Date d’ouverture du carnassier, le grand cirque continue année après année
avatar

grande gueule pecheTous les ans je consacre un article à ce foutoir qu’est la date d’ouverture du carnassier en France, et tous les ans je constate que rien n’a changé. Des départements appliquent la consigne de la FNPF et ouvrent au 1er mai alors que d’autres vont ouvrir plus tard.

Et ma région est emblématique de ce bordel qui oblige les pêcheurs à se renseigner et à envahir d’autres départements pour assouvir leur passion. Mais j’ai entendu dire que ce serai la dernière année de sécession !

brochets breuil 25051410En préambule cet article ne traite pas du bien fondé des dates choisies, chacun a de bons arguments pour les proposer au Préfet qui les validera ou non, mais le problème est selon moi la multiplication des dates.

Pour la plupart, vous connaissez la date d’ouverture du carnassier de votre département, ou pas ? Car vous avez vu les pubs de la FNPF qui annonce l’ouverture au 1er mai. Mais, sur 100 départements, 4 font de la résistance.

Chez moi, en Saône et Loire, c’est cette année le 14 mai qu’ouvre le brochet.  En Côte d’Or c’est aussi le 14 mai, dans la Nièvre c’est le 1er mai, dans le jura c’est le 28 mai, dans l’ Allier c’est le 1er mai, dans l’Ain c’est le 1er mai et dans la Loire  c’est le 1er mai.

En gros sur 7 départements qui se touchent nous avons 3 dates différentes qui vont impliquer de fait  une migration des pêcheurs jurassiens passionnés jusque dans la Nièvre, on risque fort de voir encore du monde à Pannecière cette année.

brochet-gaulois-210114-(44)

 

La Nièvre avec ses 5 grands lacs va donc accueillir les pêcheurs de Saône et Loire, ceux de la Côte d’ or et  ceux du Jura, soit un paquet de pêcheurs.

Grâce à ses grands lacs, la Nièvre a pu mettre en place depuis plusieurs années déjà des réserves temporaires pour préserver la reproduction du sandre, vous trouverez les plans de ces réserves dans un article paru précédemment ou en vous rendant sur le site de la fédé 58.

Il est bien évident qu’un département dont le réseau hydrographique est plus constitué de rivières et d’étangs aura du mal à copier la Nièvre mais pourquoi pas ?

brochet-cathy-230612-(7)

 

En attendant cette multiplication des dates d’ouverture, même si elle satisfait une partie des pêcheurs qui y voient une mesure de protection de la fraye du sandre, ne satisfait pas les autres.  L’invasion, et je pèse mes mots, des grands lacs de la Nièvre par la horde des pêcheurs des autres départements  (dont je fais partie ) se fait au préjudice des pêcheurs du 58 car c’est leur argent qui finance le rempoissonnement et ce n’est pas les quelques subsides accordés par l’ EHGO  qui permettront de plus rempoissonner.

Le nouveau quota de trois poissons dont 2 becs maximum, qu’on peut développer en 3 sandres, 2 sandres un brochet ou un sandre et deux brochets, limitera certes la prédation humaine car les pêcheurs qui consomment leurs poissons sont encore la majorité, et là Pannecière va de nouveau déguster. Alors que si les pêcheurs du 71 et du 21, voir d’autres départements restaient chez eux il est mathématiquement démontré qu’il y aurait moins de prédation.

brochet-patoche-GL-6

Sous de bons prétextes, et je me répète, que je comprends,  on s’enferme dans une complication qui fait fuir les pêcheurs, qui les empêche d’aller faire du tourisme pêche de peur de se faire verbaliser.

Pas simple tout ça ! Mais qu’une harmonisation ferait du bien à tous les pêcheurs et à tous les départements !  Peut être qu’un jour ?

Gardez la pêche.

 

About sylvain l'esoxiste

49 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique. Suivre L'Esoxiste sur Google+
This entry was posted in Editorial - Coup de gueule, Les grandes gueules. Bookmark the permalink.

19 Responses to Date d’ouverture du carnassier, le grand cirque continue année après année

  1. Joubert-Laurencin says:

    Je suis aussi partisan d’une pêche libre toute l’année avec des protections par espèces de trois mois et des réserves temporaires sans aucune pêche possible.
    Cette année la Saône est ouverte le 1 mai ( parce que limitrophe avec le 01) au sud du département jusqu’à sa confluence avec le Rhône et fermée au dessus de la Truchère
    (sud Tournus) parce que c’est le 71 des deux cotés des rives ….

  2. Lesfilmu. says:

    Bonjour,
    C’est très bien de poser la question de cette façon, car effectivement, c’est un angle de vue intéressant (même si je ne souscrit pas à tous tes arguments, en particulier la réciprocité)
    Perso, je vais prendre la question dans l’autre sens : quelle est la finalité de ces décalages de dates ? Sans généraliser mais pour tirer une « tendance lourde » elle sert à « protéger la fraie du sandre » (étant entendu que celle du brochet est terminée depuis une paire de semaines, voir de mois…)
    Donc en gros : on crée artificiellement un problème (ouverture décalée), qui n’existe que pour une seule raison (il y a eu fermeture avant…) avec une motivation vertueuse (protéger le sandre) mais avec une réponse inadaptée (cette seule mesure ne protège que très partiellement le sandre)…
    Une fois encore, le problème de fond n’est pas « faut-il préserver la fraie du sandre », car bien entendu, vu son énorme vulnérabilité à cette période, IL FAUT le faire. Mais « par quel moyen ».
    La solution de facilité (je pèse mes mots) c’est « étendons la fermeture du brochet pour y inclure le sandre ».
    Et c’est là qu’est l’os… car dans les faits, c’est cette « fermeture du brochet », qui n’a aucun sens, parce que le brochet n’est pas plus vulnérable pendant cette période que n’importe quel autre poisson qui « pond et se casse » (sans nidifier).
    Donc en gros, on étend une mesure inadaptée (je reste soft), castratrice pour la pratique de la pêche, d’un poisson que çà ne « protège » pas le moins du monde à un autre pour lequel la mesure reste de toute façon insuffisante… ubuesque…
    Perso, je ne remet pas en cause cette fermeture pour ce qui concerne la truite, à cause du wading, largement pratiqué pour cette pêche et qui met en danger non seulement les pontes, mais aussi les alevins et juvéniles au début de leur vie.
    Mais pour les autres carnassiers, interdire la pratique de la pêche au leurre (je ne parle pas du vif et ne souhaite pas ouvrir ce débat-là) est grotesque puisque ne protège aucunement le brochet, empêche de pêcher le sandre pendant les mois de l’année ou sa pêche est la plus intéressante/productive et ne le protège plus lui-même quand il entre en repro (ainsi que les bass), car rien n’empêche les débiles profond qui « tapent sur des nids » de le faire au ver de terre…
    Alors que la solution serait si simple… Ouverture de la technique « pêche au leurre » toute l’année, avec mise en réserve temporaire des zones de frayères, d’abord des brocs, puis des sandres, puis des bass quand il y en a, chacun à sa période.
    Ce n’est plus castrateur pour la pratique de la pêche, c’est autrement efficace en terme de « protection de la fraie » çà permet de virer aussi les débiles profonds qui tapent dans les nids aux vers, puisque dans ces réserves TOUTE pêche est interdite.
    Et çà évite les dérives dont tu parles, à juste titre, puisque si plus de fermeture, plus d’ouvertures décalées…
    D’ailleurs, regardez l’Aveyron. Je ne suis pas du pays, mais la façon dont la pêche est géré là-bas est exemplaire sur ce plan. Tout le département en réciprocité TOTALE, pêche aux leurres autorisée toute l’année dans plusieurs lacs et cours d’eau, mises en réserve temporaire dans lesdits lacs sur les bonnes périodes. Exemplaire.
    Si eux y arrivent, pourquoi pas les autres ? Que fout la FD, car çà, çà serait autrement productif pour la pêche ET SURTOUT pour la gestion piscicole que leur tour de france de [BIP] ou leur approbation scandaleuse à la nouvelle loi pêche…
    On marche sur la tête…
    Lesfilmu.

    • Olivier BERNOLIN says:

      Bonjour,
      Intéressant mais vous parlez de lacs et toute la différence est là… De plus, les 3 catégories de pêcheurs sont-elles représentées dans ce département: pêcheurs pros, pêcheurs amateurs aux engins, pêcheurs de loisir.
      Sur des rivières comment définir des réserves temporaires? sur quels critères? et par la-même, quelle efficacité réelle?
      Le problème est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Ce qui fonctionne dans un département ne l’est pas forcément pour un autre, les contraintes sont différentes.
      Quant à l’ouverture toute l’année, quelles conséquences sur le cheptel comme dans le 71 où 3 catégories de pêcheurs cohabitent?

      • Lesfilmu. says:

        Bonjour,
        Non, sur le principe, aucune différence lac/rivière. D’ailleurs, en Aveyron, la rivière Aveyron et certains trouons de la rivière Lot sont concernés aussi, c’est stricte question de connaissance du terrain. Les poissons sont des zones d’alimentation et des zones de reproduction assez tranchées (en général) et le gestionnaire local, s’il fait son boulot (ce qui est une autre question…), il les connait.
        Ce que je fais pour la pêche pro et aux engins ? Perso, il ne faut pas me le demander, parce que ma position c’est que je ne comprend même pas comment ces pratiques peuvent encore exister en 2016…
        Quant à dire « ce qui fonctionne dans un département ne fonctionne pas forcément dans un autre » c’est de la foutaise (si tu me permets…). Les poissons, les plans d’eaux, ils ne répondent pas à des critères administratifs (départements) mais à des écosystèmes et des critères biologiques…
        La conséquence sur le cheptel d’ouvrir toute l’année ? Aucune. Ce n’est pas la fermeture qui préserve le cheptel, c’est la qualité des milieux (avant tout) et une gestion intelligente de la ressource.
        Gestion intelligente, çà passe par la promotion du no-kill (je ne parle pas de « parcours no-kill », que j’estime être une pratique discriminatoire mais de la promotion du principe en lui-même), les quotas de capture, les protections de frayères, des tailles minimales augmentées, c’est çà qui permet de gérer la ressource. Par une fermeture qui ne sert à rien d’autre que de priver les pêcheurs de carnassier de 3 mois de pêche.
        Pour les quotas, 10 salmonidés par jour, c’est du délire. Sur les carnassiers ils n’apparaissent que cette année, tant mieux que çà progresse, mais ils sont encore trop hauts (3 c’est trop) et les tailles minimales de capture encore trop faibles.
        4 cannes au posé au vif, c’est trop, çà n’a aucun sens. Le vif en lui-même d’ailleurs, interdit partout… sauf ici.
        Je pêche aussi dans le privé, des plans d’eau gérés en no-kill ou avec un quota de 1/jour et des tailles minimales à 65 ou 70. Et comme par hasard, les densités de poissons (tous, pas seulement carnassiers) ainsi que les tailles moyennes sont juste « sans comparaison ». Et çà ne ferme pas…
        Si la fermeture était un moyen de gérer le cheptel, çà se saurait et les hollandais, suédois, irlandais, espagnols, etc… qui ne ferment pas n’auraient pas les populations qu’ils ont…
        On se trompe de combat avec cette fermeture 😉 (comme souvent en France d’ailleurs…)
        Le ton est un peu direct, rien de perso, c’est juste l’expression de la passion, c’est un sujet qui me tient à coeur 😉

      • JACQUES says:

        Bonjour,
        Il y a une chose qui milite à des limitations dans le temps: la ressource.
        L’exemple de la Saône est symptomatique:
        – brochet en chute constante
        – présence de pro sur beaucoup de lots
        – biotope dégradé par de (trop) nombreux bateau de + de 100m de long
        – manque de la ressource de base: le plancton
        la fédé ne fait pas de recherches sur cette rivière alors que les moyens existent: http://www.eu.purefishing.com/blogs/fr/penn-france/2016/05/04/silures-a-letude
        On nous dit qu’il y a moins de silures en Saône car ils ont migré: OK mais?
        première explication, manque de nourriture sans doute c’est ce que font tout les animaux quand ils ont faim
        ou dérangement par cette circulation incessante
        Les chasseurs eux sont plus sérieux sur la ressource et adaptent les prélèvements aux populations et aménagent sous peine de disparition.
        Rien n’est vraiment simple…

        • j2m says:

          Tiens! Enfin quelqu’un qui parle de la base de la chaine alimentaire aquatique: le plancton. On préfère souvent vite accuser les piscivores de tout types (Pecheurs de tout bords, oiseaux, silures, loutres et j’en passe) avant de regarder si la base de la pyramide alimentaire est présente. Merci Jacques!

  3. JOJO l'Affreux says:

    En fin de compte,c’est vrai que bien peu de choses ont changé pour la pêche de loisir.Sylvain tu constates encore une fois comme nous tous le binz des dates d’ouverture du carnassier,ce n’est pas que dans ta région hélas.Je suis dans le 67 et ici c’est bec 1er mai et sandre 1er juin,dans le 54 département limitrophe brochet et sandre 1er mai.
    Mais si il n’y avait que cela,pour pouvoir pêcher ici nous avons à respecter 26 textes réglementaires (arrêtés et décrets ministériels,arrêtés et décrets préfectoraux),bientôt 27 puisque nous attendons pour le début de l’été l’arrêté préfectoral sur les nouvelles tailles à respecter.
    De plus nous avons dans ce département 135 APPMA avec chacune un règlement intérieur spécifique,tu t’imagines ce bordel pour les pêcheurs du coin ???

  4. Gros minet says:

    Une harmonisation oui mais cale sur le Jura
    L’ouverture le 1 mai est une honte pour le sandre qui se fait défoncer chaque année
    Et je ne parle pas du bass …

  5. Le regulateur says:

    Salut, il est vrai que c’est le boxon ces différentes dates d’ouverture, pour nous qui habitons à proximité d’autun, il est vrai que la distance des grands lacs du morvan est aproximativement la même que pour aller dans certains plans d’eau de saone et loire, mais toutefois les dates devraient être identiques pour éviter cette confusion , vu l’emplacement de ma commune par exemple pour pêcher la truite la Nièvre n’est pas loin, mon avis est que pour aller pecher tout est histoire de proximité et de goût, je préfère pêcher dans le cadre du morvan que dans le bassin minier, même si je n’i fait pas de plus belles pêches. Allez à plus.

  6. madmax says:

    et le 89?

  7. Olivier BERNOLIN says:

    Je ne suis pas d’accord avec ton analyse mon petit Sylvain. Elle fait en quelque sorte ressortir ce sentiment de jalousie et cet état d’esprit : vous venez prendre nos poissons! (parce que vous n’ouvrez pas en même temps)
    Bref, c’est contraire à une philosophie d’universalité de la pêche, à l’idée d’une carte nationale, à l’EGHO… mais tu me diras que sans date unique c’est aussi contraire à l’universalité…
    En 2010, c’est moi qui me suis levé lors de l’AG de la fédé71 à Autun pour demander le vote d’une motion refusant la date du 1er mai… et ce, parce que chez nous, le sandre est le carnassier qui prédomine. J’ai été applaudi et la mention a été votée. Depuis, le 71 est en résistance et paye une amende auprès de l’EGHO. Pourtant c’est le département de France qui vend le plus de cartes! Il défend avant tout ses intérêts, c’est à dire le sandre qui subit une pression de pêche importante. Le problème des dates est alors insoluble… d’un département à l’autre, les conditions et les besoins diffèrent.
    Il suffit de prendre l’exemple des lacs alpins dont les intérêts divergent des nôtres.
    Et finalement, plus il y a de dates d’ouverture, plus il y a d’occasions de vivre ce moment si intense et si magique.
    A + oliv et pour débattre, passe à la maison, je t’attends…
    .

  8. Pour rajouter un peu de complexité à tout ça, j’ajouterai que l’ouverture du brochet est fixée au 16 avril sur les lacs du Verdon (uniquement), alors que les autres plans d’eau et rivières du département du Var sont comme le reste de la France ouverts au 1er mai… Ce qui fait par chez moi 3 ouvertures (truite, brochet de lac, brochet) :) ! Une bonne simplification serait la bienvenue effectivement!!
    Et pourquoi pas une ouverture du carnassier toute l’année (vieux débat 😉 !) ?

    • C’est ce que j’aimerai et si c’est difficile à mettre en place niveau mentalités, c’est super facile à faire niveau paperasse. On en reparlera, c’est un thème récurent

      • HAYME says:

        Bonjour à tous,
        Je vais sans doute paraitre « vieux jeux », mais personnellement je remettrais l’ouverture comme dans les années 1970 (et avant), milieu Juin, quand tous les carnassiers ont frayés et ne défendent plus leur nid.
        De plus augmenter les tailles, pour assurer les reproductions.
        Cordialement
        Yves