Effacements d’ouvrages ou comment redonner la liberté de frayer à la truite

Ca peut paraître être un effet de mode mais les effacements d’ouvrages hydrauliques gênant la remontée des truites sont efficaces. Tout ceux qui ont travaillé sur le sujet on put le constater.

Mais que sont donc ces ouvrages ?

 

La plupart du temps ce ne sont que deux pauvres buses en béton qui vont supporter une passerelle pour que l’agriculteur puisse accéder à son pré. Au fil du temps, ces buses posées dans le lit du ruisseau vont lors des crues cracher très fort et décaper la base aval, créant un petit trou favorable à la tenue d’une truite. Puis le temps passant ce trou va s’agrandir et la buse ne s’arrêtera jamais de creuser finissant au fil du temps par créer une petite cascade difficile a franchir puis en son sein un mini filet d’eau en été impossible à remonter pour une truite.

 

Photo Parc du Morvan

 

Ceci est un exemple courant mais on a pu tous constater des seuils de petits ouvrages infranchissables même quand il y a de l’eau qui coule. 

Les farios aiment remonter les tributaires, la plupart du temps pour pondre mais aussi l’été pour y rechercher la fraicheur nécessaire à leur survie.

 

 D’après toutes les études rendues par les spécialistes, effacer ces ouvrages c’est commencer par redonner la possibilité au poisson d’avoir un comportement plus naturel et ainsi mieux résister.

 Donc, près de chez moi, sur une rivière que je connais bien, sur le secteur de Lucenay l’Eveque deux ouvrages ont été démolis puis refait avec plus de clairvoyance.

Le premier était une passerelle busée dont la base aval était comme je le décris plus haut. La fédé, l’agence de bassin, l’Onema et mon AAPPMA ont pris le dossier en cours et cette passerelle a été  arasée. A la place c’est un petit pont qui a été construit…Un pont comme dans le temps…..Retour aux sources pourrait on dire !

 

Plus haut il s’agissait d’un ancien dispositif de dérivation du ruisseau vers un bief de moulin qui était au fil du temps devenu un obstacle infranchissable. Celui ci a été démoli et on a reconstruit à la place un lit artificiel de ruisseau avec des blocs rocheux.

 Ces deux petits exemples  sont  révélateurs de la volonté de prendre les choses en main pour la truite. Destruction des embâcles, arasement des seuils, curage des lits envasés….Ainsi la rivière retrouvera un peu plus de naturel et ses hôtes y redécouvriront un biotope favorable.

Photo: Parc du Morvan

 

 Partout où cela a été fait on a constaté une nette remontée des populations de farios autochtones, des truites qui se reproduiront mieux et qui passeront mieux aussi les été de canicules.

 

Concernant le Ternin, il reste un obstacle de taille, le barrage de Chamboux qui en période estivale lui ôte quasiment le tiers de son débit et qui des dires des anciens est responsable de la raréfaction des truites plus que les pêcheurs….Mais celui là avant qu’il soit arasé, je ne serai plus de ce monde pour le voir !

 

Il est bien évident que les différents budgets pour ces aménagements hydrauliques ne sont pas extensibles mais avec peu de frais et surtout de la main d’œuvre on peut quelquefois améliorer le schmilblick. Repérez ces obstacles, signalez les à vos AAPPMA et votre fédé et voyez avec les spécialistes ce qui pourrait être fait.

 Et gardez la pêche.

 

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