Ils vivent dans nos eaux: la lotte de rivière

Ce superbe poisson, pas si rare que ça dans une moitié du pays (en gros un axe nord ouest sud est) est inconnu de 95 % des pêcheurs. Pour prendre une lotte, il faut soit pêcher de nuit, soit pêcher à la main ou tendre un clou, donc les pêcheurs étant scrupuleusement honnêtes, ils n’en voient jamais.

La lotte a de superbes couleurs. Elle est marbrée de gris, de doré, de cuivré. Il faut en avoir tenu une dans ses mains pour apprécier sa beauté.

 

Notre lotte (lota lota en latin – un titre de Led Zep à sa gloire : whole lotte love 🙂 ) n’est pas appréciée des internautes, les informations que l’on trouve sur elles sont plutôt parcellaires. Sa vie quasi-exclusivement nocturne n’invite guère à la découvrir.

 Localement en sud Morvan, on la trouve dans l’Arroux (2ème catégorie) et dans le Ternin (1ère catégorie). Les pêcheurs la prennent par accident et se demandent si ce poisson n’a pas été introduit. Non il est endémique dans le coin, il y en a toujours eu. Par contre dans le bassin de la Garonne il n’y en a jamais eu, donc le Lotte et Garonne est une gigantesque escroquerie des lobbyes touristico-halieutiques qui veulent prendre le pouvoir et asservir l’humanité (si, si , on me l’a dit…). 

 

Les plus belles lottes du secteur ne mesurent pas plus de 40 cm, ce qui fait déjà de belles bêtes. Prises au ver le soir ou à l’aube, il se dit qu’elles n’offrent guère de résistance et que c’est un piètre coup de ligne. Voici la photo d’une lotte prise début avril 2012 dans le lit d’un ruisseau qui se jette dans le lac de Pannecière par la fédé lors d’une pêche électrique.

 

Une tradition morvandelle bien ancrée fait que la troisième prise d’une lotte à la ligne doit être saluée par cette phrase : Be lotte, rebe lotte et dix de ver !!

 Selon les écrits scientifiques  la lotte aime les eaux froides avec peu de courant. Mais il s’en prend dans les trous de rivières de 1ère catégorie donc elle arrive plutôt bien à supporter le courant vif des rivières morvandelles.

C’est une espèce arctique qui a colonisé la France à la faveur des glaciations, très sensible à la température des eaux, elle meure si l’eau dépasse 23 °

 Pour la reconnaître, c’est facile, c’est le seul poisson d’eau douce de la famille des gadidés (comme le cabillaud plus connu sous le nom de morue ou moroue ou encore bacalao pour nos amis portugais). Elle possède un barbillon unique sous la mâchoire et s’en sert pour repérer ses proies. Elle est exclusivement carnivore et se nourrit de tout ce qu’elle trouve, larves, vers et  poissons.

 Elle est vraiment lucifuge et se planque au fond des trous sous les pierres ou les racines pour n’en sortir que lorsque la nuit tombe ou que la rivière est bien chargée. Là son barbillon fait merveille pour détecter la nourriture.

 La reproduction a lieu en hiver  de nuit sur des hauts fonds sablonneux. Les lottes se regroupent  et forment une boule (une pe-lotte peut être?) et la fraye se fait en groupe. Les œufs sont abandonnés à même le substrat et livrés à eux mêmes. Selon les renseignements récoltés il suffit que l’eau dépasse les 5 ° c pour déclencher la fraye.

Une femelle pondra plus d’un million d’œufs par kilo de son poids qui mettront 1 à 2 mois pour éclore. Une jeune lotte mesurera environ 8 cm au premier hiver.

 La lotte est le poisson d’eau douce record en terme de profondeur, il en a été détectée à plus de 200 m de fond dans les lacs alpins.

 Quand la lotte rit on peut gagner au loto !!!! J’arrête là les bêtises.

Gardez la pêche

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