Devenir auteur pour la presse halieutique
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avatar-esoxiste-2014Voila un thème qui semble intéresser du monde puisque je reçois depuis plusieurs années des questions de lecteurs désirant se lancer dans l’écriture d’articles sur la pêche.

Pour une fois, je laisserai donc de coté la pêche pour aborder ce qui en parle : Comment écrire un article, le structurer, le proposer et peut être se voir publié.

En préambule, que les plus fines plumes ne s’y trompent pas, la presse halieutique n’est pas au mieux de sa forme et les pigistes ou auteurs n’y sont pas rémunérés comme ils le sont dans des magazines de plus grande audience. Vous ne ferez donc jamais fortune….

 

Vous souhaitez vous lancer dans l’écriture car vous aimez cela, qui plus est vous aimez la pêche donc pourquoi ne pas marier vos deux passions ? Les magazines pêches français tournent souvent avec les mêmes auteurs depuis des années, ceux ci sont des professionnels en ce sens qu’il peuvent écrire un article sur un sujet imposé et le livrer à temps, avec des photos de qualité, et dans le format demandé. C’est un réel challenge que peu de gens peuvent réaliser avec régularité.

logo la peche e tles poissonsC’est là la plus grande difficulté pour l’auteur novice qui a quelques sujets qu’il maîtrise à fond mais qui manque d’inspiration pour le reste. A titre personnel, si j’écris un peu dans des magazines c’est par le fruit du hasard et grâce à ce site qui m’a permit de me faire connaître. Il existe donc deux types d’auteurs : Les sponsorisés et les pas sponsorisés. Si les trois grands magazines que sont le Chasseur Français, la Pêche et les Poissons et le Pêcheur de France sont un peu rétifs à employer des sponsorisés, les autres mag spécialisés y font appel régulièrement, voir même tout le temps. Un sponsorisé écrit tout aussi bien qu’un non sponso mais ce n’est pas la même stratégie pour le mag.

Comment écrire un article ?

logo-pecheur-de-franceUn article est un écrit structuré avec une introduction qui va amener le sujet et qui ne fera pas plus de 5 lignes, on peut monter à 10 si le sujet est complexe mais ne pas perdre de vue qu’une intro c’est une intro et pas un paragraphe.

Les paragraphes seront précédés d’un titre ou d’une phrase titre pour plus de lisibilité, personnellement j’ai horreur des titres, pour moi un article n’en a pas besoin, ce n’est pas une notice d’emploi ou une note de service mais c’est l’usage que de mettre des titres.

Une page d’article c’est environ 2500 à 3000 signes, ce qui correspond peu ou prou à une page word avec les interlignes. On peut monter à 3500 mais ensuite le maquettiste est obligé de réduire la taille des caractères ou celle des photos et un magazine préférera privilégier le coté visuel que le coté écrit. Vous pouvez envoyer le mieux écrit des textes, s’il n’est pas agrémenté de photos de qualités on vous répondra que vous avez une belle plume mais qu’il manque de belles photos pour vous publier.

Les photos :

logo-planete-carnasierL’usage est d’environ 2 à 4 photos par pages, photos qu’il faudra légender en fin d’article avec des formules simples qui ne dépasseront pas ou très peu la vingtaine de mots.

Les maquettistes ont besoin de photos en HD afin de pouvoir les travailler au mieux dans la mise en page. L’idéal étant une belle photo avec un gros poisson en ouverture puis des photos plus relatives à l’article dans le corps de celui ci. Pour cela oubliez le smartphone et prenez ces photos avec un vrai appareil ou alors redimensionnez vos photos prises par téléphone afin qu’elles aient une taille plus classique que le rectangle habituel des Iphone ou autres. Il existe des logiciels gratuits comparables au photoshop qui vous permettront de recadrer, redonner du contraste….

Comment agrémenter un article ?

1max2peche-appliSi vous lisez un peu les magazines, vous constaterez qu’il existe plusieurs façons d’agrémenter un texte. On citera les phrases placées entre des guillemets, celles en gras, celles à part du texte qui sont des rappels ou des citations et pour terminer les encadrés.

Un encadré est un focus sur un détail de votre texte, au lieu de développer ce point accessoire dans le corps du texte et sortir un peu du sujet on renvoie ce point dans un encadré qu’on pourra agrémenter avec une photo.

 

A qui l’adresser ?

Une fois ce texte fait, en Word pas en Open Office et pas en Pdf ou autre truc, on va adresser celui ci au rédacteur en chef du magazine choisi. On trouve généralement les adresses mails dans la partie sommaire du magazine. On n’insérera pas les photos dans le texte mais il faudra les envoyer à part en pièces jointes pour faciliter le boulot futur.

Logo BSMDans le mail on se présentera, on dira pourquoi on souhaite écrire et on soumet son texte afin de voir si ça intéresse et si on a le niveau. Rien n’est plus désagréable que de recevoir un texte bourré de fautes où il faudra passer un temps infini à les corriger. Les rédacs chefs ne perdent pas de temps et jettent à la poubelle ce type de texte.

Ne soyez pas trop polémique, soyez didactique, clair, lisible et restez bien dans les clous du sujet.

Et ensuite ?

logo predatorsEt bien, si ça plait, le rédac chef vous contactera et l’aventure commencera pour vous….Ou pas !

Vous vous demandez combien ça paye hein ???? Rassurez vous ça ne vaut pas le coup sauf dans les grands groupes de presse. Une page dans un grand magazine comme Le Point ou L’express tournera autour de 200 euros ou plus selon la notoriété du journaliste alors qu’un petit mag de pêche vous donnera entre 20 et 50 euros, auquel il faut retrancher les cotisation sociales d’environs 10 %. Si vous faites le calcul, écrire, mettre en page, faire les photos, travailler les photos, livrer l’article à temps……C’est quelquefois limite et nombres d’auteurs talentueux raccrochent vite. Pour les autres ça permet de s’offrir un appareil photo plus pro ou se payer un petit séjour de pêche dans l’année.

logo chasseur françaisSelon moi, le plus important est d’aimer écrire, aimer conter, expliquer. Le boulot d’un auteur halieutique n’est pas de vous dire « je suis un sacrément bon pêcheur » mais je vais vous expliquer comment « être un sacrément bon pêcheur » ce qui implique de mettre son égo dans sa poche et d’accepter quelquefois des corrections ou des coupes.

 

Vous aurez constaté que ce texte comporte une intro de quelques lignes, un préambule et plusieurs paragraphes avec des titres. Oui j’ai mis des titres, quelle horreur !!!! Mais c’est pour vous montrer comment articuler un article qu’on terminera avec une petite conclusion de deux ou trois lignes, comme je le fais ici.

Gardez la pêche.

 

About sylvain l'esoxiste

49 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique. Suivre L'Esoxiste sur Google+
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3 Responses to Devenir auteur pour la presse halieutique

  1. Sylvanillo says:

    Il est clair que le pêcheur qui prend la plume suit un chemin de una satisfaction personnelle, celle de participer, partager, aider, et tous ces nobles sentiments ça ne rémunère pas.

    Ayant travaillé chez un des plus grands éditeurs mondiaux pendant 4 ans, notons de toutes façons qu’aucun auteur aujourd’hui, que ce soit en sciences, nouvelles, presse, ou pêche!, ne prend une marge supérieure à 3% (du prix de vente de l’unité publiée). L’auteur de Harry Potter prend 10% 😉
    Le travail d’un journal (c’est-à-dire, le bras marketing d’un éditeur) c’est de créer un contenu à partir du fond produit par un auteur. En général un journal est chargé d’effectuer le contour visuel, média, c’est à dire ce qui vend etc. On va d’ailleurs souvent sur des magazines français très connus des erreurs de média. Beaucoup d’auteurs reconnaissent leurs écrits avec peine.

    Quand je vivais en Espagne j’ai écrit pour Feder Pesca, disons le Pêcheur de France espagnol au niveau tirage, et je l’ai fait parce que j’avais envie de partager ma technique de pêche du brochet à l’ondulante avec des pêcheurs madrilains, qui luttent dans le milieu espagnol ravagé (et oui petite note en passant, l’expérience locale est bien différente des encarts marketing sur l’Espagne qu’on nous met et remet dans les magazines français!!!).
    Dans ce cas-là j’avais moi-même fourni les photos, mais ce n’est pas la règle.

    Après moi je pense qu’en France il devient difficile de publier (et lire!) quelquechose d’intéressant. Les articles de légende de Duborgel ou Limouzin c’est loin. Aujourd’hui la presse parle de ce que l’industrie produit pour la mode, plutôt que des techniques, le savoir-faire, on devrait faire des reportages sur ces pêcheurs retraités qui continuent à pêcher parce qu’ils en savent un bout.

    Heureusement, il y a un internet et ses blogs….. comme celui-ci!

  2. Geoffray says:

    Bonne description du travail d’un auteur, il faut juste rajouter que pour certains articles, il y a du SAV à faire car certains lecteurs vont poser des questions 😉

    Sinon, pour reprendre quelques termes appris dans le monde de l’édition, il y a plusieurs niveaux de lecture d’un article, voilà pourquoi on retrouve ces fameux intertitres (titres de paragraphes), avec des légendes explicites et informatives. Effectivement un joli titre d’article et un chapeau, cette fameuse introduction courte qui donne les grandes lignes de l’article.

    Rassurez-vous, ça parait difficile au premier abord mais finalement ce n’est pas si compliqué que cela! L’important, c’est surtout de se faire plaisir et si la récompense peut-être pécuniaire (~ 40€ la page chez 1max2peche), le vrai plaisir c’est de savoir que l’on a inspiré d’autres pêcheurs qui se sont rendus au bord de l’eau pour essayer la technique expliquée. Et oui, il existe encore des auteurs dont la première motivation est le partage des connaissances et de la passion de la pêche, et quand en plus ces personnes sont des guides de pêche, je trouve ça encore plus classe…