Les grandes gueules de la pêche : Faut il classer nuisible le brochet en première catégorie ?

Premier Opus de cette série, un article multi auteurs donnant la parole à ceux qui se sentent concernés par le sujet. Je rappelle que si vous le désirez vous pouvez donner votre avis à deux conditions : Que votre analyse du sujet soit pertinente, en gros que vous apportiez des arguments, et que votre message soit signé de votre nom et pas d’un pseudo.

Envoyez le tout par mail à esoxiste.com@free.fr, les commentaires sont inopportuns  sur cet article car seulement un lecteur sur dix les lit.

Le prochain sujet du mois de mai sera : « Carnassiers, pour ou contre une pêche ouverte toute l’année ? », laissez vos messages avant le 20 du mois, SVP.

Pour démarrer, et comme je pense avoir un avis sur le sujet voici mon analyse, je serai bref, rassurez vous.

Le brochet est classé comme espèce en danger par les autorités scientifique du pays, il paraît donc opportun de favoriser toutes les mesures pour le préserver.

S’il disparaît en seconde catégorie on observe qu’il prospère dans certaines rivières de première catégorie et cela depuis un petite vingtaine d’année. Pourquoi, mystère ? Réchauffement des eaux, moindre pression de pêche ?

En amoureux du brochet je ne suis pas satisfait de devoir obligatoirement tuer un bec même pas maillé, pris en première catégorie.  Ça me met un coup au moral, pourtant c’est la loi, le brochet est classé nuisible par arrêté préfectoral.

En secrétaire d’AAPPMA, je sais ce que coûte en temps et en argent  la pratique et l’organisation de la pêche en rivière de première catégorie. Notre AAPPMA  de Lucenay L’Eveque qui n’a qu’un parcours en première, investit tout son argent dans les déversements de truites pour les pêcheurs et vu la fréquentation de notre rivière on constate que ça attire du monde. Comment alors supporter ces becs de 80/90 cm qui dévorent allègrement les truites.

Dans un bief bien connu, il se prend chaque année des becs de 80 ou plus, et que dire de ceux de 50/60 qui doivent aussi être assez nombreux et taper dans les farios de lâché ? Ces brochets sont « des vrais », des natifs des rivières au capital génétique qu’il faudrait préserver pour peut être un jour sauver ceux de la seconde catégorie. Ils supportent des eaux froides, du courant, des crues, des pêcheurs… Pourtant ils tapent dans la gamelle et l’argent de l’ AAPPMA doit aller aux pêcheurs pas aux poissons.

A titre personnel je suis contre le classement du brochet en nuisible en première catégorie, je ne pense pas qu’il soit nuisible car il va se nourrir  aussi de gros chevaines, de barbeaux et eux mangent les œufs ou les alevins de truites. Par contre, si le projet de déclassement de l’état de nuisible passe, être obligé de le relâcher avant la date de l’ouverture générale de seconde catégorie me paraît une belle connerie. Qu’on ouvre « en général » la première catégorie début mars pour toutes les espèces et pas seulement la truite. Et que si le choix du pêcheur est de pratiquer le catch and release du brochet qu’on ne le blâme pas. Voila mon avis !

  • Voici l’analyse de JB Dioux, guest star de ce jour, il est président du la truite morvandelle qui gère un parcours de première catégorie mais aussi Pannecière en seconde catégorie:

Les propos qui vont suivre, risquent fort de ne pas aller dans le sens d’une harmonisation des règlements souhaitée par la grande majorité d’entre nous.

Preuve en est que lorsqu’on touche à la préservation des espèces, rien n’est simple, tant les paramètres qui régissent le milieu sont nombreux et complexes.

Je ne possède pas non plus une expérience sur la 1ère catégorie, qui me permettrait de soutenir « mordicus » l’une ou l’autre des idées que nous nous faisons sur cette question ! Qu’elle impacte  peut avoir le brochet sur la population des truites et des ombres en 1ère catégorie ?

Mon avis sur ce sujet ne sera pas véritablement tranché, mais à priori , je répondrai par la négative.

La 1ère catégorie ne se limite pas au « chevelu » qui forme les têtes de bassin, aux petits ruisseaux où viennent frayer les truites adultes et dans lesquels grossissent les truitelles, là je dirai vraiment catégoriquement non à la protection du brochet, ses poissons n’ont pas leur place dans ces lieux propices à la reproduction et au grossissement des juvéniles, donc ici, brochet indésirable quelque soit sa taille. Et, du reste, le brochet n’est que très peu représenté dans ce genre de milieu.

Dans les rivières plus importantes, où les salmonidés (farios et ombres communs) sont bien présents, je pencherai encore une fois pour le maintien de la réglementation actuelle, afin de soutenir la population des truites et éradiquer les prédateurs que sont les brochets,  qui n’ont absolument rien à faire dans ces eaux là !

Par contre sur les lacs de 1ère catégorie, où le brochet est déjà présent, et souvent même omniprésent, je ne parle pas de l’introduire bien sûr, mais il n’est pas rare de trouver des spécimens de très belles tailles, et c’est dans ce cas un véritable plus apporté à la pêche des carnassiers, je pense dans ce cas, qu’il serait bon d’adopter une taille minimale légale de capture.

Voilà résumé en quelques mots mon opinion sur la protection du brochet en 1ère catégorie :

–          Non pas de protection en rivières

–          Oui, tailles de capture en lacs.

Je ne peux être qu’un fervent défenseur de la truite puisque ça doit représenter 80% de mes sorties.

En fait, je ne croise le brochet que dans très peu de sorties, souvent juste en aval ou en amont d’un lac de barrage ou dans une rivière de première catégorie de profil très deuxième!!!

Peut-être que les ‘leurristes” croisent maitre Esox plus souvent, mais , pour moi, même s’il serait protégé, ça ne changerait pas grand chose au profil piscicole de la rivière. Pour moi, la règle actuelle me convient donc bien….pas de protection, pas de graciation et comme je suis toujours plein de contradictions, même si le brochet serait ‘protégé” en première catégorie, je n’en ferais pas “un plat”…..certains “truitistes” balancent  même les chevesnes comme par mépris….pour moi, la pêche est un sport, tout combattant mérite respect…..et, pour qui le sait, un beau bec sur une canne de 8 pieds en rivière…quel panard!!!!

Une question aussi à se poser: si on protège le brochet, que vont devenir les “contrats truites”, les “contrats saumons”, les “contrats ombres”,….ah oui, peut-être des contrats carnas!!!!

Comme il faut se jeter à l’eau et donc pour conclure, s’il fallait voter: “je suis pour que la loi actuelle reste d’actualité”

 

  • L’avis d’ Eric Bailly Bazin , président des pêcheurs d’Orient:

Donc concernant le brochet en première catégorie, je dirai d’une part que beaucoup de classifications sont théoriques et administratives, et qu’il y a belle lurette que l’on trouve dans certains secteurs de premières cyprinidés et brochets, et d’autre part si le brochet s’y trouve c’est que les conditions sont propices. Doit-on dès lors le considérer comme indésirable puisque c’est la question sous-jacente ? Déglinguer les brocs systématiquement pour sauvegarder les truites de bassine, franchement je trouve cela très rétrograde notamment quand les espèces présentes dans le cours d’eau sont très loin des espèces salmonicoles. Il y a un problème de fond : la classification de 1er ou de seconde catégorie ne correspond pas ou plus à la dénomination juridique des cours d’eau et c’est pas de la faute des brocs si les chevesnes, les vandoises et les gardons n’ont pas respecté la délimitation zonale, sont cons ces cyprinidés

 

 

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