit pas encore résolu.
    Sinon quand on parle de la diversité des robes entre les populations de truite, ça peut être dû à une adaptation à l’habitat, ou tout simplement à cause de l’homme et des piscicultures.

  4. david01 says:

    « il faut qu’une truite ait pu se reproduire avant d’être pêchable, c’est pourquoi on a fixé la maille à 18 cm sur certains cours d’eau. »
    Il est bon de rappeler qu’a l »inverse dans certains cours d’eau comme la basse rivière d’Ain la maille est à 25 cm et ne permet pas à la truite de se reproduire, la maturité sexuelle des truites n’a jamais lieu avant les trois ans soit une taille de 35 à 40 cm et malheureusement cette taille ridicule fixée par la loi n’est pas prête de changer ….
    Dans se cas c’est donc aux pêcheurs de faire sa propre « loi » en ne prélevant pas des poissons de moins de 40 cm mais c’est un peu comme si on demandait aux ivrognes de fixer le taux d’alcoolémie ….