Ce que coûte le CNPL aux exposants
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clermont cnpl  2013007Voila un sujet jamais abordé à ma connaissance, les tarifs du CNPL, le plus important salon de la pêche de France.  Pas mal de marques m’avaient dit qu’elles n’exposaient plus au CNPL à cause du budget conséquent que cela représentait. En quelques années j’ai vu partir Pure Fishing (Berkley, Abu Garcia, Sebile) et Sert (Sakura) qui sont des poids lourds dans le domaine de la pêche des carnassiers.

J’ai donc voulu en savoir plus et je me suis inscrit comme exposant pour me  procurer les tarifs. Voyons ce que coûte un simple stand et celui d’une grande marque.

Le plus petit stand proposé mesure 6m², ce n’est qu’un linéaire sans structure: Il vous en coutera 600 euros HT pour la durée du salon. Imaginons que vous souhaitez un espace équipé de 6 m² avec cloison, moquette, enseigne, arrivée électrique, 3 spots lumière, là ça monte à 798 euros HT. tout en sachant que le stand type est de 9m².

Soyons fou, vous voulez un stand de 9m², ouvert sur deux angles donnant sur deux allées avec une banque, un tabouret, une petite table et deux chaises plus quelques détails.

Il vous en coutera 1710 euros HT…

clermont cnpl  2013132

 

Imaginons que vous soyez un créateur de leurre, de matériel divers, il vous en coûtera donc 1710 euros + la TVA + 2 nuits minimum d’hôtel, 6 repas minimum… tablons donc sur 2200 euros pour être peut être vu par les 22 000 personnes (chiffres officiels  2016) qui ont visité le dernier CNPL, soit 1 euro pour 10 personnes alors que le tarif moyen d’une vue par clic sur internet en pêche est de 1 euro pour 1000  vues. On conclura rapidement que le CNPL  est 100 fois plus performant qu’internet en terme de communication, pourquoi pas ?

clermont cnpl  2013136

 

Imaginons maintenant que vous êtes le patron d’une grande marque, vous allez vouloir prendre un ilot, c’est à dire ouvert sur les quatre faces, votre matériel d’expo vous appartient. Le CNPL vous propose une surface de maximum 144 m² mais vous êtes plus sage et ne prenez qu’un 72 m² qui vous donne le droit à 8 badges donc 7 sponsos (dans l’absolu) avec vous pour animer le stand.

Il vous en coûtera alors 8568 euros hors taxes, auquel il vous faudra ajouter les nuits d’hôtel pour 8 personnes, les repas du jeudi soir au lundi midi (minimum pour montage et démontage) donc 64 repas et 32 nuitées d’ Hôtel…. On arrive vite avec les petits à cotés à plus de 12 000 euros.

cnpl 2016-029

 

Mais il faut rajouter quand même:

135 euros de  frais de dossier pour l’ inscription, 25 euros d’éco participation (c’est fort ça !),  110 euros de remplissage vidange bassin, 215 euros de connexion ADSL, 31 euros pour un ficus pour décorer, 460 euros pour un écran plasma 42 pouces, 280 euros pour un créneau de démonstration de 20 minutes sur le bassin de démonstration du salon, 1130 euros pour une page de pub dans le bouquin qu’on vous remet à l’entrée et pour finir en beauté 500 invitations électroniques pour deux personnes pour 750 euros. Rien que ça nous fait en plus 3136 euros à rajouter.

Donc, lorsque vous verrez votre marque préférée, si elle est présente, vous pourrez avoir une petite idée de l’ argent investit pour un week end…Au moins 15 000 euros.

cnpl 2016-149

 

Avec ce tarif, une marque pourrait se payer pas mal d’années de pubs sur les sites internet de pêche, dans les mags je ne peux pas savoir, je ne connais pas les tarifs.

Cet article n’est aucunement une critique ni à l’égard des marques ni à l’encontre du CNPL dont les tarifs sont dans la moyenne des salons importants. C’est juste un petit comparatif sans grande prétention que de vous informer des tarifs.

clermont 2014001

 

Quand à moi, si l’idée d’aller présenter esoxiste.com au CNPL m’ a effleuré l’esprit durant quelques minutes,  en emmenant ma table, ma chaise et un ordinateur, il m’en couterait 957.6 euros sans les frais de dossier, les deux nuits d’hotel et les 6 repas.

Finalement, je vais faire autre chose avec mon argent…

Le CNPL 2017 se déroulera les 13/14 et 15 janvier à la Grande halle de Cournon d’ Auvergne.

Gardez la pêche

 

About sylvain l'esoxiste

52 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour Planète Carnassiers, 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre esoxiste.com sur Facebook
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9 Responses to Ce que coûte le CNPL aux exposants

  1. Beauvais sebastien says:

    Bonjour Sylvain ,
    Nous nous sommes croisés quelques fois à chaumard et je ne peux que vous féliciter pour la qualite de votre site et de vos parutions . Je voudrais juste revenir sur votre article à propos des salon professionnels ( je suis consultant depuis 16 ans sur des salons professionnels dans le cadre de mon job)
    Il faut savoir que l’investissement pour un emplacement coûte très cher ( voir votre article)
    Les collaborateurs sur le stand sont rémunérés , loges et nourris pendant 2 ou 3 jours
    Il faut installer le stand et le démonter , venir avec des véhicules adaptes ainsi que du personnel pour la manutention .
    Bref tout cela pour dire que même si nos fameux réseaux sociaux et Facebook permettent d’échanger sur différents sujets pêche les salons restent des endroits incontournables pour les différents acteurs du marché, cela permet de présenter les nouveautés de l’année , de croiser ,de discuter et d’échanger avec les clients de la marque et les autres. …
    Même si le coût global d’un salon semble important il est très difficile d’apprecier les retombés à plus ou moins long terme , il y a les commandes directes, les commandes a venir et les contacts pris qui se finaliserons peut être des années plus tard. Par contre ne pas être présent pour un acteur majeur du marché me semble un mauvais calcul (je pense que les absents ont tord …..)
    Pour finir il faut souligner le travail et l’investissement financier de certains professionnels sur des salon régionaux moins médiatisés comme manu Greset ou Morvan Pêche qui continus malgré la concurrence du net d’organiser des
    salons coûteux pour eux mais qui nous permettent de découvrir les nouveautés et d’échanger entre passionnés.
    Bref, longue vie aux différents salons nationaux et régionaux qui nous permettent de découvrir les nouveautés du moment et d’échanger entre pêcheurs débutants ou confirmés mais en tout cas passionnés.
    Bonne continuation et bravo pour votre site
    Sébastien.

  2. pikefisher says:

    Personnellement je ne me ferai jamais un avis par rapport à ce que je peux lire comme recommandation dans les blogs car je ne vois pas comment on peut dire du mal lorsque l’on te donne du matériel… et je trouve personnellement mesquin voire dédaigneux de la part de certaines grandes marques de ne pas rencontrer les 22000 pêcheurs visiteurs qui cela dit sont certainement ceux qui investissent le plus dans la pêche et pour seulement 15000€ de frais… c’est ridicule… combien leur coûtent les sponsos ? 10 fois, 20 fois ça ?

  3. Theuleau Christophe says:

    Tu as raison Sylvain faisons quelques calculs 957.6 que je divise par 15 euros soit environ le prix d’une bouteille de RICARD ce qui nous fait 63 bouteilles à la vache ça en fait des apéros lol.

  4. Bonjour Sylvain et bonjour aux autres en particulier à peche-partage.fr (j’y reviens ensuite)
    Sylvain, a-t-on une chance de se croiser là bas? J’y serai le samedi personnellement.
    Comme tu le dis, les coûts sont relativement élevés et tu en as encore oublié (déplacement, mobilisation de matériel…)
    On parle de ROI mais clairement une bonne partie n’est pas quantifiable.
    Concernant les marques qui sont parties ces dernières années, nous pouvons nous interroger sur le pourquoi non pas de leur départ, mais de leur non retour? Si cela avait vraiment plomber leur business, ne seraient pas revenues? (Pas une critique , une vraie question ouverte)
    Peut-être ont-elles trouver un autre vecteur de communication?
    Concernant l’intervention de peche-partage et ta réponse Sylvain, je ne peux qu’abonder dans votre sens. J’ai moi même contacter certaines marques (9 pour être précis) avec un long mail explicatif dans lequel il n’était nullement question de leur vendre ou soutirer quoi que soit, juste de les aider dans la promotion de leur image au travers de sites / blogs spécialisés dans la pêche.
    Et bien sur les 9 une seule à daigner me répondre!!!
    Et attention la réponse:
    « bonjour, vous êtes pêcheur pro? Si non inutile de nous répondre ou nous recontacter » O_o
    Bref il est clair que de nombreuses marques n’ont strictement rien compris au web.
    Ne même pas envisager / étudier une présence sur un blog hyper spécialisé traitant directement des produits qu’ils vendent, j’ai du mal à comprendre.
    Enfin je terminerai sur le fait qu’on pointe du doigt le coût pour l’exposant mais a-t-on une idée du coût de l’organisation?
    Pour avoir organiser des événements, je sis pertinemment que c’est souvent ce qui définit directement le coût des places.
    En tout cas un article bien pensé et très intéressant sur des choses dont on ne parle pas ou prou.
    Sylvain je compte sur toi pour un retour concernant l’investissement pub dans le tour de france de notre chère Fédération 😉
    ++
    Raph
    PS: désolé pour la longueur du commentaire

  5. Lesfilmu says:

    Salut Sylvain,
    Tu oublies le prix du stand (au sens mobilier, ce qu’on met dessus donc, et qui coute trèèèèès largement plus cher que le m2), notamment pour les présences les plus grosses.
    Le truc, c’est qu’on ne peut pas comparer avec autre chose.
    J’ai pratiqué la presse professionnelle (dans un autre domaine) il y a quelques années, le tarif d’une page de pub pour un tirage de 60 000ex c’était environ 10K€… si tu en prenais sur 5 parutions… la presse halieutique tire à peu près à çà (certains) pour un ciblage « lectorat » homogène aussi, donc j’imagine des tarifs du même ordre d’idée (on me contredira si je me trompe, ce qui est tout à fait possible).
    Ce que je veux dire par là, c’est que le calcul cout/ROI de tel ou tel medium en terme de communication se fait de multiples façons, soit directe (çà fait vendre combien) soit indirect (promotion d’une image de marque, d’un positionnement, etc.).
    Par exemple, Internet est très pauvre en terme de promotion d’image, un salon, à l’inverse, très « riche ».
    Enfin, un salon, c’est aussi des retours indirects. Les gens qui viennent, ils voient des choses, puis après ils vont chez leur détaillant et commandent des trucs. Ca fait du flux de business qui n’est pas directement quantifiable, ni calculable par celui qui paie le stand. Mais c’est bien plus important qu’on ne le pense 😉
    Donc oui, çà coute cher, mais je pense que c’est une erreur de ne pas y aller. Car la message qu’on en retient (moi en tout cas) c’est soit que celui qui ne vient pas se prend au sérieux au point de penser que çà ne lui sert à rien, soit l »inverse, qu’il est trop radin pour venir me rencontrer. Dans les deux cas, c’est contre-productif, et dans les deux cas il me pousse, moi au moins, chez ses concurrents.
    La nature (et le business) a horreur du vide. Là où tu n’es pas, tes concurrents occupent ton espace que tu as laissé vacant…
    Mes 2cts 😉
    Lesfilmu.

    • Il est vrai qu’être présent sur un salon assoie sa notoriété, même vis à vis de la concurrence. Pourtant le CNPL ne touchera que 22 000 personnes sur plus d’1 million de permis, (2%), donc de clients potentiels, c’est assez faible, tout comme la presse spécialisée et les sites comme le mien.
      A quand des pubs Rapala à la télé comme aux US ?

      • Lesfilmu says:

        Le visitorat « physique » est qu’une toute petite partie de la cible touchée réellement par ce type d’événement.
        Il faut y ajouter tout le lectorat indirect (couverture presse de l’événement qui retombe bien entendu en partie chez ceux qui sont présents), le bouche à oreille induit, les comptes-rendus de visite, etc.
        L’impact est autrement plus puissant et large que le « simple » comptage du visitorat physique 😉
        Je comprend ton orientation dans ce billet, et je ne la critique pas, mais je pense ton analyse un peu biaisée, et un peu induite par le fait que le marketing (événementiel et institutionnel) n’est pas ton métier.
        Le e-commerce n’a pas tué (et ne tuera pas) le commerce physique de proximité, de la même façon, le e-marketing ne remplace pas non plus un tel événement.
        Chacun a sa place et bien utilisé, c’est bien plus complémentaire que concurrent 😉
        Et d’ailleurs, quand une marque décide de ne plus y aller en justifiant d’un rapport budget/retour, c’est surtout parce qu’elle ne sait pas compter ce retour ni optimiser sa présence. Ce sont des métiers qui ne s’improvisent pas et là comme partout, la compétence se mesure 😉
        Lesfilmu.

  6. Les marques commence tout juste à comprendre la puissance d’internet pour leur business !

    Certains sites sur la pêche peuvent rapporter beaucoup plus qu’un salon comme le CNPL ! Certaines marques commence à le comprendre mais pour d’autres c’est encore compliqué, tu as du le voir comme moi, certaines ne prennent même pas la peine de répondre à différentes sollicitations d’informations par mail. Pourtant nous ne demandons pas d’argent, juste la peine de répondre à quelques questions afin d’informer les pêcheurs par le biais de nos sites internets qui sont souvent plus visités que les propres sites des marques.

    Cela changera surement dans les années à venir !

    • Le virage s’amorce doucement mais quelques marques snobent encore les sites et blogs et misent leur com internet sur ce satané Facebook qui en réalité noie la com de la marque au milieu de plein de conneries. le jour où elles auront compris que les commerciaux de Facebook sont de gros menteurs, elles viendront peut être chez nous.