Tresse, la 12 brins c’est pour bientôt !
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Du coté des tresses on a fait de sacrés progrès depuis une quinzaine  d’années. De la tresse toronnée enduite d’un gel qui était déjà une belle évolution on est arrivée à une tresse 8 brins, tressée compacte qui possède des caractéristiques de résistance exceptionnelle.

 Revenons un peu en arrière et simplifions au maximum pour ne pas tomber dans la technique pure qui devient vite rébarbative pour le profane et voyons l’évolution de cet accessoire devenu indispensable.

  Les premières tresses grand public étaient des tresses toronnées, c’est à dire que les fibres étaient tressées un peu comme on fait la laine, en extrayant les fibres et en les mélangeant. On obtenait ce qu’on obtient avec la laine, un fil assez régulier mais fragile et dont certains endroits comportent des faiblesses.

J’ai pêché avec ce type de tresse, rappelez vous, en la coupant on voyait bien le gainage plastique qui ceinturait une âme composée de dizaines de fibres.

 Puis on est passé au stade ou en chauffant cette tresse on arrivait à fusionner les fibres, néanmoins si ce traitement améliorait la surface en la rendant plus lisse, il rendait la tresse plus fragile.

 On est ensuite passé à la tresse toujours fusionnée mais avec une autre matière que la précédente et on obtenu une tresse correcte qui se comportait enfin pas mal, qui foisonnait moins et qui avait une résistance linéaire assez semblable sur toute la longueur.

tresse toronnée et gainée

 

Ce fut ma première « vraie » tresse montée sur mon moulinet : La Fireline de Berkley.  Cette tresse révolutionnaire pour l’époque (2004 ce n’est pas si vieux!!) avait pourtant tendance à s’user très vite car le gel qui emprisonnait les fibres se délitait et la tresse peluchait en tête de ligne devenant plus fragile. Il semble que certains retrouvent ce type de problème avec le Nanofil de la même marque.

 L’année suivante me semble t’il, Berkley a sorti la Fireline Crystal, soit disant plus discrète. Joli coup de pub pour une discrétion toute relative, néanmoins la couleur blanche se voyait bien et changeait des classiques vert et jaune fluo. Je l’ai tout de suite adopté en me disant qu’un poisson en regardant vers le haut voit un ciel clair donc une tresse claire se verrait moins pour la pêche aux leurres.

Doc fabricant

 

 L’évolution suivante ou en parallèle fut celle des tresses tressées en 4 brins dont la plus célèbre : La Power Pro. A ce titre il est bon de relever que la fibre Spectra (pour la Power Pro) et la Dyneema (pour les autres) ne sont qu’une même matière, de la fibre PE mais fabriquée par deux entités différentes qui leur ont chacun donnée un nom !

Wiplash de Berkley

 Power Pro et Wiplash se sont ainsi taillé la part du lion avec ce petit avantage de la Power Pro de dire la vérité sur sa résistance, alors qu’avec la Wiplash coté résistance et diamètre on atteignait la plus pure des mauvaise fois. Néanmoins la Wiplash est vraiment costaud et je pêche toujours avec.

 Pendant ce temps, d’autres fabricants comme SpiderWire (leader aux USA) essayaient d’améliorer le concept en ajoutant un brin de « machin chose » au tressage pour améliorer la glisse, la flottabilité ou autre.  Même si l’idée était très bonne et les produits de qualité, ces tresses hybrides n’ont pas rencontré le succès mérité en France, problème de communication certainement car pour les avoir testées j’ai apprécié le produit.

 L’évolution la plus récente concerne les huit brins tressées dures car certaines 4 brins étant tressées assez mollement et on avait plus un ruban qu’un fil enroulé sur le moulinet!

Les huit brins demandent des machines spécifiques, imaginez tresser huit brins pour en faire un fil de 0,8mm. Il faut aussi une tension assez importante pour que le fil garde une certaine rigidité sinon c’est la perruque assurée..

Pour l’heure ce sont deux marques nippones qui tiennent le haut du pavé : Gosen et Varivas avec des tresses de qualité mais assez chères (autour de 40 euros la bobine). YGK fait aussi des tresses d’excellente qualité mais à 80 euros la bobine, je n’ai pas encore osé en acheter  pour la tester.

Gosen 8 brins

 

Daiwa a mis sur le marché une huit brins « low cost » mais qui m’a déçu. Dès l’embobinage sur mon moulinet j’avais constaté qu’une longueur de plus de 20 m était déficiente, celle ci cassait comme du verre, donc le contrôle qualité restait à faire. Ce problème semble résolu mais chat échaudé…..

Après avoir utilisé des années la Power pro, qui a lancé aussi sa huit brins, et la Wiplash, je suis passé à la Gosen et à la Varivas jusqu’à essayer l’Ultracast huit brins de Spiderwire. Moins chère et aussi bien que ses ainées japonaises.

ultracast fluorobraid de Spiderwire

 Maintenant quelle est l’évolution ? J’ai pu avoir au téléphone le responsable d’une grande marque qui m’a donné quelques pistes, je l’en remercie d’ailleurs.

 Une huit brins dont chaque brin est gainé de fluoro (discrétion – rigidité – résistance à l’abrasion) est déjà prête depuis plus d’un an, néanmoins le process industriel demande du temps et surtout il n’est pas sûr que le client soit prêt à dépenser plus pour ce type de tresse. Néanmoins elle sera bientôt lancée et sera certainement la vedette des prochains salons en 2014 ou peut être avant.

 Et, puisque les fabricants ont toujours une bonne longueur d’avance, on m’a assuré qu’une tresse 12 brins coated fluoro est techniquement prête. Elle sera extrêmement fine, extrêmement solide, extrêmement résistante mais pour l’heure son tarif dépasse l’entendement donc wait and see !!!

 Imaginez pêcher sur un fil d’araignée ! Un fil si fin que le poisson ne le verrai pas et ne le détecterai pas par sa ligne latérale. Un fil si solide que vous ne perdriez aucun leurre au fond car les hameçons se tordraient avant la casse….Ça existe, pour l’heure en prototype dans un bureau d’étude d’une grande entreprise, ça n’a pas été inventé pour la pêche mais pour la défense ou l’aviation ou encore la voile en compétition et parmi les ingénieurs qui bossent sur le sujet il y a toujours un pêcheur qui y voit son avantage.

Avec de tels fils nos futures cannes et moulinets auront eux aussi des progrès à faire, je pense que dans un bref  avenir nous pêcheront avec du matériel poids plume capable de tracter une locomotive, ou presque !

 Rendez vous donc dans une dizaine d’année !!!!

 Gardez la pêche.

About sylvain l'esoxiste

53 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre esoxiste.com sur Facebook
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