Ballade franco-suisse… Episode I
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En ce premier samedi de mai, c’est la déprime. Comme beaucoup, j’attends le week-end du 11 avec impatience pour l’ouverture sur ma rivière fétiche : la Seille. Mais une fois encore, les eaux sont en train de gonfler et la rivière sera difficile voire impraticable. Alors que faire???  C’est alors qu’une mouche me pique et que je prends l’idée d’aller voir ce qui se passe dans un grand lac alpin frontalier. Le Bourget n’a pas été très productif en ce début de saison. J’ai envie de voir ailleurs et de découvrir ce lac dont tout le monde parle : le Léman.

Il semble être devenu la destination du moment comme l’a été le Grand Large ou comme l’est en hiver le Rhône ou encore le Petit Rhône pour les silures. Il suffit de voir les blogs qui nous en mettent plein la vue, ainsi que les revues spécialisées, comme La Pêche et les Poissons qui lui consacre un article avec la méthode Fileppi en décembre dernier ou encore dans son numéro de mai avec la vidéo des brochets géants du Léman, toujours avec Monsieur Fileppi. C’est aussi le terrain de jeu de Men in red, Sylvain Legendre, qui présente ses sorties sur son blog. Donc, certains m’en voudront peut-être de parler de ce lac, mais comment passer à côté. Il faut savoir surfer sur la vague, alors j’ai surfé… Et puis, sur le site de l’ésoxiste on partage, on raconte nos pêches telles qu’on les vit, sans trucage, sans faire croire aux lecteurs qu’on a pris des poissons ici alors qu’on les a capturés ailleurs.

Je programme donc  une sortie pour le 8 mai, ayant eu « la permission de madame ». Je passe  mon week sur le net à rechercher des infos sur le lac: accès, mises à l’eau, réglementation, cartes de pêche… Je me permets aussi de contacter par mail les amis de la Team Barésia ( Olivier, Arnaud, Thomas, Stéphane) et Christophe Baudot (guide de pêche) pour des infos complémentaires. Je les remercie d’ailleurs grandement.

Je parts de la maison avec mon ami Lionel, à 5h30, pour 2 bonnes heures de route mais avec plein d’espoir et des rêves de poissons trophées. On discute de pêche, refait le monde et finalement nous voilà déjà arrivés!!

A la mise à l’eau, à Chens sur Léman, on croisera Christophe Baudot puis un moment plus tard ce sera Sébastien François (Catfish hunter) en guidage ce jour là. Vous ne croiserez que du beau monde là-bas!!! Sébastien nous donne quelques tuyaux en les montrant sur la cartographie de son super échosondeur. Je ne me rappelle plus du modèle mais ça en vaut la peine! C’est là qu’on prend conscience de l’utilité de l’électronique (cf article de Sylvain). J’ai l’air minable avec mon bon vieux Eagle…

Sébastien  nous indique où les poissons sont mordeurs en ce moment mais appréciant difficilement la distance à parcourir, je crains de ne pas avoir assez d’autonomie. Là encore, je suis minable avec mon CAP360 et mon 25CV. Dire que je faisais partie des mieux motorisés il y a 13 ans… Et puis, on attend l’arrivée d’amis jurassiens, des collègues d’Olivier et d’Arnaud de la Team Barésia.

C’est Stéphane et Bernard. Ils seront nos guides, surtout Stéphane qui vient régulièrement sur le lac.

Stéphane nous fait une présentation rapide du lac et nous le suivons en direction de Genêve. On attaque par une pêche assez près du bord et on ne tarde pas à être attelé dès les premiers lancers. Premier doublé, et c’est du lourd!!! Même si ça ne bouge pas. D’ailleurs, Stéphane est aussi attelé à quelques dizaines de mètres de nous. Il faut même s’y prendre avec les mains… pour au final remonter… un filet… En effet, sur le lac il faut partager avec la pêche professionnelle. Bien que les filets soient balisés avec des bouées aux extrémités (rouge / noire), on ne comprend toujours pas comment on a pu se prendre dans celui là. Nous pensions être à distance. Est-ce les courants qui ont fait un ventre au filet? En tout cas, on décroche nos leurres avec précaution sans endommager le filet.

On continue ensuite notre prospection en bordure. Stéphane nous indique une tenue que nous aborderons de loin. Stéphane fera un passage plus près et avec Bernard ils piqueront chacun un broc maillé au leurre dur. Ca motive. On se rapproche également du bord, le bateau est dans 2m50 et Lionel anonce pendu avec un petit LS Storm couleur perche à plombée interne. Le poisson arrive au bateau et avoisine les 75cm. On vient de rentrer en terrain suisse et il paraît qu’il ne faut pas y remettre les poissons à l’eau. On se dépêche tellement qu’on prend à peine le temps de le photographier.

Dans les minutes qui suivent, Lionel est de nouveau pendu mais le poisson se décrochera au bateau.

Une centaine de mètres plus loin, c’est à mon tour de piquer un bec. C’est le premier poisson sur ma canne casting Stratégy Tourler de chez Smith. Je le pique au divinator 55g coloris herring, un coloris qui me rapporte souvent du poisson.

 

 

On a fait un poisson chacun et c’est l’essentiel. Surtout on évitera une réflexion de la part de nos épouses du genre « aller si loin pour ne rien prendre!! » L’honneur est sauf.

Là encore le poisson est pris dans peu d’eau. Je donne l’info à Seb François qui m’appelle, ils n’ont rien pris pour l’instant et pêchent plus profond. Il changera de tactique et finira par rentrer des poissons dont un de 90 environ en pêchant dans 4 m d’eau.

S’en suit le casse croûte avec nos amis jurassiens avec au menu échanges et histoires de pêcheurs.

La pêche reprend et Stéphane nous quitte pour un haut fond en milieu de lac. Nous, on continue notre prospection de bordures.

J’accrocherai 2 petites perches au divinator. Soudain, le portable sonne et Stéphane nous annonce la capture par Bernard d’un 117. Il nous invite à le rejoindre sur le secteur.

 On finit notre dérive et direction le haut fond où près de 11 bateaux sont présents. 

Vers 16h, un bateau sort l’épuisette mais le poisson se décroche. Dans les 5mn qui suivent, je ressens une lourdeur et j’annonce pendu. C’est un beau poisson. Il fait quelques rushs mais j’arrive à le maîtriser avec ma nouvelle canne spécial big bait: une Dragonbait seabass exojerk de chez Smith. C’est le premier brochet que je touche avec. Il a mordu sur un Real Eel de Savagear en 30cm coloris Purple Pearl, montage ready to fish pour ne rien vous cacher. Je savais que ces leurres imitations anguilles marcheraient…

Real Eel en fire tigger

Enfin, pour moi la malédiction est vaincue. Cela fait déjà plusieurs fois que j’échoue sur des poutres, aussi bien au lac du Crescent, en Seille, qu’au Grand large ou encore au Bourget.

Mon rêve de pêcheur se réalise, j’ai enfin mon métré : 102cm.

Certes, ce n’est pas un monstre quand on sait les spécimens qui se prennent ici, mais il me remplit de bonheur et je sais que je le dois à Stéphane.

Après la remise à l’eau, la pêche reprend.

Un bateau qui s’est approché de nous sort aussi un poisson plus petit.

Soudain, je ressens un nouveau blocage et j’annonce pendu. Toujours avec mon anguille en 30cm. Le poisson vient en direction du bateau, il ne me paraît pas très gros. Mais une fois arrivé à l’aplomb du bateau, ce n’est pas la même, c’est lourd et il me prend du fil à plusieurs reprises. Seb François qui est à une dizaine de mètre de nous me prévient que j’ai touché gros. Soudain, je perds le contacte et mouline dans le vide. Coupé, Cassé…? La malédiction revient, c’est l’agrafe qui a cassé… Il est vrai qu’il n’est pas toujours facile d’enfiler les gros leurres et on a tendance à ouvrir et forcer l’agrafe, ce qui a fait un point de faiblesse. On apprend en faisant des erreurs, autant vous dire que j’ai changé de catégorie d’agrafes depuis.

Je suis déçu mais pas dépité. J’ai pris mon métré, j’aurai pu faire un doublé et prendre plus gros mais je suis content de ma pêche.

Au final, même avec ce beau poisson, la pêche n’a pas été facile. Il aura fallu de la patience et être là au bon endroit, au bon moment. En à peine une heure, c’est pas moins de 5 poissons qui auront été touchés sur le secteur puisqu’un bateau rentrera un poisson de + de 110cm.

Pour Lionel et moi : 3 poissons pris, 1 décroché et une casse. Il y a des beaux poissons au Léman, mais détrompez-vous, il ne faut pas croire que la pêche y est facile. On ne pêche pas dans une bassine et les poissons ont leurs humeurs et tenues selon la saison.

Une sortie au Léman, ça ne s’improvise donc pas. Il faut faire très attention à la météo, celle-ci est déterminante pour la navigation. Je ne m’y rendrai que si le vent annoncé ne dépasse pas les 10km/h. Avec un bateau adapté il est  possible de s’y rendre avec des conditions plus difficiles. Cela a aussi un coût : essence du véhicule, bateau, autoroute, carte de pêche (à prendre à l’AAPPMA des Pêcheurs du Léman)…

Notre réussite de la journée tient surtout à la présence de Stéphane qui nous a orienté et fait bénéficier de sa connaissance et de son expérience. Un pêcheur qui ne fait pas de bruit mais d’une grande classe et chez qui la partage est une vraie valeur.

Si vous souhaitez découvrir le lac, je ne peux que vous conseiller de faire appel à un guide de pêche pour éviter toute déconvenue.

Christophe Baudot: http://carnapechebourgogne.blogspot.fr/

Sébastien François: http://www.catfish-hunter.fr/

Arnaud Fileppi: http://adrenaline-fishing.blogspot.fr/

Pêchement vôtre.

Olivier

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About olivier

Olivier BERNOLIN, président le l'AAPPMA le Goujon Cuiserotain, pêcheur de carnassiers passionné, vit en Saône et Loire à Brienne (71).
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