Les moteurs hors bord et les barques de pêche

NOM PHOTO

 

Grâce à mon ami Seb qui faisait installer son moteur thermique hors bord sur son nouveau Crestliner V 14 j’ai pu avoir la chance de discuter avec le technicien Mercury qui m’a donné quelques astuces pour nos moteurs sur nos barques de pêche.

En voici quelques un qui vous apprendront peut être quelque chose.

En préambule je ne parlerai pas des moteurs puissants que l’ont trouve sur les bass boat et walleyle boats car ceux ci sont montés par des spécialistes et leurs propriétaires connaissent le sujet, quoique ?

Voyons voir notre petit moteur de 5 à 15 chevaux que l’on installe au cul de sa barque et qui est fixé par des mors au tableau arrière.

Arbre court ou arbre long ?

moteur hors bord 5 cv

La longueur d’arbre conditionne le fait que l’hélice soit dans l’eau lorsque le moteur tourne. Un bateau est donné par le constructeur pour être équipé d’un hors bord avec arbre court ou long, c’est selon la hauteur du tableau arrière: 38 cm pour un court et 51 cm pour un long.

La longueur d’arbre du moteur se mesure du haut de l’intérieur de l’étau de mors (ce qui repose sur le tableau) à la plaque anti cavitation
Si un moteur arbre court ne peut pas se monter sur un bateau prévu pour arbre long car l’hélice serait en partie emmergée (hors de l’eau), le contraire peut se pratiquer. On peut en dépannage monter un arbre long sur un tableau arrière prévu pour arbre court, par contre coté performance ça ne sera pas génial.

L’idéal pour avoir de la puissance et utiliser son moteur au mieux est que la plaque d’anti cavitation (celle au dessus de l’hélice) soit parfaitement alignée avec le point le plus bas du tableau arrière ou juste en dessous mais sans dépasser 25 mm.

C’est cette plaque qui va s’appuyer sur l’eau en navigation et même si votre barque ne déjauge pas avec un 6 cv, elle ira plus vite si cet alignement est respecté.
Généralement les tableaux sont de dimensions standards pour cette raison mais on peut régler dans le détail en plaçant des cales en bois sur l’étau du moteur pour le remonter si besoin.
S’il convient de le baisser, allez voir un pros ou passez à l’arbre long et des cales de rehausse.

 

Voici la photo de mon Alumacraft 1442 NCS et son vieux thermique 5 cv Yamaha. Vous constatez que c’est à peu près aligné donc le moteur donnera sa performance idéale dans cette configuration.

 

Le trim, à quoi ça sert ?

Le trim permet de varier l’angle d’inclinaison du moteur vis à vis de l’assiette du bateau donc du tableau arrière. Pour aller plus vite,les gros bateaux, une fois déjaugés, mettent un peu de trim (relèvent le moteur), c’est pourquoi le trim est réglable depuis la manette des gaz.
Sur nos petits moteurs, pas de trim hydraulique mais quelques encoches sur l’étau du moteur, voyons comment régler cela :


Regardez votre bateau sur l’eau et notez son plan horizontal (son assiette), qui peut être différent de celui sur la remorque.
Faites en sorte que l’arbre moteur soit le plus vertical possible lorsque vous naviguez, ce qui peut impliquer qu’à l’arrêt il ait l’air éloigné du tableau arrière.
Généralement le trim se règle en enfilant une tige sur l’étau qui va empêcher le moteur de venir buter contre le tableau arrière.

Voici deux photos, la première avec un mauvais réglage de trim et la seconde avec un bon.

trim négatif

trim à zéro

 

Si votre bateau monte du nez c’est qu’il a trop de trim, si l’avant s’écrase dans l’eau c’est qu’il n’en a pas assez car la poussée (appelée dans ce cas trim négatif) plaque la proue dans l’eau. A vous d’essayer les autres positions (généralement pas plus de deux ou trois) les autres étant prévus pour remonter le moteur lors d’un accostage.

C’est peu sensible sur des barques mais vous pouvez gagner de 2 à 5 km/h avec ces bons réglages, ce qui n’est pas négligeable.

image Mercury

 

L’entretien courant de votre hors bord

Les nouveaux hors bord étant des quatre temps (les deux temps sont en passe d’être interdits partout bien que les nouvelles technologies les rendent moins polluants), leur entretien est le même que celui de votre tondeuse : Révision annuelle, bougie, vidange, filtre à huile.

Là où ça change c’est quand on va s’attaquer à l’embase.
Le renvoi de pignon qui va transformer la rotation verticale de l’arbre moteur à celle horizontale de l’arbre d’hélice baigne dans une huile spéciale appelée huile d’embase.
Il convient de la vérifier au moins une fois par an via la vis de visite et de la changer une fois tous les 3 ans en moyenne en eau douce. Si l’huile a un aspect de mayonnaise c’est qu’un joint est foutu et que de l’eau à pénétré dedans. La rotation à grande vitesse aura crée cette sauce caractéristique qui vous indique qu’il faut démonter ou emmener à un homme de l’art.
Pour vidanger on ouvre le bouchon le plus bas, on laisse s’écouler…Pour remettre l’huile qui se trouve en tube comme du dentifrice, on plaque le tube par le bouchon de vidange (le même où l’ancienne s’est écoulée) et on arrête lorsque l’huile apparaît au niveau du bouchon de visite en haut, tout simplement.

La turbine de refroidissement :

image guidemarine.fr

Cette turbine en caoutchouc est celle qui permet de faire circuler l’eau pompée à l’embase et rejetée par le pisseur sous le moteur. Cette turbine elle aussi se change régulièrement sinon elle ne fera plus son office, votre moteur pourra chauffer voir serrer s’il n’est plus refroidi.
Vérifier aussi les évents de pompage d’eau qui ne doivent pas être obstrués pour les mêmes raisons.
Généralement une turbine se change préventivement tous les 5 ans mais si vous constatez que votre moteur ne pisse plus avec la vigueur de ses jeunes années, c’est que la turbine est HS. Elle peut se dégrader très rapidement si votre moteur a tourné dans une eau très sale chargée en particules de sables.

Un excellent tutoriel très clair pour changer sa turbine moteur se trouve sur le site guidemarine.fr, vous y trouverez toutes les infos pour pratiquer cette opération à la portée du bricoleur de base.

 

Comment démarrer son hors bord récalcitrant :

Tout cela m’est déjà arrivé, donc profitez des mes erreurs pour ne pas les faire.
On pompe sur la poire de la nourrice pour mettre en pression tout en ayant pensé à ouvrir la prise d’air de la nourrice sinon au bout d’un moment l’essence y restera prisonnière..
On vérifie que le tuyau d’essence est toujours branché au moteur avant de hurler !
On met au point mort.

Moteur froid :
On règle la poignée des gaz sur ralenti
On met le starter
On fait « poter » le moteur, dès qu’il pote une fois et s’éteint, on enlève le starter et il doit démarrer.
En hiver on laisse le starter plus longtemps jusqu’à ce que le régime moteur soit bon.
Moteur chaud, pas de starter sauf s’il refuse de démarrer, poignée des gaz au minimum.
Avec les nouveaux moteurs ça va tout seul mais avec quelques ancêtres comme le mien,il faut y aller doucement !

 

Ne pas oublier d’assurer votre moteur au bateau à l’aide d’un câble car les vibrations peuvent desserrer les mors et beaucoup de pêcheurs ont vu leur hors bord couler au fond d’un lac à cause de cela.

 

Dernier point : La goupille de cisaillement.

Votre arbre est protégé des chocs par un système de débrayage de l’hélice, pour les nouveau moteurs voir la procédure sur votre notice mais pour les anciens il existe une goupille qui se rompt si l’hélice touche un obstacle. Pour la changer il faudra démonter l’hélice. Généralement on trouve une goupille de rechange dans la trousse outil du moteur sinon veillez bien à en avoir une en dépannage.
Ça m’est arrivé deux fois, la première sans aucun choc et en pleine navigation, je me suis demandé ce qui se passait.
La seconde en touchant le fond lors d’un accostage sur une plage, et ces goupilles ne sont pas faciles à trouver donc soyez prévoyants !

 

Rouler avec son moteur monté ou non ?

Sur les gros bateaux le moteur est fixé de façon pérenne et la question ne se pose pas, on constate juste que leur embase est fixée sur un bras qui est lui aussi fixé à la remorque pour éviter tout phénomène de rebond. Les gros moteur on en outre généralement un loquet de verrouillage en position transport mais ce verrou ne me fait pas confiance.

 

Pour les moteurs plus petits on peut les bloquer contre un morceau de bois placé entre le moteur et le tableau arrière. Si vous avez un trim hydraulique pas de problème sinon l’usage de sandows est indispensables.

Personnellement je démonte mon moteur pour les trajets car les tableaux arrière de nos barques ne sont pas très solides et les systèmes de mors peuvent se dévisser à cause des vibrations. A vous de voir.

Pour un très court trajet on peut monter son moteur en position haute d’accostage mais le balourd sera important si vous prenez le moindre nid de poule, attention à ne pas détériorer votre tableau arrière ou l’axe de l’étau de votre moteur.

 

Le coupe circuit

Désormais obligatoire sur les plus de 6 cv et installé sur tous les moteurs neufs il permet si on l’utilise de couper l’alimentation électrique du moteur en cas de chute. Ça pourra éviter de vous voir passer le moteur dessus et les blessures engendrées par une hélice qui tourne très vite. Je ne peux qu’encourager à l’utiliser même si cet accessoire est gênant à l’usage

Pour l’hivernage de votre moteur, rendez vous sur ma page « hiverner son moteur hors bord« .

 

Vous en savez désormais un peu plus sur nos petits moteurs hors bords. Sachez qu’un 15 cv bien réglé pourra pousser une barque de 4m à près de 30 km/h. Un 6cv vous emmènera à 10 km/h ou plus selon le poids et le type de votre barque. Pour gagner un peu en vitesse, pensez à charger votre bateau de façon homogène, il faut qu’elle flotte horizontalement pour que votre moteur donne le meilleur de lui même dans ces petites puissances.

Gardez la pêche.

 

Comments are closed.