Test batterie

Comme suite à notre session pêche au lac du Der fin août, je me suis rendu compte que la batterie du moteur avant donnait des signes de faiblesse.
J’ai du me résoudre à essayer de comprendre pourquoi cette batterie, que je bichonne le mieux possible (charge ultra contrôlée, taux de décharge maîtrisée), ne semble plus être en mesure de donner toute  l’énergie nécessaire à mon moteur, et ce afin d’assurer en toute quiétude une journée de pêche avec des conditions météo peu favorables.

 

 

Je n’ai jamais possédé de batteries “avec entretien” auparavant.  Je me rends compte que le niveau d’électrolyte semble très bas.
En premier lieu, ouverture des bouchons et contrôle visuel des six bacs.

 

Pas bon signe …

 

Il manque bien deux bons centimètres de liquide, le haut des plaques est à sec …

 

Tout l’équipement nécessaire afin de remettre à niveau la batterie … Les lunettes de protection, elles sont sur mon front.

 

Après ouverture des bouchons, il faut remettre de l’eau distillée dans chaque compartiment. La seringue permet de travailler proprement, et avec précision.

 

On vérifie le niveau à l’aide de la jauge de profondeur qui est intégrée à la batterie.

 

Après remise à niveau (il a fallu quand même ajouter 1.5l d’eau), on tente une recharge en mode “recond”. Sans aucun doute,  ma batterie a certainement souffert de ce manque de liquide.

 

En cas de réaction violente pendant la recharge, un réceptacle est placé sous le conduit d’échappement, afin de palier à un déversement d’acide impromptu.

 

Et maintenant, il faut procéder à un ou plusieurs essais, afin de vérifier dans quel état se trouve cette batterie. Je me procure donc un kit de test, sur un site de vente par correspondance chinois bien connu.

 

Voilà la bête. Elle permet une décharge contrôlée jusque 185W (soit 15A maxi sous 12 volts), avec timing, niveau  de tension, etc …

Le protocole est assez simple: On applique une décharge en ampères correspondant à la valeur en C20 de la batterie, et il n’y “aurait” plus qu’à observer combien d’énergie elle est en mesure de donner, jusqu’à épuisement. 20 heures de décharge …

Mais dans ce cas de figure, la décharge est totale: On flingue la batterie.
Pour une batterie au plomb, il faudrait ne jamais dépasser 50% de décharge si l’on souhaite la maintenir en bonne condition durant de nombreuses années.

Théoriquement, on devrait arriver à la moitié de la capacité de la batterie lorsque la tension de cette dernière arrive à 12.2 volts pour une décharge en C20. Cette valeur de 12.2 volts est une donnée que l’on retrouve fréquemment sur différents sites traitant de stockage d’énergie.
Dans notre cas de figure, 100Ah en C20, cela nous donne une décharge de 5 ampères (100 / 20), avec une tension de départ de 12.6 volts (valeur mini correcte pour une batterie à électrolyte liquide).

Je branche l’ensemble, programme la valeur de décharge sur 5 ampères pour 10 heures (la moitié de C20), et règle la tension mini sur 12.2 volts.
Et là, c’est le début de la cata. En moins de 10 secondes, le test s’interrompt. La tension de la batterie a chuté à moins de 12.2 volts.
Soit cette valeur de 12.2 volts est totalement erronée, soit ma batterie n’a vraiment “plus rien dans le sac”, et est incapable de fournir correctement une intensité de 5 ampères.

Je tente différents ampérages, et surtout j’abaisse la tension de coupure à 11.3 volts, ce qui, théoriquement, devrait correspondre à un niveau de décharge compris entre 75 et 80%.

 

Avec une décharge de 8 ampères, voici le résultat du test après 3h et 22 minutes: 27Ah pour une tension de coupure de 11.3 volts. Avec une batterie de 100Ah, on devrait normalement approcher au minimum la valeur de 40 Ah, en tenant compte de l’effet Peukert.

 

Après quelques minutes de repos, la tension de la batterie remonte à 12.15 volts. Soit, en théorie, un peu plus de 50% de décharge.
27Ah multiplié par deux, cela nous amènerait (avec beaucoup de conditionnel) à 50Ah de capacité totale. Je crains fort que ma batterie n’ai pas apprécié la baisse du niveau d’électrolyte.
En un mot, elle est rincée.

Néanmoins, n’ayant pas de référence ni de correspondance avec d’autres accumulateurs, je décide de tester également mes autres batteries.
Ce sont des AGM ULTRACELL assez haut de gamme. Avec moins de 2 ans d’utilisation et 30 sorties annuelles, jamais vidées à plus de 30%, on peut considérer qu’elles sont dans un état assez proche du neuf.

Ces batteries sont données pour 103 Ah en C20, soit un courant de décharge de 5.15A.

 

 

 

 

Avec un courant appliqué de 5.15A, et une tension de coupure de 12 volts, j’arrive péniblement à dépasser 20Ah. Y aurait il quelque chose qui cloche ?

 

Après différentes recherches sur le net, d’autres que moi arrivent à la même conclusion : La tension chute bien en dessous de 11.5 volts pendant la décharge d’une batterie au plomb, qui est très sensible à l’effet Peukert. Et ce n’est pas si simple de tester une batterie au plomb.

 

Voici les courbes constructeur d’une batterie AGM 12 volts 100Ah. A première vue, on pourrait croire que la tension se maintient pendant un certain temps, avant de chuter brutalement en fin de cycle. Cela semble assez rassurant.
Cette courbe n’est pas fausse, mais elle biaise un peu la vision des choses : Si vous observez bien l’échelle du temps en bas, elle n’est pas linéaire. La première moitié s’étale sur une heure, et la seconde moitié sur 19 heures.

 

Voici la même courbe, que j’ai extrapolée, avec une échelle de temps linéaire. Je n’ai pas osé y faire figurer les courbes de décharge en 1C et 2C, qui étaient pratiquement verticales.
C’est moins glorieux. Plus on applique un ampérage élevé, plus on observe que la tension chute, et très rapidement. C’est une conséquence de l’effet Peukert.

 

Je retente un test avec un courant de 10 ampères, 11.3 volts en coupure, et un temps programmé de 5 heures maxi. La tension de la batterie est, au départ et à vide, de 13.34 volts. C’est un peu élevé, mais pas anormal avec une batterie de technologie AGM (qui est différente de la technologie acide liquide)

 

Après 5 minutes de décharge, la tension semble se stabiliser à 12.32 volts.

 

Avec un peu plus de 2 heures de décharge, la tension a baissé à 12.17 volts, pour 22.5 Ah de capacité dépensée.

 

Fin du test. Le seuil de tension de 11.3 volts est atteint. Nous obtenons 40.9 Ah de capacité, pour 4 heures de décharge. Ce n’est pas si mal, on est assez proche de la capacité mini en tenant compte de l’effet Peukert (on doit se situer quelque part entre 85 et 90Ah de capacité totale). La seule chose qui me chiffonne, c’est cette tension de 11.3 volts, qui devrait assez théoriquement (en tout cas si on se fie aux courbes constructeur) correspondre à une décharge proche de 75%.

 

J’ai ajouté en bleu la courbe mesurée de décharge de ma batterie. On devrait théoriquement être assez proche de la courbe 0.10C … Je ne connais pas les protocoles de mesure des constructeurs, mais on rejoint en ça les conclusions de la vidéo youtube que j’ai mise en lien un peu plus haut dans l’article.

 

Après quelques minutes de repos, la tension de la batterie est remontée à 12.5 volts. Si l’on se fie au petit afficheur, assez semblable à ce que l’on peut trouver sur nos moteurs de pêche, l’indication nous donne 25% de consommation, alors qu’en réalité, on a consommé pas loin de la moitié de la capacité de notre batterie. La mesure de la tension à vide d’une batterie est à prendre avec des pincettes, et ne peut vraiment pas être tenue pour fiable comme indicateur de capacité de ladite batterie.

 

Voilà, fin des tests.

Mes batteries AGM semblent en bon état, c’est plutôt rassurant.

Par contre, fin de vie pour la batterie du moteur avant.
Je m’en veux un peu de ne pas avoir surveillé le niveau de liquide. J’imagine que sans ce manque d’électrolyte, cette batterie aurait duré encore quelques années, d’autant que j’ai fait très attention à ne pas la malmener.

La remplaçante sera sans aucun doute une batterie de technologie lifePo4. On commence à trouver des produits corrects à des tarifs qui deviennent moins prohibitifs.
A suivre …

AB

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