Du rififi à Vouglans entre AAPPMA et services de l’ état
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600px-Panneau_attention_svgLes deux AAPPMA La Gaule Moirantine et les Pêcheurs Clairvaliens de Vouglans  se sont associés pour demander aux services de l’ état que les tailles minimales soient augmentées et les quotas de prises soient revus à la baisse concernant les carnassiers.

Le lac de Vouglans possède une réglementation particulière due en partie à son classement en première catégorie, alors que dans le département les quotas sont de 3 carnassiers/jour dont 2 brochets et TLC brochet à 60 et sandre à 50, à Vouglans c’est 5 carnassiers/jour, TLC brochet à 50 et sandre à 40. Avouez que cette situation n’est pas normale.

Les AAPPMA ont donc lancé via un communiqué un ultimatum à la DDT, s’il n’y a pas d’ évolution les bénévoles des AAPPMA cesseront de s’investir sur Vouglans.  Voici le communiqué en question tel qu’il a été publié sur facebook le 14 décembre dernier:

« La réglementation pêche va t-elle évoluer sur Vouglans en 2018 ?

vouglans 270517 (35)Précision de taille : ce post a pour vocation de communiquer sur les inquiétudes des AAPPMA concernant l’ARP 2018 dans le Jura.
Les AAPPMA de Moirans et Clairvaux qui gèrent les baux de pêche sur VOUGLANS, sont dans l’attente de la tenue de la commission grands lacs intérieurs qui devra se prononcer , sur des dérogations concernant les TLC et les quotas sur Vouglans. Précisons enfin,que la DDT du Jura attend les informations du Ministère , et informera les AAPPMA en temps et en heure, des suites données à cette demande datant du 19 MAI 2017.
Nous nous refusons donc pour l’instant de polémiquer tant que les choses ne sont pas définitives et légalement arrêtées. Bien entendu, il n’en serait pas de même si les choses devaient en rester là. Bonne lecture.

Les dernières pêches d’inventaires de l’ex ONEMA, aujourd’hui AFB, ont amené cet organisme à qualifier le peuplement piscicole de Vouglans de « moyen », en raison notamment des « forts marnages » imposés par le groupe EDF.
Double peine puisque le lac de Vouglans ne présente que peu de supports de végétaux pourtant nécessaires aux espèces phytophiles comme le brochet pour se reproduire. Cette espèce patrimoniale est d’ailleurs menacée au niveau national.
Face à ces constats, des mesures de protection du milieu aquatique ont été mises en place depuis 2 ans sur Vouglans, par le biais de réserves de pêche ayant pour vocation à mieux protéger la ressource piscicole.

Vouglans 201467Les AAPPMA de Moirans et Clairvaux ont voulu aller encore plus loin en s’engageant en parallèle, dans une réflexion sur l’augmentation des tailles légales de capture (TLC) et sur une diminution des quotas des espèces vulnérables ou surpêchées, elle aussi engagée dès fin 2015.
Le rapprochement humain et technique des AAPPMA de Moirans et de Clairvaux a permis de porter ces demandes relatives aux TLC et aux quotas sur le lac de Vouglans, auprès des services de l’Etat en Mai 2017.
A l’heure où le département du Jura voit les mailles de nombreuses espèces augmenter en seconde catégorie , dont celles du brochet et du sandre ( 60 cm pour le brochet et 50 cm pour le sandre) , et les quotas diminuer ( 3 carnassiers par jour et par pêcheur dont 2 brochets au maximum) , les conseils d’administration des deux AAPPMA de Moirans et Clairvaux ont en mai dernier, décidé d’harmoniser la réglementation pêche sur Vouglans avec celle du département.
« Il est impensable que les mailles et les quotas n’évoluent pas sur Vouglans comme dans le reste du département. Cette harmonisation est une nécessité absolue » soulignent les deux Présidents d’AAPPMA Arnaud Fourrier et Serge David.
« Le classement de Vouglans en 1ère catégorie n’est pas un argument recevable » car la pêche sur Vouglans est déjà soumise à de nombreuses dérogations, sous certaines conditions :
Pêche à 4 cannes, pêche à 5 hameçons, pêche à l’asticot…
Autant d’incohérences que ne manquent pas de souligner les administrateurs de la Gaule Moirantine et des pêcheurs Clairvaliens.

vouglans14« De nombreuses dérogations à la réglementation pêche existent sur Vouglans. Des dérogations allant qui plus est dans le sens d’une protection du milieu et des espèces, doivent être mises en place. Il faut être logique lorsque l’on prend des décisions aussi importantes pour l’avenir de la retenue et plus globalement, pour l’avenir de la pêche de loisir dans le Jura » explique Arnaud Fourrier.
Serge David quant à lui, insiste sur « l’appauvrissement et la mise en danger de la ressource piscicole de Vouglans » si la commission ne se réunit pas dès à présent pour donner un avis favorable aux demandes des AAPPMA.
La fédération de pêche du Jura a donc été elle aussi été sollicitée par les AAPPMA dès le printemps 2017 pour transmettre leurs demandes de protection du milieu aquatique concernant Vouglans aux services de l’Etat. La DDT a d’ailleurs annoncé que la commission grands intérieurs de montagne, compétente en la matière, se réunirait avant la fin de l’année 2017, en fonction des disponibilités de Monsieur le Préfet.

A ce jour, aucune date n’a été communiquée concernant la tenue de cette commission ce qui fait naître de réelles inquiétudes aux 2 AAPPMA de Clairvaux et Moirans.
De nombreux pêcheurs évoquent déjà les impacts désastreux sur les biomasses piscicoles de Vouglans en cas d’un maintien de la réglementation pêche actuelle ( 5 carnassiers par jour et par pêcheur avec des tailles réglementaires de capture ridiculement basses : 40cm pour le sandre, 50 cm pour le brochet).
Les Présidents et les administrateurs des 2 AAPPMA de Moirans et Clairvaux mettent en avant les avantages d’une harmonisation de la réglementation pêche avec le reste du département :
big sandre patoche vouglans1) protection d’espèces patrimoniales menacées comme le brochet
2) protection des autres espèces impactées par les marnages printaniers (sandres, gardons, perches)
3) continuité avec les mesures de protection déjà en place sur la retenue à savoir les réserves de pêche
4) simplification et lisibilité de la réglementation pour tous les pêcheurs

Ils concluent de dire que « la grave crise actuelle du bénévolat, ne sera que renforcée au sein du monde de la pêche de loisir, si les services de l’Etat et les fédérations de pêche départementales ne prennent pas leur responsabilités pour œuvrer rapidement dans le sens d’une protection des milieux aquatiques ».
Le temps et l’énergie passés par ces bénévoles doivent être reconnus, faute de quoi, les dernières bonnes volontés se démobiliseront.
Serge David et Arnaud Fourrier annoncent que « les AAPPMA ne souhaiteront plus s’investir sur Vouglans si la réglementation pêche n’évolue pas dans le sens d’une harmonisation avec le reste du département du Jura ».
Et de conclure que des « professionnels devront à terme être embauchés pour remplacer les bénévoles si le milieu associatif se désengage, faute de reconnaissance de l’investissement de chaque instant ».
Sans les AAPPMA, principales actrices de la pêche de loisir en France, les adhérents se trouveront rapidement livrés à eux-mêmes. La ressource piscicole sera de facto exposée à des dérives en tous genres,ce qui posera de surcroît des difficultés aux professionnels chargés de la police de la pêche. »

 

About sylvain l'esoxiste

50 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique pour Planète Carnassiers, 1max2peche et Le Chasseur Français. Suivre L'Esoxiste sur Google+ et esoxiste.com sur Facebook
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6 Responses to Du rififi à Vouglans entre AAPPMA et services de l’ état

  1. Le regulateur says:

    Bonjour, un peu ridicule tout ça! Ce joli lac de barrage doit préserver ses carnassiers, première catégorie ou pas! On est pas dans nos rivières du morvan, ou le brochet est soi disant nuisible , vu le volume d’eau de vouglans! Aucun risque pour les salmonides! ☺

  2. Lionel F. says:

    Toujours des mailles à 40 cm et 50 cm, on croit rêver…
    Je ne considère pas le passage à 50/60 comme une augmentation des TLC mais comme une simple mesure de bon sens…
    De tout coeur avec Arnaud…

  3. Lesfilmu says:

    Pas « gâcher » mais « trancher » (le correcteur)

  4. Lesfilmu says:

    Salut,
    Je veux bien les sources, ca m’intéresse.
    Ensuite je donne un avis, mais j’aime me documenter avant de gâcher 😉
    Lesfilmu.

  5. greg says:

    Pour info il faudrait retrouver la très bonne étude menée par la FD69 sur les TLC et la pression de pêche : augmenter la maille n’a que peu d’effet (même si on en a tous envie), voire des effets négatifs (augmentation de la pression sur les géniteurs), la meilleure solution est la fenêtre de capture (hélas pas prévu par notre réglementation).
    C’est également très étudié et documenté aux US sur le broc notamment.

    • Jérôme says:

      Greg,
      ça a fait plaisir pour une fois de lire un commentaire sensé !!! Trop rare de nos jours ! Je vais dans ton sens, malheureusement aujourd’hui trop peu de personnes ont une réflexion poussée. J en ai lu une tapé d’étude, et y en une qui m à fait spécialement sourire sur le broc. Un suivi des individus qui ont été pucés et relâchés après capture. Poisson a 2 à 3 mois avant la reproduction dont sur la période dite de migration.
      Le retour en généralisant sur 10 poissons :
      – 2 sont mort par le stress
      -4 non pas suivsi la migration et sont restés en pleine eaux.
      Pour les autres individus, curieux de connaître la viabilité des œufs…

      Ça laisse à réfléchir sur l impact que nous pouvons avons même en nokill que bien sur je prône avec un prélèvement plus que résonné si le poisson subit des dommages !