Le coin du débutant : Pêche et éthique
avatar

logo coin débutantLe mois de janvier est un mois calme et propice à la réflexion halieutique, et c’est ce que je vous engage à faire en ce mois, réfléchissez. Nous allons aborder un sujet sensible, la pêche et son éthique, un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre, engendré beaucoup d’énervés de claviers et à mon sens lobotomisé pas mal de débutants qui se sont formés grâce aux blogs et à Facebook.

Je vais tenter de m’expliquer sur ce sujet mais ce sera votre réflexion personnelle qui devra vous amener à prendre position, non celle d’un autre que vous aurez suivi par commodité, c’est pourquoi j’ai utilisé le terme lobotomisé.

L’éthique à la pêche c’est s’inscrire dans une démarche supérieure au fait de prendre du poisson, la démarche peut être sportive, philosophique, voir politique…

Réfléchissons deux minutes, nous arpentons la nature pour lancer un truc dans l’inconnu afin de piquer un hameçon dans la gueule d’un poisson. C’est en gros la définition de la pêche au leurre et celle ci comporte à mon avis 3 thèmes : La nature, la quête, le poisson.

truite ternin 060414 (6)

 

Nous arpentons la nature parce que nous aimons être dehors, c’est en nous, il nous faut ce contact avec la réalité de la vie, sentir le froid, le chaud..Et comme nous aimons être dehors nous aimons ne pas transformer outre mesure ce coin de nature. Fondamentalement on serait écolo mais c’est plus compliqué que ça car si nous aimons être dehors ce n’est que pour y faire quelque chose. La nature est notre jardin, pas une jungle mais un endroit propre avec des chemins, sauvage mais sans animal féroce, beau et vrai mais quand même avec la voiture à coté.

Nous recherchons un truc car nous quettons. En lançant nos leurres ou vifs dans le grand inconnu nous espérons, nous sommes presque comme des mystiques qui prient et attendent un moment libératoire. Peu importe ou presque si on prend un poisson, on a pêché…C’est l’acte que nous recherchons en plus du poisson qui ne vient qu’en final et notre quête nous invite à la poursuivre à la maison en lisant des articles sur la pêche sur ce site par exemple.

chevesne ternin 30081433 (5)

 

Le poisson : C’est la récompense, la coupe du vainqueur, le trophée plus que le plat du dimanche. C’est l’aboutissement de notre quête et notre amour de la nature. On retrouve ça aussi avec les champignons et la chasse.

Mais car il y a un mais, la mode est au No Kill. Alors que notre nature humaine nous ferait rapporter notre trophée à la maison, nous le relâchons sans savoir si ses blessures lui seront peut être fatales à court terme. La mode du No Kill présenté presque comme une religion, tout du moins comme un dogme ne souffre aucune critique selon ses pratiquants. Pourtant la loi, celle qui gouverne notre vie en société l’emporte sur cette valeur. On a le droit de garder son poisson pour le manger tant qu’on est en règle avec la loi.

brochets breuil 25051420

 

Celui qui vous insultera si vous gardez un poisson est un con, tout simplement. Celui qui vous expliquera pourquoi le relâcher en restant poli est honorable mais vous ferez comme vous avez décidé de le faire. La notion de No Kill est très vaste, trop vaste, pour la prendre comme un dogme sans y réfléchir. C’est foncièrement cruel de piquer une pointe en métal dans la gueule d’un poisson, de le treuiller, de le faire sortir de son élément en le faisant suffoquer pour le plaisir d’une photo. Soit on l’admet comme moi, soit on s’y refuse et alors on arrête la pêche ou on garde son poisson.

Refléchissez à tout cela, aux aménagements de frayères qui sont bons pour la pêche mais qui peu être vont à l’encontre de ce que fait dame nature, aux quotas et mailles qui peuvent être de bonnes choses comme de mauvaises selon les analyses qu’on lit.

Après tout ça, faites vous vous même votre propre éthique sans pour autant vouloir l’imposer aux autres, proposez là mais ne devenez pas intégriste dans votre façon de communiquer cette éthique.

sandre torcy 2 chatterbait  (1)

 

Je rappelle que cet article est à destination des débutants, pour les autres il n’y a plus grand chose à faire, le mal est déjà fait dans un sens comme dans l’autre, je plaisante…. Pour ceux qui n’auront pas compris cet article, ce n’est pas une charge contre le No kill, juste contre ceux qui veulent l’imposer.

Gardez la pêche.

 

About sylvain l'esoxiste

49 ans, habitant la région du Morvan, spécialiste de la pêche des carnassiers, auteur halieutique. Suivre L'Esoxiste sur Google+
This entry was posted in le coin du débutant. Bookmark the permalink.

11 Responses to Le coin du débutant : Pêche et éthique

  1. Michel says:

    Bonjour Sylvain
    Je pratique la pêche du carnassier en NO KILL. Loin de moi l’idée de vouloir imposé ma façon de pensé. Qui est plus philosophique qu’autre chose, je ne peut pas tuer un brochet, et aucun autre poisson d’ailleurs, ceux que je pêche s’entant (mais rassurez vous je mange du poisson :) ). S’est plus une démarche de protection, bonne ou mauvaise, la est la question… Comme tu le dit, et la je te rejoint totalement, beaucoup on fait leur premiers pas de pêcheur sur le net. Ou on trouve de tout, et surtout du n’importe quoi. Il est sur que le poisson piqué, ne s’en sort pas indemne, mais j’essaye dans la plus part des cas de lui infliger le moins de blessures possible, pour qu’il reparte dans son élément le plus en forme possible, voila aussi pourquoi je ne pêche plus avec du petit diamètre en tresse et fluoro, je précise que je pêche le brochet en priorité, histoire que les combats ne dur pas trop longtemps, et surtout de ne pas me faire couper (se qui arrive quand même) et donc que le poisson reparte avec un piercing gênant. Mais je le répète loin de moi l’idée d’imposer dans un discoure réducteur cette façon de procéder.
    J’ai vu se que pouvais donner une approche dur du NO KILL, et sa ne donne pas une image des plus reluisante de ceux qui la pratique, on en arrive à des effets inverses, ou bien entendu tout ceux qui pratique de la sorte son mis dans le même panier.
    Je suis comme sa, me disant que le poisson que je relâche, pourras faire le bonheur d’un autre, et surtout perpétré sa descendance. Je n’aime pas ce terme de prélèvement raisonné, car chacun ayant sa définition de cette façon de faire, tant qu’on prends du poisson s’est qu’il en reste, oui mais jusqu’à quand… certains secteurs sur mon département (l’Essonne) on étés littéralement pillés, les sandres on payés un lourd tribut, certains ne sachant pas s’arrêter de prélevé, ils son maintenant dans un piteuse état, avec d’autres causes bien entendu. s’est un peut l’histoire des vaccins, qui peuvent avoir des effets indésirables, voir graves mais qui continus à sauvé de très nombreuse vies, doit ton les remettre en question….
    Le fond du problème, est certainement ces fameuses lois, plus du tout en adéquation avec notre passion. Ou il serais grand temps que nos chères têtes pensantes s’occupe plus de la pêche que de faire de la politique. N’en arrivons pas non plus à faire comme les Suisses, à tuer tous poissons sorti de l’eau, pour les évités de souffrir. L’extrême est souvent ennemie du bien…..
    Voila, je n’intervient pas souvent, se qui ne m’empêche pas de suivre ce blog avec intérêt, et ami(e)s pêcheurs/pêcheuses, continuer à prendre du plaisir au bord de l’eau, se qui je pense est la quintessence de notre passion :) Et attention, message au débutant, qu’on est piqué par le virus, plus rien de peut nous détourné de l’appelle de l’eau :)

  2. Vincent DURU says:

    Que ça fait du bien de lire un article qui ne culpabilise pas le lecteur et qui ne l’endoctrine pas.
    C’est quand même dommage que cet article paraisse courageux alors qu’il dit simplement, respecter la loi et faites comme vous le sentez.

    merci Sylvain.

  3. Jacques says:

    Bonjour Sylvain
    Cet article est plein de bon sens, celui qui prend 10 poissons (maillés) dans l’année fait surement moins de mal à dame nature que certains pêcheurs professionnels dont les filets sont pleins de sandrillons!!!!

  4. Greg says:

    Super article. Personnellement je fais du No-Kill la plupart du temps, mais je m’autorise à garder quelques perche, une ou 2 truites et parfois un brochet. Car si j’adore la nature, j’aime aussi me faire un bon poisson de temps en temps. Lorsque je garde un poisson, il y a une chose à laquelle je fais très attention. Je m’applique au mieux que je peux pour ne pas faire souffrir ce poisson. Allez, bonne pêche à tous et soyons ouvert d’esprit. 😉

  5. Lionel F. says:

    Pas seulement pour les débutants, cet article…

  6. Palmipode says:

    très clairement d’accord avec ces sages paroles.

    Les mêmes ayatollahs du no-kill, lorsque l’on creuse un peu, curieusement, on se rend vite compte leur congelo est bien plus rempli que le sien !

    La « moutonnie » a de beaux jours devant elle, nombreux sont ceux qui répètent bêtement ce que l’air ambiant véhicule…

    Pour autant, une pêche raisonnée est plutôt de mise, mais si l’on a envie de croquer un sandre, un brochet, ou même un bass – soit dit en passant c’est super bon au barbeuk (#troll inside !) – pourquoi devoir affronter les affres de quelques décérébrés lobotomisés par l’opinion dominante ?
    Rien ne s’y oppose en effet, si ce n’est le bon sens en terme quantité et dans certains cas (excès de métaux lourds de certains étangs comme à Hourtin en Gironde).

    Ce n’est pas que je raffole du poisson mais c’est plutôt bon et salutaire pour l’organisme pour autant qu’ils ne soit pas gavé d’antibiotiques et autres cochonneries en granulés !

    Par ailleurs, comme tout pêcheur assidu, je vois régulièrement l’été des cadavres de brochets de différentes tailles sûrement relâchés en tout bonne foi, mais qui auraient vraisemblablement préféré une mort plus rapide que la lente agonie qui les a mené en flotter en surface.

    Je ne parle même pas des innocents, dont j’ai pu faire partie encore récemment, qui sous couvert de discrétion pêchent avec du fluorocarbone bien trop fin et qui 3 fois sur 10 se font couper par le premier bec venu. Le leurre finissant au fond du susdit qui à mon avis dois avoir du mal à recracher certains triples ou texans bien pourvus en ardillons…

    Bref mon but n’est pas de polémiquer, mais comme l’a si bien écrit Sylvain, à mon tour de mener une réflexion y compris et surtout sur mon propre comportement pour les sessions à venir.

  7. dimnet andre says:

    salut Sylvain
    tout a fait d’accord avec toi,le respect de la loi peche et le respect de la nature,apres chacun voit midi a sa porte,juste eviter les abus car c’est de notre patrimoine qu’il s’agit.

    • habert says:

      bonjour sylvain j’ai adoré ton article sur le no kill.tu as raison vaste débat pour tout pécheur qui aime la péche et c’est avec les années que nos nouveaux pécheurs prendront en considération le droit de garder ou de remettre à l’eau le trophé de la journée!!pour moi le choix est fait depuis bien longtemps!!je remets toujours à l’eau le premier carnassier de la saison,comme une offrande à dame nature pour la remercier de sa gratitude!!puis dans la saison je garde un nombre réduits de brochets,sandres ou silures et tous les autres retournent dans leur milieu naturel!!comme quoi il faut simplement savoir pécher d’une façon rationnelle tout simplement,entre le viandar et le no kill il existe un juste milieu et je pense l’avoir trouvé!!!quel bonheur de rammener un brochet de 85cm à 1m à la maison ou l’on est acceuilli en héros!!!mais quel bonheur aussi de remettre à l’eau un brochet ou un cendre d’une taille aussi belle,le voir repartir dans son milieu naturel et sentir simplement les poils se dresser par notre geste et avoir les yeux pétillant de bonheur de notre bonne action du jour que du bonheur de t’avoir répondu et de t’avoir lu !!!!!

  8. denis says:

    Voila un article plein de bon sens, Sylvain j’admire ta franchise, bravo.

  9. bony says:

    c’est vrai l’integrisme ne mene a rien de bon !nous venons d’en avoir la preuve